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Jim Carrey : La face changeante d’Hollywood

Par Barthélémy Cabusel


Après plusieurs années loin de toute actualité cinématographique, Jim Carrey attire, à nouveau l'attention du public. Avec le rôle du Dr. Robotnik dans l'adaptation live à succès du jeux vidéo Sonic. Sans oublier la saison 2 de la série "Kidding", bientôt diffusée en France. L'occasion de revenir sur la carrière d'un acteur pas tout à fait comme les autres.


Avec un visage malléable à souhait, des gimmicks hilarantes et un sens de l’imitation hors du commun, tout destinait Jim Carrey à la comédie et à l’humour. Faire rire les gens, voilà sa destinée. Pourtant, tout au long de sa carrière, l’acteur a su prouver l’étendue de son talent dramatique. Il n’est pas qu’un clown joyeux, loin de là. Né au Canada, c’est à Toronto que Jim Carrey débute sa carrière d’humoriste. Il se découvre très tôt une passion pour la comédie et s’entraîne par des petits spectacles devant sa famille ou ses camarades de classe. De salles en salles, Jim sillonne la capitale de l’Ontario avec son père, espérant s’ouvrir une porte vers le succès.

Malheureusement, celle-ci reste fermée et l’humoriste en devenir doit se résoudre à rejoindre une usine de pneus pour aider ses parents. Au fond de lui, Jim sait que son destin est ailleurs. Suivant son instinct, il quitte son Canada natal à seulement 19 ans et s’envole vers Los Angeles avec 1000 dollars en poche. Une étape décisive dans sa carrière qui laisse prévoir une belle réussite.

Un comique visuel qui doit faire ses preuves
Il aura fallu 10 ans à Jim Carrey pour trouver son premier grand rôle au cinéma, celui qui lui vaudra d’être reconnu comme un vrai comédien : Ace Ventura, détective chiens et chats. Entre temps, de 1981 à 1994, celui-ci enchaine les petits rôles dans différentes productions télévisées ("Introducing Janet", "In living color", "Peggy Sue s’est mariée"). Son génie comique est cependant déjà bien remarqué, notamment dans le film "Copper Mountain".

Ainsi, Jim Carrey évolue petit à petit jusqu’à cette fameuse année 94, véritable tournant. En un an, l’acteur aura porté trois comédies devenues cultes : "Ace Ventura", "The Mask" et "Dumd & Dumber". En un an, il aura été tête d’affiche de trois films tous numéro un au box-office. En un an, Jim Carrey aura définitivement réussi à réaliser son rêve, nous faire rire.
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Jim Carrey dans "The Mask"
Récompensé par une nomination au Golden Globe du meilleur acteur dans un film musical ou une comédie pour "The Mask", Jim Carrey démontre par ces performances tout son potentiel et fait parfaitement usage de sa palette d’humoriste. Il continuera par la suite d’utiliser encore et encore son talent comique dans plusieurs films plus ou moins réussis : "Batman Foverer" et "Ace Ventura en Afrique" en 95, "Disjoncté" en 96 puis "Menteur Menteur" en 97.

Une nouvelle facette
Sans vouloir s’arrêter à cette image de farceur aux expressions faciales burlesques, Jim Carrey va par la suite s’essayer aux comédies dramatiques entre 98 et 2004. C’est dans ce registre qu’il va sûrement trouver ses plus beaux rôles, du moins ceux qu’ils lui auront valu les meilleures critiques. Il livre des performances beaucoup plus intimes et personnelles. A défaut de faire rire, il touche, laisse saigner ses blessures et met de côté son visage pour jouer avec son cœur.

Encore une fois, on se concentre ici sur trois films : "The Truman Show" en 98, "Man on the Moon" en 2000 et "Eternal Sunshine of the Spotless Mind" en 2004. Les deux premiers vaudront à Jim Carrey deux Golden Globes et le troisième une nomination aux BAFTA, une consécration vraiment méritée. Que ce soit par sa personnification du malaise social à l’heure de la téléréalité, son interprétation folle d’Andy Kaufman ou son rôle d’amoureux perdu au milieu de ses souvenirs, Jim Carrey étonne et passionne.

Dans cette période qui tourne autour des années 2000, Jim Carrey retournera tout de même à son style de prédilection. On le retrouve ainsi à la tête de plusieurs comédies populaires, notamment "Fous d’Irène", "Le Grinch", "Bruce tout-puissant", "Braqueurs Amateurs" et "Les Désastreuses Aventures des orphelins Baudelaire". Diversification ou perte d’inspiration ?
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Morgan Freeman et Jim Carrey dans "Bruce tout puissant"
A partir de 2005, Jim Carrey se cherche et varie les apparitions. Tantôt dans le cinéma d’animation avec "Horton" en 2008 et "Le Drôle de Noël de Scrooge" en 2009, tantôt dans le thriller psychologique avec "Le Nombre 23" en 2007. Ici ni fulgurances humoristiques, ni performances acclamées. Il connaîtra d’ailleurs son premier vrai échec commercial et critique à cette période : "L’Incroyable Burt Wonderstone", mettant en scène un duo de magiciens à Las Vegas.

Le manque de médiatisation des projets du comédien va de pair avec cette déception, puisque ses films indépendants restent clairement inaperçus. Ce son tour à tour, "Dark Murders", un thriller, et "The Bad Batch", un film d’horreur parodique, qui vont passer à la trappe.

L’acteur reste malgré tout bankable grâce aux fameuses comédies familiales dont il a le secret : Yes Man en 2009, "Monsieur Poppers et ses pingouins" en 2010 et "Dumb and Dumber De" en 2014. Si ces films fonctionnent très bien au box-office, on peine à retrouver le grand Jim Carrey, celui qui prenait tant de plaisir à faire la grimace. Et si le fond du problème venait justement de l’acteur lui-même : Jim Carrey a-t-il encore envie de faire rire ?

Le retour tant attendu
Ce n’est qu’en 2018 que Jim Carrey connait une nouvelle reconnaissance médiatique, avec la série "Kidding". Jouant un marionnettiste et conteur pour enfants contraint de faire face à la réalité de ses problèmes familiaux, Jim Carrey exploite derechef la dimension dramatique qui avait fait sa renommée plusieurs décennies auparavant. Il y retrouve d’ailleurs Michel Gondry, réalisateur d’"Eternal Sunshine of the Spotless Mind". Sa prestation sera gratifiée d’une nomination aux Golden Globes, un signe très encourageant.

Récemment, son rôle du Dr. Robotnik dans l’adaptation du jeux vidéo Sonic l’a poussé encore un peu plus sur le devant de la scène . Le film est un véritable succès au box-office et une suite semble déjà dans les tuyaux, de quoi assurer définitivement le retour de Jim Carrey ? On l’espère sincèrement.

Enfin, si vous souhaitez allez plus loin, découvrez ci dessous l'interview de Jim Carrey où il donne des éléments de réponse sur son envie d’ailleurs cinématographique.

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