23 septembre 2019
Focus

Le Giallo s’invite dans les salles en Juillet

Pas moins de trois réalisateurs phares de l’horreur italienne se voient honorés d’une rétrospective cet été.

C’est Mario Bava qui ouvre le bal, et ce n’est que justice, le maestro ayant presque à lui seul définit le fantastique italien, son romantisme, son sadisme, son fétichisme exacerbé.

C’est en tant que directeur de la photographie que Bava appréhende pour la première fois le fantastique, sauvant du naufrage le tournage des "Vampires" de Ricardo Freda en 1957, transformant l’essai et délivrant un chef-d’œuvre de poésie gothique.

Mais c’est avec "Le Masque du Démon" (1960), son premier film en tant que réalisateur, que Bava fait de l’horreur gothique un courant cinématographique à part entière en Italie, qu’il continuera d’alimenter avec des merveilles telles que "Le Corps et le Fouet" (1963) ou "Opération Peur" (1966).

Instigateur des codes les plus marquants du genre, Bava n’est pourtant pas homme à suivre une formule prédéterminée, et s’ingénie à chaque film à pervertir les attentes du spectateur en mal de frisson.

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C’est à ce talent d’inventeur, mais surtout à une patte esthétique unique que les spectateurs pourront se confronter en salle depuis le 3 juillet.

Avec "Les Trois Visages de la Peur" (1963), film à sketch onirique et baroque, le réalisateur explore autant les mécanismes de la peur à l’œuvre dans les tréfonds de l’esprit de chacun que le dispositif formel qui les réveille et les met en émoi.

"Six Femmes pour l’assassin" (1964) hérite quant à lui du titre de premier véritable giallo, genre policier nommé ainsi en raison des couvertures de polars bon marché en Italie, mètre-étalon esthétique d’un sous-genre oscillant entre polar, violence stylisée et érotisme vénéneux, qui connaîtra son apogée au début des années 70.

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Toujours depuis du 3 juillet, Argento s’invitera aux côtés de son aîné par le biais de "Quatre Mouches de Velours Gris" (1971) et Ténèbres (1982), grand écart stylistique, le premier étant le dernier opus d’une trilogie qui fera d’Argento la nouvelle figure de proue du giallo, le second, un post-giallo refusant le baroque coloré qui semblait être devenu la signature d’Argento avec "Suspiria" et "Inferno".

En sus des deux films d’Argento on pourra découvrir "Soupirs dans un Corridor Lointain" (2019) le documentaire de Jean-Baptiste Thoret, déjà auteur de Dario Argento, Le magicien de la peur, premier ouvrage sérieux consacré au réalisateur en France qui donne son titre à cette rétrospective.

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Lucio Fulci sera, quant à lui, à l’honneur à partir du 17 juillet avec pas moins de quatre films offrant un panorama du giallo selon le « poète du macabre ».

"Perversion Story" (1969) voit Jean Sorel tomber dans un piège tendus par Marisa Mell et n’est pas sans rappeler les intrigues tortueuses de Boileau-Narcejac. "Le Venin de la Peur" (1971) et "La Longue Nuit de l’Exorcisme" (1972) rendent compte de l’appropriation du genre par Fulci et révèlent plus frontalement les problématiques psychologiques et sociétales qui intéressent cet artisan issu de la comédie mais appelé à devenir presque malgré lui l’un des auteurs les plus influents de l’horreur au fil des années 70.

"L’Emmurée Vivante" (1977) témoigne de son évolution alors qu’il incorpore à son thriller des éléments fantastiques discrets, rehaussés de références à Edgar Allan Poe, annonçant le virage vers un fantastique plus assumé ("Frayeurs", "L’Au-Delà"…) et une violence graphique plus prononcée ("L’Eventreur de New York") qui feront sa renommée à l’aube des années 80.

Rendez-vous en Juillet dans les salles obscures pour découvrir ou redécouvrir sur grand écran les excès stylistiques des trois plus grands noms de l’horreur italienne !

Auteur : Gabriel Carton

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