Focus

Les aventures d’Astérix et Obélix au cinéma

Alors que Albert Uderzo, le papa d'Astérix, vient de laisser ses héros orphelins, nous vous proposons de revenir sur les récentes adaptions cinématographiques des aventures d'Astérix et Obélix. C'est Claude Zidi, en 1999, qui a initié cette invasion gauloise dans le cinéma français avec "Astérix et Obélix contre César". L'oeuvre de René Goscinny et Albert Uderzo a connu depuis d'autres adaptations.

Astérix et Obélix au cinéma, c'est d'abord des dessins animés à succès : Les 12 Travaux d'Astérix, Astérix chez les Bretons... Quarante ans après sa première parution dans le magazine Pilote, Astérix et ses amis deviennent les héros d'un premier film avec de vrais acteurs. "Astérix et Obélix contre César". S'en est suivi trois autres films, trois propositions cinématographiques au succès diverse.


Les gaulois dans la pure déconne
Après une première incursion sur le grand écran filmée par Claude Zidi (9 millions de spectateurs en France), le petit guerrier blond et son gros acolyte sont de retour sur les écrans de la France entière avec "Astérix et Obélix : Mission Cléopâtre". La nouveauté vient cette fois du réalisateur, le Nul Alain Chabat, qui s'octroie au passage le rôle de César et s'entoure d'une clique d'acteurs français susceptibles de drainer un large public. 

focus-asterix
Alain Chabat et Jamel Debbouze
Empereur de la génération Canal version de Caunes-Chabat, miroir sublimatoire de la génération télé, portables et films à déconne, le réalisateur Alain Chabat s'est rendu compte de l'impossibilité d'adapter Astérix comme Claude Zidi avait gentiment essayé de le faire. En fait, Chabat n'avait tout simplement pas envie de prendre cette direction, préférant rester dans son domaine de prédilection : la pure déconne. Entouré de sa bande de potes, des ex-nuls aux Robins des Bois en passant par Darmon, Chabat se lâche dans ce film à gros budget. Et l'audace paie : les impros et les feintes à deux sesterces font mouche, les anachronismes s'enchaînent avec bonheur.

"Astérix et Obélix : Mission Cléopâtre" constitue donc un vrai divertissement à la française pour faire rire les plus jeunes comme leurs aînés.Une mission réussie puisque le film a atteint, en 2002, les 14 millions d'entrées.



La flamme du succès s'est éteinte
Récapitulons, "Astérix au jeux olympiques", troisième du nom, c'est donc celui qui met en scène le duo de gaulois le plus bd de Gaule, face à César. Normalement c'est une histoire de pouvoir et, surtout, de fâcher l'envahisseur auquel ils résistent encore et toujours qui les amène là. Ce coup-ci, c'est pour faire plaisir à Alafolix, jeune éphèbe du village, tombé amoureux de la princesse Irina.

focus-asterix1
Clovis Cornillac est Astérix aux cotés de Gérard Depardieu
C'est donc à une histoire d'amour particulièrement fade et niaise à laquelle on a droit avec la princesse qui se retrouve enjeu des jeux. Gageons que Thomas Langmann, à l'origine du scénario, croit encore au coup de la femme flattée d'être un trophée.

Ce qui est gênant dans "Astérix au jeux olympiques", enfin, une des choses gênantes, c'est avant tout son manque flagrant de scénario alors que les mauvaises idées, elles, ne manquent pas.

"Astérix aux jeux olympiques" constitue une nouvelle fois un gigantesque foutage de gueule au budget inexplicablement titanesque qui n'attire pas les spectateurs pour sa qualité, mais simplement par pure curiosité. On nage en pleine médiocrité de A à Z, l'argument du film semblant avoir été imprimé sur une planche à billets, dans le mépris le plus total du spectateur.



Avec moins de 7 millions d'entrées en 2008, "Astérix au jeux olympiques" fut un échec compte tenu de son budget initial. Avec 78 millions d'euros, celui ci en faisait à l'époque le film le plus cher du cinéma français.


Un héritage renié
Prenant comme prétexte l'humour, il a beau dos l'humour, "Astérix et Obélix : au service de sa Majesté" est un bulldozer pour box-office, une caricature la culture anglaise. De plus, le film déshonore les deux bandes-dessinées qui l'ont inspiré, Astérix chez les Bretons et Astérix et les Normands. Le tout dans un mauvais goût visiblement assumé.

focus-asterix2
Le casting de ce quatrième film avec Edouard Baer en Astérix
"Astérix et Obélix : au service de sa Majesté" s'avère un lent naufrage. Physique d'abord, où l'hommage rendu à Uderzo et Goscinny est totalement absent, où le sens du détail de Londinium est en totale contradiction avec l'animation numérique des décors normands. Thématique ensuite, lorsque Tirard et Vigneron essaient de surfer sur l'actualité avec une parabole de l'immigration qui ne fait rire personne tant elle apparaît poussive.

Les quelques 4 millions de curieux qui sont allés voir le film en 2012 ont mis un coup d'arrêt aux aventures d'Astérix au cinéma en version "live". C'est un autre chemin qui sera emprunté pour la suite.

Découvrez la critique du film au moment de sa sortie


Le retour aux sources
La bande dessinée franco belge, créée en 1959 par le scénariste René Goscinny et le dessinateur Albert Uderzo est de retour au cinéma en 2014, 55 ans après sa création, dans un film d'animation avec Alexandre Astier aux commandes.

Pour cet "Astérix : Le Domaine des Dieux", l'album choisi est celui où la tribu gauloise est sur le point de perdre son village, où les villageois se battent avant tout contre eux-mêmes. Asterix y apparaît vulnérable, comme jamais. Si Astier appose sa patte sur le film, il reste néanmoins extrêmement fidèle au matériau d'origine.

focus-asterix3
Les héros gaulois chez Jules César
Le cocktail Goscinny est somme toute le même que celui d'Astier, ce qui explique l'évidence que l'on ressent en voyant le film : l'humour subtil, basé sur le dialogue, jamais gratuit et empreint de quelque chose de sérieux, en filigrane. Le scénario et notamment les dialogues d'Alexandre Astier sont plutôt réussis. Les joutes verbales et les répliques des personnages font souvent mouche, les références cinématographiques font sourire en toute sincérité, les plus jeunes seront conquis, les autres prendront un plaisir certain.

Avec 3 millions d'entrées en 2014 et de beaux scores d'audience en diffusion télévisuelle, "Astérix : Le Domaine des Dieux", propose un retour à l'animation qui fut salué par le public.




Une nouvelle continuité ?
Cette fois, c’est le druide Panoramix qui est au cœur de cette nouvelle aventure intitulée "Astérix : Le Secret de la potion magique". Cette dernière qui porte bien la marque d’Alexandre Astier. Le réalisateur prend soin d’associer à l’univers d’Astérix, ses touches d’humour et des références modernes qui plairont, notamment, aux « geeks ». Exactement comme il l’avait fait pour le précédent volet.

Destiné aux petits avant tout, ce secret de la potion de la magique n’en n’oublie pas les grands. Avec une histoire ancrée, par petites touches, dans notre époque, avec un humour fidèle à celui d’Uderzo et Goscinny et un rendu visuel réussi, le succès fut au rendez-vous.

focus-asterix4
Le druide Panoramix est le héros central de cette nouvelle adaptation
Avec près de 4 millions d'entrées en France en 2018 et une exploitation internationale réussie (7 millions d'entrées au total), "Astérix : Le Secret de la potion magique" de Alexandre Astier fait mieux que le précédent.

Découvrez la critique du film au moment de sa sortie

Enfin, il faut terminer cette évocation des aventures d'Astérix et Obélix au cinéma par le dernier projet en cours. Avec un film prévu, à ce jour, en 2021, le long métrage sera réalisé par Guillaume Canet et proposera un retour à la version "live". Un film qui aura donc la mission de retrouver le chemin du succès au box office comme à l'époque de Cléopâtre. Personnage qui fera d'ailleurs son retour sous les traits de Marion Cotillard.

"Astérix et Obélix : L'empire du milieu" sera le cinquième film en prises de vues réelle et sera le premier avec un scénario original. Le duo qui incarnera les deux célèbres gaulois sera également inédit. Guillaume Canet incarnera Astérix alors que Gilles Lellouche "s'enveloppera" dans le costume d'Obélix. Le réalisateur et l'acteur ainsi que toute l'équipe du film ont prévu de commencer le tournage à l'automne 2020.

ça peut vous interesser

Buffet froid : Le chef d’oeuvre de Bertrand Blier

Rédaction

Rencontrez Christian Clavier à Kinepolis Lomme

Rédaction

Les Vétos : Sympathique mais dénué d’originalité

Rédaction