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Mad Max de George Miller : 40 ans !

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Film d'anticipation sorti le 12 avril 1979 en Australie, "Mad Max" est situé dans une époque futuriste qui semble à l'heure actuelle, par certains de ses aspects, plus trop éloignée de la nôtre.

Dans ce futur alternatif situé dans une Australie sublimement désertique, l'anarchie la plus importante prend place sur les routes où plus aucune règle ne semble avoir cours. Terminées les limitations de vitesses et place à la violence routière extrêmement meurtrière.

Par ricochet, la Loi, celle des Hommes et de la Société, n'est plus qu'un lointain souvenir et seuls quelques courageux policiers tentent de la faire respecter. Bref, l'époque de "Mad Max" est celle d'une transition entre notre civilisation et l'avenir projeté dans les trois autres volets de la série.

Prémices des temps barbares et immoraux qui prédomineront dès le deuxième opus de cette tétralogie exceptionnelle, les aventures de Max Rockatansky (Mel Gibson) dépeintes dans ce monument d'anticipation, ressemblent fortement à celles qu’auraient pu vivre un Charles Bronson équipé d'une formule 1 de compétition.

Mais évitons là l'amalgame : malgré les protestations d'usage des esprits bien pensants de l'époque, ce vigilante movies du futur n'est en rien l'égal du brûlot fasciste mettant en vedette Papy Bronson. Décriée à sa sortie, conspuée par une partie de la presse à l'époque, "Mad Max" est une œuvre désespérée versant dans un nihilisme désabusé à l'image de la société en déliquescence qu'il décrit.

Peu d'espoir sinon aucun pour ceux qui respectent la loi et l'ordre. L'univers de cette œuvre ultime devient alors (à l'image de ces routes infernales qui constituent son décor) sans possibilité de retour ! L'avenir doit être obligatoirement violent afin d'être en phase avec celle véhiculée par ces pirates de la route, criminels induisant chaos et destruction partout où ils passent à la façon d'une dizaine d'Attila des temps modernes.

L’absence de repères dans cette société en déclin est de fait propice à de gigantesques poursuites de voitures où le véhicule devient une pièce maîtresse, une arme et le prolongement phallique d'êtres terriblement sexués.

Car Max, s'il est avant tout lancé dans une vengeance personnelle après le décès de sa femme et de son fils, est également affecté au plus haut point par la perte de son coéquipier avec lequel les relations étaient pour le moins troubles. Tenues en cuir, fusils coupés et voitures customisées rappellent les bons vieux films hard homos des années 70 !

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Mel Gibson

Influencé également par des œuvres comme "Bullit" ou "French Connection", célèbres pour leur poursuite en voitures, Georges Miller pousse à l'extrême le concept instauré par ses illustres prédécesseurs en étirant au maximum les séquences routières.

Mais, en faisant des routes bitumées un terrain d'action digne des meilleurs westerns, il clame haut et fort son amour de ce genre qui l'a nourri dans sa jeunesse et devient par la même l'héritier de la lignée des Ford, Hawks ou autres.

Car son héros, roulant désespéramment sur les routes désertées, devient un rempart envers le désordre instauré par des hors-la-loi sans vergogne. S'il échappe aux notions de bien et de mal, le policier, rendu fou par le chagrin et la perte, devient Shérif et rejoint la longue liste des héros de la conquête de l'Ouest.

Œuvre essentiellement punk, "Mad Max" impose donc une vision d'une monde post-apocalyptique où la menace principale reste l'Homme. Par sa volonté de s'inspirer des classiques du western des années dorées du cinéma américain, mais aussi par la figure « eastwoodienne » de son héros troublant et troublé, Miller signe le parfait acte de transition, le chaînon manquant, entre le western classique d'un côté et le western crépusculaire de l'autre .

Vigilante d'anticipation, "Mad Max" n’est sorti en France, dans une version intégrale, qu’en 1983 soit près de quatre ans après sa réalisation. Après une version amputée de plusieurs scènes, le chef d’œuvre de Georges Miller fut projeté dans sa version intégrale peu de temps après la sortie de "Mad Max 2".

Quarante ans après sa fabrication, ce petit bijou, ce monument d’anticipation, à l'image des meilleures séries B, mérite encore indiscutablement le détour.

Auteur : Fabrice Simon

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