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Retour sur Duel de Steven Spielberg

Alors que Steven Spielberg fête ses 72 ans ce 18 décembre, nous vous proposons une analyse d'un des films les plus marquants de la filmographie du cinéaste américain. 

Duel : Un enfer mécanique

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Présentation et analyse du film Duel de Steven Spielberg par Jacques Ferenzi.



Synopsis : sur une route californienne, un modeste employé de commerce se voit pris en chasse par un énorme camion. Une course-poursuite effrénée s'engage...

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Duel ou l'enfer mécanique...

AU DEPART, UNE NOUVELLE DE RICHARD MATHESON

Né en 1926, Richard Matheson suit des études de journalisme à l'University of Missouri mais se consacre très tôt à la littérature.

En 1950, âgé de 24 ans, il publie sa première nouvelle, Le Journal d'un Monstre : sous forme de journal intime, ce texte novateur raconte à la première personne comment un enfant en vient à haïr profondément ses parents.

Richard Matheson enchaîne avec d'autres nouvelles sur des thèmes proches, entre science-fiction, polar, fantastique et horreur.

Il s'impose réellement au milieu des années 1950, en publiant coup sur coup deux romans fantastiques qui sont aujourd'hui devenus des classiques du genre et ont marqué les grands auteurs des générations suivantes, comme Stephen King ou Michael Crichton.

Le premier, Je suis une légende (1954), relate la difficile survie dans une cité apocalyptique du dernier homme "normal" vivant sur terre, après une épidémie qui a transformé les êtres humains en vampires. Puissante et horrifiante allégorie sur l'humanité, cette histoire-culte a été transposée au cinéma à trois reprises.

Le second roman, L'Homme qui rétrécit (1956) confronte lui aussi un homme isolé à une terrifiante fatalité. Scott Carey, victime d'un nuage radioactif, voit en effet son corps rétrécir de jour en jour, jusqu'à ce que tous les êtres vivants autour de lui deviennent pour lui de redoutables prédateurs. Richard Matheson a lui-même cosigné une adaptation pour le grand écran, réalisée par Jack Arnold en 1957.

Entre la sortie de Je suis une légende et de L'Homme qui rétrécit, il publie en 1955 un polar au style tout aussi efficace, Les seins de glace. Quel que soit le genre abordé, Richard Matheson plonge toujours son lecteur dans un univers de peurs ancestrales où se mêlent folie, angoisse, solitude, abandon et mort...

Dans les années 1960, le romancier se tourne vers l'écriture de scénarios pour le cinéma et la télévision. Outre l'adaptation de ses propres oeuvres, il travaille notamment sur les séries "La Quatrième Dimension" et "Star Trek".

Il participe également et activement à l'adaptation des contes d'Edgar Poe par Roger Corman : "La Chute de la Maison Husher" (1960), "Le puits et le pendule" (1961) et "Le Corbeau" (1963).

Il est aussi le scénariste de "Duel", film qui lancera la carrière de Steven Spielberg en 1971, des "Chroniques Martiennes" (1980) de Ray Bradburry et du troisième volet des "Dents de la mer" (1983).

Parallèlement à ses romans et ses scénarios, Richard Matheson publie de nombreuses nouvelles - une centaine au total - rassemblées dans plusieurs recueils (Derrière l'écran, La poupée à tout faire, Au bord du précipice, Miasmes de mort, Une aiguille en plein coeur, etc.).

Richard Matheson a reçu pour son oeuvre de nombreux prix littéraires et cinématographiques, dont les Prix Hugo, World Fantasy et Bram Stoker.

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Le chat et la souris...

DUEL : LE CHAT ET LA SOURIS

Un camion aux "mâchoires" carnassières prêt à engloutir une misérable voiture, ça ne vous rappelle rien ? Pas même la célébrissime séquence de "Jurassic Park" où un terrifiant T-Rex prend une Jeep en chasse ?

A plus de vingt ans d'intervalle, c'est pourtant le même réalisateur qui signe ces deux morceaux de bravoure du cinéma d'action. Même efficacité des cadrages et du montage, même science du découpage reposant sur une savante opposition entre avant-plans et arrière-plans, même situation d'un protagoniste parfaitement ordinaire plongé dans des circonstances extraordinaires…

A tout juste 25 ans en 1971, Steven Spielberg réalisait un formidable road-movie où un banal représentant de commerce devait affronter un camion, redoutable monstre d'acier. Le coup de génie du cinéaste, c'est de ne jamais révéler le visage du chauffeur dont on finit par se demander s'il existe seulement.

Du coup, Spielberg faisait du poids lourd une créature fantastique déshumanisée, symbole d'une époque qui a sacralisé la machine et réduit l'être humain à l'état de pantin privé de libre-arbitre.

Le réalisateur confiera d'ailleurs par la suite : "Duel est un réquisitoire contre les machines. J'ai décidé très tôt que tout dans le film devait conduire à la complète dislocation de notre société entièrement technologique."

Ecrit par Richard Matheson, le film s'inscrit dans la droite ligne du cinéma paranoïaque des seventies mettant en garde contre les menaces qui pèsent constamment sur les libertés individuelles (que l'on pense à "Conversation Secrète" de Coppola ou aux "Trois Jours du Condor" de Sydney Pollack).

Certes, il ne s'agit pas d'un film fantastique au sens traditionnel du terme : il n'y a ni phénomène surnaturel, ni extraterrestre, ni futurisme technologique, qui seront tant prisés par Spielberg par la suite. Et pourtant, ce "road-thriller" hitchcockien suggère à chaque instant la présence inquiétante, et invisible, d'un être maléfique.

Serait-on passé du côté de la Quatrième Dimension ?

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Dennis Weaver.

DISTRIBUTION ARTISTIQUE
David Mann : Dennis Weaver
Madame Mann : Jacqueline Scott
Le propriétaire du Café : Eddie Firestone
Le conducteur du bus : Lou Frizzell
L'homme dans le Café : Gene Dynarski
La femme à Snakerama : Lucille Benson


FICHE TECHNIQUE
Réalisateur : Steven Spielberg
Scénariste : Richard Matheson
D'après l'oeuvre de : Richard Matheson
Producteur : George Eckstein
Production : Universal Télévision, U.S.A
Directeur de la photographie : Jack A. Marta
Directeur Artistique : Robert S. Smith
Décors : Sal Blydenburgh
Son : Edwin S. Hall
Monteur : Frank Morriss
Compositeur : Billy Goldenberg
Cascadeurs : Carey Loftin, Dale Van Sickle, Carol Daniels
Pilote hélicoptère : James W. Gavin
Assistant-réalisateur : James Fargo
Régisseur : Wallace Worsley Jr
Etats-Unis / 1971 / 90 min. / 1,33 / Mono / Couleur
UNIVERSAL STUDIOS. Tous droits réservés.

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