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André Dussollier : Attention au départ !

Alors que la comédie "Attention au départ !" va sortir en DVD le 18 décembre prochain, nous vous proposons cette longue interview du comédien André Dussollier. Ce dernier revient sur sa découverte du projet et ses relations avec ses partenaires pendant le tournage du film...

Qu’est-ce qui vous a séduit dans ce projet ?

André Dussollier : dès qu’il y a de la comédie, je frétille parce que j’ai toujours aimé ça, même si j’ai plutôt pris la direction du cinéma d’auteur. Mais j’adore ce genre ! En plus, ce projet était intergénérationnel. Qui plus est, avec la présence du train, il y avait la promesse de scènes qui me semblaient amusantes à jouer.

Qu’avez-vous pensé du scénario ?

André Dussollier : j’aime que, dès les premiers contacts avec le réalisateur, il y ait un espace de jeu. C’était le cas avec Benjamin Euvrard : dès les lectures, même si on respectait les dialogues, il y avait une liberté dans le jeu que j’étais content de pouvoir trouver. C’est important surtout quand on travaille avec un metteur en scène qui tourne son premier film. Dans une comédie, il y a tout ce qui est non dialogué, qui peut ressortir entre les mots et qui peut être matière à jouer.

Comment pourriez-vous définir Antoine, votre personnage ?

André Dussollier : c’est un personnage de mon âge, mais à l’esprit jeune et enfantin, qui se situe aux antipodes de celui de Jérôme [Commandeur], embringué dans des responsabilités d’adultes dans lesquelles il se débat – alors que le mien a passé l’âge de se faire du souci ! Avec Antoine, ce qui prime, c’est sa complicité avec les enfants. Dès qu’il en a la possibilité, y compris à un âge où on est censé se retenir de le faire, il fonce vers l’insouciance : il veut se libérer et rejoindre le stade de l’enfance. Je dois dire que je m’amusais de voir Jérôme patauger dans des responsabilités qu’il n’arrivait pas à assumer !

Est-il totalement éloigné de vous ?

André Dussollier : bien au contraire ! Je n’ai pas beaucoup de mérite puisque je suis comédien et que j’ai toujours eu un pied dans l’enfance. Car j’aime humer l’air de la légèreté. J’aime les manèges et les parcs d’attraction et je pense que c’est organique : quand j’étais enfant, j’habitais près d’Annecy, et j’adorais la luge et les roulades dans la neige, la tête la première. Avec ce film, j’avais envie de retrouver ces plaisirs de l’enfance, un peu comme si j’étais déconnecté du réel. Dès que je reviens dans le réel, je suis pire que le personnage de Jérôme Commandeur ! (rires)

Quelle est sa trajectoire ?

André Dussollier : quand il touche le fond, alors qu’il est en plein soleil, que la situation devient insupportable et qu’il est obligé de tendre les mains pour ne pas se cogner, il se confronte enfin au réel : c’est un réveil salutaire qui arrive au bout d’une journée de rigolade ! Je pense que cela le fait sinon progresser, du moins évoluer.

Que pense-t-il de Benjamin ?

André Dussollier : il a un regard moqueur sur lui ! Antoine profite d’être délesté de tous les soucis et cela le fait rire de voir quelqu’un comme Benjamin qui se rend malade tout seul. Il se dit qu’il devrait prendre la vie avec beaucoup plus de légèreté. Du coup, il rit de voir Benjamin comme il aurait dû ou pu être et qu’il a le droit de ne plus être.

Avez-vous apprécié les scènes avec le jeune Nils Othenin-Girard, qui campe Maxime ?

André Dussollier : son personnage avait un côté un peu indolent. Je le bourrais de coups de poing comme s’il fallait qu’il se secoue et qu’il en prenne de la graine ! Mais il avait beaucoup d’humour et s’échappait très vite dans l’ironie. Du coup, ce qui était agréable, c’était qu’on était un peu d’égal à égal, même s’il était prêt à se révolter vers la fin ! (rires)

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Copyright : SND / M6

Le film évoque les comédies d’aventures pétillantes de Rappeneau. C’était le sentiment que vous aviez sur le tournage du film ?

André Dussollier : absolument. Benjamin a un vrai souci du rythme et il connaît très bien les ressorts de la comédie. C’était d’autant plus important qu’il s’agit d’une sorte de road-movie comique et qu’il fallait que chacune de nos scènes se succède rapidement et soit un bon pendant à celles du train. Il me semblait que c’était le bon équilibre à trouver : il fallait être sincère dans ce qu’on vivait et ne pas être dupe des situations comiques où on se trouvait, pour les exploiter au mieux.

Parlez-moi de vos rapports avec Jérôme Commandeur.

André Dussollier : je n’avais jamais travaillé avec lui. Je l’aime beaucoup dans ses interventions au cinéma ou sur scène. Il a un côté très anglais, très nonsensique, avec un humour décalé et pince-sans-rire. C’est quelqu’un d’assez pudique, mais de très actif, qui fait beaucoup de choses : il donne le sentiment d’une certaine tranquillité, et quand on le connaît, on se rend compte qu’il tourne, qu’il écrit, qu’il fait des one-man-shows, qu’il réalise, c’est un véritable homme-orchestre. C’est quelqu’un de placide en apparence qui semble prendre le temps alors qu’intérieurement, c’est un homme pressé. Sa compagnie était très agréable, bienveillante et positive.

Comment Benjamin Euvrard dirige-t-il ses acteurs ?

André Dussollier : il est très client de la comédie et de ce que peuvent donner les acteurs. Il n’a jamais été dans la volonté de s’imposer, comme peuvent l’être certains réalisateurs qui en sont à leur premier long métrage. Je trouve que le film lui ressemble dans sa manière d’être et de travailler. On y trouve l’équilibre entre le travail bien préparé et la légèreté qui était bénéfique pour l’ambiance.

(sources consultées : dossier de presse du film).

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