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Chantal Ladesou : Une actrice cash et facile

Entre le théâtre, la scène et la radio, l'emploi du temps de Chantal Ladesou paraissait déjà bien rempli. Depuis quelques années, le cinéma lui a également ouvert ses portes. L'actrice est à l'affiche cet été dans "C'est quoi cette mamie ?!" (sortie prévue le 07 août) où elle a, cette fois, le rôle titre.

C'est quoi cette mamie ?!. Un film de Gabriel Julien-Laferrière
avec Chantal Ladesou, Julie Gayet, Thierry Neuvic - Sortie le 07 Août 2019 - UGC Distribution


Dans « C’est quoi cette famille ?! », c’étaient les enfants qui « menaient le bal ». Vous attendiez-vous à ce que, dans cette suite, ils laissent leur place à leur « Mamie », c’est-à-dire, à vous ?

Chantal Ladesou : Ma surprise a été totale. Gaby (Gabriel Julien-Laferrière) m’avait laissé entendre que mon rôle serait plus étoffé, mais pas au point de devenir le pilier du film et d’avoir les honneurs de son titre ! Quand il m’a fait lire son nouveau scénario, évidemment, cela m’a fait un plaisir fou ! Pas parce que « Mamie » piquait la vedette aux enfants, mais parce que j’allais la retrouver, avec, cette fois, la possibilité de l’explorer dans toute sa fantaisie et sa complexité. Et puis, quand même, j’avoue que c’était la première fois qu’on m’offrait un premier rôle au cinéma. Après une bonne trentaine de films dans des personnages secondaires, mon petit ego d’actrice s’en était trouvé bien « revigoré » !

Avez-vous appréhendé cette responsabilité d’endosser le rôle-titre d’un film ?

Si j’avais été parachutée, de but en blanc, en terre totalement étrangère, j’aurais sans doute beaucoup flippé... Mais là, connaissant déjà l’équipe et mon rôle, tout s’est passé en douceur. J’ai pris la « promotion » de cette « Mamie » comme une chance. Ce n’est pas souvent qu’au cinéma je peux m’amuser autant avec un personnage.

Pourquoi aviez-vous accepté de participer au premier volet de cette aventure ?

J’avais adoré cette histoire de famille décomposée-recomposée où, à première vue, tout le monde se mélangeait de façon assez aléatoire, au gré des pulsions sentimentales. Le scénario était à la fois bien construit et en même temps rigolo, foutraque, généreux, chaleureux, à l’image de plein de familles « Benetton » que je connais ! Ce qui m’avait plu aussi, c’est qu’il mettait le monde à l’envers : devant l’immaturité adolescente de leurs parents, c’étaient les enfants qui prenaient le pouvoir et décidaient de vivre ensemble dans le même appartement. Au milieu de ce joyeux bazar, mon personnage de mamie un peu excentrique m’avait enchantée. Il n’avait pas une grande partition, mais j’avais aimé sa folie et sa liberté. A jouer, il a été le régal qu’il promettait d’être.

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Que partagez-vous, vous, Chantal Ladesou, avec cette « Mamie » ?

Beaucoup de choses : l’exubérance, la gaieté, la dérision, la petite folie, l’absolue nécessité de se sentir libre, la tendresse aussi, jusque dans la façon, parfois, de ne pas l’exprimer. Le seul truc que je ne partage pas avec elle, mais absolument pas, c’est sa liberté de moeurs. Non seulement, je suis très pudique en ce domaine, mais je suis mariée depuis 47 ans avec un homme très jaloux qui ne supporterait pas que je bouge une oreille ! Et réciproquement, d’ailleurs ! (rires) Pour en revenir à ma mamie, peut-être suis-je un peu plus classique qu’elle dans ma vie de tous les jours. Je m’habille plus sobrement et mon comportement est moins farfelu. Je réserve mon extravagance à la scène, le seul endroit où je me permets à peu près tout.

Endosser le côté « too much » de cette mamie vous a-t-il fait peur ?

Au contraire. Un personnage comme celui-là donne des ailes. On se dit qu’on va aller loin et qu’on va s’amuser ! Je trouvais le « culot » et l’énergie de son jeu en me préparant… Le temps de me maquiller, d’enfiler sa tenue et de réviser mon texte, et hop, j’étais dedans ! Je pouvais y aller, instinctivement, sans réfléchir. Je suis une actrice « cash » ! (rires)

Une actrice cash et… facile ?

Je crois. Souvent, on pense que les comédiens de one-man-shows sont des gens peu maniables, parce que, dans leur métier, ils gèrent tout, leur texte, leur costume, leur décor, leur mise en scène, et parfois même aussi, la caisse (rires). C’est quelque fois vrai, mais pas toujours. Moi, par exemple, j’aime me soumettre à mes rôles. J’adore qu’on me dirige. Je suis docile, j’écoute sagement les indications et je râle très peu.

Êtes-vous aussi une actrice respectueuse de son texte ?

Au théâtre, surtout dans mes « seule en scène », j’aime bien m’offrir des petites escapades verbales, mais au cinéma, même si je m’en autorise parfois, je reste en général dans les rails du texte, surtout si les dialogues sont bons. Pour ce film (et le précédent) j’ai été vernie : Gaby me les avait taillés sur mesure. J’avais des répliques formidables comme « M’appelle pas mamie, ça donne des rides !». Quand on a des phrases comme celles-là à dire, on n’en change pas une virgule. Elles ont une portée comique équivalente à celle d’une fusée !

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Jouer au théâtre ou au cinéma, quelle est, pour vous, la différence ?

Au théâtre, il y a l’immédiateté. On ne peut pas revenir en arrière - tant pis pour les ratés ! - mais on peut aller et venir librement, par exemple, quitter la scène pour rejoindre le public. C’est beaucoup d’adrénaline, mais c’est aussi une griserie dont j’ai du mal à me passer longtemps. Le cinéma procure d’autres sensations. La lumière, le temps, les déplacements, tout doit être tiré au cordeau. On porte moins la voix, on joue plus intérieur, on recherche la précision. J’aime cette discipline, elle me canalise. Le seul truc qui me barbe un peu, c’est quand il faut recommencer les prises. J’ai l’impression de perdre en naturel et en spontanéité.

A votre avis à qui s’adresse « C’est quoi cette mamie ?! » ?

A tout le monde. C’est une comédie familiale qui pétille, donne des solutions de vie et trimballe plein de jolies valeurs, comme celles de la tolérance et de l’acceptation des différences. La preuve qu’elle est intergénérationnelle : mon mari l’a beaucoup aimé, ma fille aussi. Cela dit, bien sûr, sans aucun parti pris !

Source : Dossier de presse
Crédits : UGC Distribution

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