25 octobre 2020
Interviews

Massoud Bakhshi : Entre fiction et réalité

Par François Bour


Sept ans après son premier film le réalisateur Massoud Bakhshi revient avec "Yalda : la nuit du pardon". Un film inspiré d’une émission de téléréalité iranienne basée sur un choix de vie ou de mort. Rencontre avec un cinéaste engagé.

Massoud Bakhshi est un réalisateur qui aime les défis. Pour son nouveau film intitulé "Yalda : la nuit du pardon", il a eu de nombreuses années pour écrire et réécrire son scénario. Il faut dire que l’idée de départ n’est pas commune. Raconter l’histoire d’une jeune femme iranienne à travers sa “participation” à une télé réalité iranienne. Pas n’importe laquelle. Celle dont le principe est de permettre une rencontre entre une femme condamnée à mort et la famille de sa victime. Si la condamnée parvient à obtenir le pardon de la famille, elle est épargnée. Non sans que le public puisse voter et exprimer son avis. Pas commune comme émission. Aussi lorsque Massoud Bakhshi veut raconter son histoire avec une télé réalité iranienne, il ne choisit pas la facilité : “Ce scénario m’a contraint à des choix de mise en scène car le film, par son histoire, est une sorte de huit-clos mais il y a quand même dix personnages féminins dans ce film et je pense qu’on y trouve un portrait des femmes iraniennes”. Des choix assumés qu’il a fallu financer et ce n’est pas moins de six pays qui ont participer à la production du film. “Être blacklisté n’aide pas lorsqu’il s’agit de financer son film” avoue le réalisateur. D’autant plus lorsque celui ci est tourné en Iran. “J’ai mis du temps à trouver le bon lieu mais je tenais absolument à tourner ce film à Téhéran car il y a une atmosphère particulière”.

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Sadaf Asgari - Copyright Pyramide Distribution

Le cinéaste a choisi une jeune femme qui n’avait eu jusqu’à lors de premier rôle. Son expérience se limitait à un long métrage et quelques courts métrages, mais son énergie et sa motivation pour le rôle ont convaincu le réalisateur. "J’ai demandé à Sadaf Asgari si elle se sentait capable de porter le film sur les épaules et elle m’a raconté sa vie, l’histoire de sa famille, sa relation avec son père, ses expériences d’étudiante qui a toujours dû travailler pour vivre. J’ai vu qu’elle n’était pas si loin du personnage. J’ai adapté le scénario pour que Maryam ait l’âge de Sadaf. Avant le film, j’ai demandé à Sadaf de visiter des prisons et d’assister à des procès. On a visionné ensemble des documentaires et des fictions, dont mes films préférés sur le rapport mère-fille, Sonate d’automne de Ingmar Bergman et "La Pianiste" de Michael Haneke." Pour celui qui vient du documentaire, l’interprétation de Sadaf Asgari du personnage de Maryam était la meilleure façon de s’inscrire dans la fiction, accentuer la dramaturgie de son scénario pour se différencier du traitement “du réel” d’un documentaire. Et bien que la réalité soit bien souvent plus forte que la fiction, "Yalda : la nuit du pardon" est avant tout un récit, une quête de vérité et de pardon à découvrir.

Propos de Massoud Bakhshi recueillis par Jérémy Joly

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