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A Week Away : From a good movie

Par Zoé Keunebroek


"A Week Away" est une production originale Netflix, réalisée par Roman White, qui est sortie le 26 mars dernier sur la plateforme de SVOD. Original, c’est bien un mot qui ne définit pas ce film. "A Week Away", c’est la représentation exacte des comédies romantiques plates à la sauce Netflix, Jésus en supplément.

Will Hawkins est un ado turbulent orphelin qui est passé de foyers en foyers (17 écoles et 22 foyers, parce que pourquoi pas ?). Après une énième bêtise, qui n’est autre qu’un vol de voiture de police (parce que pourquoi pas ?), il risque la détention pour mineur, mais est envoyé en dernier recours dans une colonie de vacances qui s'avère être un camp chrétien (parce que pourquoi pas ?). Là-bas, il rencontre George, le meilleur ami un peu bizarre, Sean l’antagoniste et Avery le love-interest. Pour s’intégrer, il ment sur ses activités de délinquant, mais que ce passera-t-il lorsque ses amis découvriront sa véritable identité ? Vous trouvez le scénario cliché ? Et bien vous ne trouverez rien de plus dans "A Week Away" (et dans cette chronique, je n’évoquerai pas l’aspect religieux de l’oeuvre n’étant pas concernée par cette thématique).

Un scénario cousu de fil blanc

"A Week Away", c’est un téléfilm Disney Channel, un énième teen-movie romantique qu’on a l’impression d’avoir déjà vu mille fois. Dès la fin du générique, on sait où va nous emmener l’histoire. Cela donne l’impression qu’il n’y a aucun enjeu, car on connaît sa résolution avant même d’avoir atteint le premier tiers du scénario. En réalité, on a l’impression de revoir "Camp Rock", le téléfilm produit par Disney Channel, avec Demi Lovato, dans lequel Mitchie une fille de cuisinière se rend dans un camp de vacances musical, pour s’intégrer, elle ment sur sa véritable identité de peur de ne pas s’intégrer et là-bas elle rencontre son ami un peu bizarre et Shane, le rockeur stylé et love-interest. Remplacez le "Camp Rock" par un camp scout, échangez les genres et Mitchie devient Will Hawkins. Difficile donc, de sentir investie dans un film qui ressemble comme deux goûtes d'eau à plusieurs films déjà vus des dizaines de fois et pour la plupart des bien mieux réussis.

Vous ne me croyez pas ? Place au générique avec des sacs, des valises et un polaroid, check ! Le bus où tous les passagers dont le héros est décontenancés, check ! Les deux side-friends un peu bizarres s’aiment et les beaux héros qui s’aiment aussi vont les aider, check ! Scène de danse romantique dans un jardin et avec de l’eau, check ! Climax du film, sur une longue route américaine, la nuit, où le héros hurle que Dieu n’a rien fait pour lui quand il a vécu le drame de sa vie, check ! Bref, un film dont la moindre trame est prévisible et fortement capillotractée. Un film de camp de vacances qui n’apporte rien aux dizaines et dizaines déjà présents sur le marché.

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Une mise en scène netflixienne

"A Week Away", c’est, en termes de mise en scène, l’essence même du film ou de la série à bas budget produit par Netflix. La réalisation est plate. Quasiment que des plans larges, du champ-contre champ pour les dialogues et un ou deux traveling pour les discussions durant les balades des principaux protagonistes. On a vite fait le tour. La colorimétrie n’en n’est pas en reste, tantôt criarde à la "High School Musical 2", tantôt fade et parfois adoucie par un soleil artificiel.

Pourtant, le film a parfois quelques bonnes idées de mise en scène. Trois en particulier ressortent du film. Une scène musicale au cours de laquelle le side-kick subit un relooking et va draguer son love-interest. La scène est baignée par une esthétique années 80, disco à souhait, et évidemment nostalgique. Les mouvements de caméra se décoincent un peu et sont plus originaux. Ce plan est vraiment agréable à regarder, mais paraît en dehors du film. Les plans de caméras originaux et un peu plus variés sont aussi là dans deux autres tableaux de "A Week Away" dont la scène de danse entre les deux protagonistes (qui est au passage une redit de Can I have this dance de "High School Musical 3"), et la scène de combat de paintball qui est filmé tel un film de guerre. Mis à part ces quelques moments qui relèvent un peu le niveau. "A Week Away", c’est une mise en scène et une réalisation digne de ce que Netflix nous a fait de plus plat et moins recherché.

Des acteurs parfaitement moyens

Je vais faire vite sur ce passage, car il n’y a pas grand chose à dire. Tous les acteurs sont au même niveau, soit ni bons, ni mauvais. Leur interprétation alternant entre efficacité et ridicule. Malheureusement pour eux le scénario ne les aide pas. Les scènes sont tellement vues et revues qu’elles ne servent pas leurs prestations respectives. Le film pourrait même être drôle et presque avoir une dimension nanardesque si les comédiens étaient particulièrement outranciers. Mais non. Dans "A Week Away", les acteurs sont justes parfaitement plats et se fondent bien dans l’ambiance générale du film. Toutefois, on aimerait bien revoir certains des acteurs tel Ed Amaturdo (qui joue George) dans d’autres genres cinématographiques que celui-là pour voir comment il s’en sort.

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Une comédie musicale insipide

Le seul aspect qui peut sauver une comédie musicale moyenne, ce sont les chansons. Spoiler : elles ne sauvent pas "A Week Away". 10 min après la fin du film, on ne se souvient d’aucune d'entre elles et pourtant elles sont toutes très répétitives, mais aucune n’arrive à sortir du lot. Ce qui n’aide finalement pas "A Week Away", c’est que chaque chanson fera référence à une autre plus connue issu d’un téléfilm Disney Channel. Difficile donc, de se souvenir des numéros quand, tout au long du film, on pense aux chansons d’autres comédies musicales. On peut reprocher beaucoup de choses aux téléfilms Disney Channel, mais on peu leur reconnaître une évidente qualité : pour la plupart de bonnes musiques dont on se souvient même des années après.

"A Week Away" aurait peut-être rencontre un certain succès il y a 10 ans, mais pas aujourd’hui. Comme aucun aspect du film ne vient relever le niveau, mises à part 3 petites scènes évoquées précédemment, on s'y ennuie durant une heure et demie. Si mine de rien, vous voulez tout de même passer un peu de votre temps devant une comédie musicale, regardez "Camp Rock" ou "High School Musical". Certes, elles ont vieilli, mais, au moins, la nostalgie fera son travail...

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