18 septembre 2020
Netflix

Ash vs. Evil Dead : Retour des forces de l’enfer

Par Yann Vichery

"Evil Dead", chef d’œuvre d’horreur réalisé en 1981 par un petit génie de 21 ans (Sam Raimi), aidé par quelques copains bricoleurs (Robert Tappert producteur, Tom Sullivan aux maquillages) allait donner un gros coup de pelle au cinéma gore qui d’ailleurs accoucherait de 2 suites, formant la fameuse trilogie de l’enfer devenue méga-culte depuis.

Ce que les fans adorent dans cette trilogie, c’est l’horreur pure avec ses morts vivants qui parlent avec des voix de l’au-delà, les tonnes de sang qui giclent de partout, la cabane isolée au fond de la forêt (ou nous, on irait pas d’ailleurs) et surtout Ash Williams, le combattant, le survivant, celui qui viendra (ou pas) à bout des forces déchainées de l’enfer, revenues sur terre à travers les incantations d’un vieux livre écrit en lettres de sang (le Necronomicon). C’est ce personnage qui collera à jamais à la peau de son génial interprète : Bruce Campbell. Il reprendra son rôle dans les 2 suites à tel point que l’on ne voit personne d’autre que lui pour le jouer. Décalé, totalement fou, il est simplement hilarant, dégommant des revenants en balançant de l’humour 3ème degré.

Dans le remake (pas trop mal d’ailleurs) de Fede Alvarez, Ash apparait en post-générique 22 ans après "L’Armée des Ténèbres", rendant fou les fans d’un retour possible, espéré, rêvé. En 2014, le miracle : Bruce Campbell rempile tronçonneuse à la main, sourire aux lèvres, pour la série (bien) nommée "Ash vs Evil Dead" toujours sous la houlette de Raimi et Tappert. 3 saisons et 30 épisodes plus tard qui sont disponibles sur Netflix, la boucle est bouclée...

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Que dire de cette série ?

Tout d’abord, elle est faite pour les fans de la première heure : elle se déroule après "L’Armée des Ténèbres" et Sam Raimi ne cède pas à la facilité. Il reprend les codes de l’original en les transposant de nos jours et en créant en quelque sorte une « extended version » de l’idée de départ de "Evil Dead". Ash roulera pas mal de kilomètres pour combattre les ténèbres (aidé d’ailleurs par quelques compagnons de route loin de jouer les simples faire valoir) et ne se limitera pas simplement à la fameuse cabane... Asile, hôpital, morgue, maisons, etc., tout y est.

Les références aux films raviront les fans car Sam Raimi sait les remercier de l’avoir suivi (non je ne dévoilerai rien de ces références, tout le plaisir de la série vient de la). Cette série va donc bien au-delà du lieu d’origine de la trilogie. Sam Raimi prouve qu’il sait garder l’idée de base en l’exploitant sur un terrain bien plus vaste (retournant même génialement dans le passé - style retour vers le futur). Les films avaient marqué à l’époque par ce qu’ils montraient de l’horreur gore et écoeurante. En 2014, la série va beaucoup plus loin et l’on peut même dire qu’elle est une des plus gore jamais réalisée et ne peut être mise devant tout les yeux.

Rien ne nous est épargné : ça découpe, ça explose, ça plante, ça déchire à grandes doses d’hémoglobine, les corps décharnés et les démons s’accumulent par dizaine dans une ambiance tantôt glauque (l’esprit du premier film), tantôt comique (l’esprit des 2 suites) et certaines scènes bien crades et totalement délirantes vous hanteront longtemps (celles de la morgue et de la banque de sperme pour ne citer qu’elles). Raimi n’avait pas de limites lorsqu’il a réalisé sa trilogie, il décide qu’il n’en aura pas dans la série. Il ne cède d’ailleurs pas trop face au numérique peu présent, préférant les maquillages et le réel de la trilogie originelle.

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Le concept Ash

Là où Sam Raimi développe son scénario, c’est concernant le rôle de Ash. Et on sait que suivre un personnage culte sur plusieurs films peut s’avérer assez casse gueule du point de vue de son développement s’il est mal exploité par le scénario (par exemple John McClane n’est plus grand chose dans le 5éme épisode de la série "Die Hard" malgré son aura). Les fans attendaient son retour. Qu’à t’il bien pu devenir 22 ans plus tard ?

Dans les films, on ne savait rien de lui. La série détaille beaucoup le personnage de Ash. Le Necronomicon a clairement ruiné sa vie. Il est devenu un looser sans ambition, bouffé de l’intérieur par ce qu’il a vécu au fond des bois. Quand les enfers se déchaîneront de nouveau, il sera pourtant le seul à pouvoir repartir au combat, le seul qui puisse régler leur compte aux démons. Et c’est là que Bruce Campbell fait éclater sa « cool attitude ». Il porte littéralement la série sur ses épaules (après en avoir fait de même pour la trilogie) et il faut remercier le dialoguiste qui lui fait balancer par paquets de 10 des répliques souvent hilarantes de grossièreté rendant le personnage irrésistible. Campbell s’amuse de son personnage dans de nombreuses scènes. On notera quand même l’évolution de celui ci, surtout dans la dernière saison où il fait apparaître ses failles et les regrets de ce qu’il a raté de sa vie. Cette dernière prendra d'ailleurs un drôle de tournant. Bref, Bruce Campbell est Ash... et Ash est Bruce Campbell. Les 2 sont interchangeables dans l’histoire du ciné de genre.

Cette série qui aurait pu continuer se sera arrêtée à la 3ème saison. Elle ravira les fans qui ont attendu plus de 20 ans la suite (tout comme les fans de Spielberg attendent depuis 30 ans le vrai retour d’Indiana Jones... non l’épisode 4 n’était pas celui attendu). Sam Raimi a parfaitement réussi son pari de ressusciter ses enfers et son personnage culte, nous en donnant pour notre argent et notre plaisir. Son arrêt prématuré, faute d’audience, montre malheureusement que les fans sont bien seuls au monde et que le public lambda n’était pas prêt à voir tant d’hémoglobine saturer leur écran HD ou alors trop occupés par les univers Marvel ou Star Wars de Disney. Finalement, Ash est revenu, Ash a vaincu et on peut le remercier car, dés ce jour, on saura toujours qui appeler pour nous sauver de l’enfer si on tombe sur un bouquin en peau humaine écrit au sang.

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