24 septembre 2021
Netflix

Beckett : Seule la promesse compte

Par François Bour


John David Washington est l’acteur « bankable » de la nouvelle production originale de Netflix. "Beckett" est un film typique du géant américain. Un long-métrage qui repose sur un nom connu du box-office pour attirer les curieux. Avec un scénario qui est (une fois de plus) très limité.

Cela commence à devenir agaçant. Le même énervement qui pointe le bout de son nez lorsque quelqu’un tombe toujours dans le même piège. En effet, "Beckett" est un piège. Celui du film Netflix qui n’est qu’une promesse. Sans résultat pour autant convaincant. Le long-métrage, présenté tel un thriller conspirationniste, est un nouvel exemple du piège tendu par Netflix dans ses productions dites majeures.

Comme toujours ou presque, l’appât est un réalisateur, une réalisatrice, un acteur ou une actrice. Un nom connu des amateurs de cinéma pour entrainer une ou plusieurs références et susciter l’intérêt. Carte blanche pour le grand nom derrière la caméra. L’assurance d’être de tous les plans pour celui ou celle qui porte le film face à l’objectif. Le reste n’est que secondaire.

John David Washington porte le film

Avant tout, "Beckett" est un film avec la star de "Tenet" ou de "Malcom & Marie". John David Washington n’est pas encore un poids lourd du box-office comme son père mais il est une valeur montante. Un statut suffisant porter, seul, un film Netflix. Heureusement que l’américain de 37 ans a du talent. Parce que Beckett, c’est lui. Ce n’est que lui. Le personnage Beckett est un touriste américain en voyage en Grèce avec sa compagne (Alicia Vikander). L’idylle grec est, malheureusement, stoppée par un accident de voiture. Le touriste lambda en deuil va, ensuite, être pourchassé par des policiers grecs qui cachent un complot. Il s’avère dès lors que Beckett était au mauvais endroit au mauvais moment. Fort heureusement, le touriste va s’avérer coriace face au danger.

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John David Washington - Copyright Yannis Drakoulidis/Netflix

Une fois de plus, le film "Beckett" offre les mêmes atouts et souffre des mêmes limites que ses prédécesseurs. Dans ce thriller, il ne faut pas chercher la tension extrême. Mettre un personnage central en mode survie pendant près de deux heures dans un film qui repose sur l’acteur qui l’incarne, c’est indiquer dès le départ que le personnage va survivre. Or, quand la fin de l’histoire est connue, le déroulement du récit doit pouvoir surprendre. De fait, ce n’est pas le cas ici. En effet, le dit récit se répète dans une mécanique qui voit le touriste fuir, trouver refuge puis fuir à nouveau. Jusqu’à un léger twist qui ne surprendra pas les amateurs de ce type de scénario.

Un thriller de fond de tiroir

Ainsi, "Beckett" est un thriller conspirationniste avec une tension peu palpable. Mais cela ne s'arrête pas là. Il faut revenir sur cette fameuse conspiration. Tout juste un accessoire qui sert à habiller la chasse au touriste. Que ce soit un kidnapping d’enfant ou tout autre évènement mafieux dont le touriste serait témoin, il fallait bien un déclencheur. Le petit arrière-plan politique est censé donner du volume à un scénario. Malgré tout, celui-ci tient sur une serviette de table. C'est bien suffisant dans ce schéma ou ce piège, selon le ressenti, du long-métrage à la réalisation honnête, au scénario de fond de tiroir, mais avec une vedette en tête d’affiche.

Alors, comme à chaque fois ou presque, il est malhonnête de dire qu’une production Netflix mettant en avant un nom du cinéma américain est un mauvais film. Il y a tout de même un service minimum effectué par les scénaristes et le réalisateur. Par ailleurs tous inconnus et tous au service de la référence qui porte le film en question. De prime abord, "Beckett" est porté par un bon John David Washington dans un rôle qui ne fera pas tâche dans sa filmographie, sans le faire briller pour autant.

L’essentiel est là. C’est, sans doute, peu pour convaincre le public d’aller en salle. Néanmoins, quand il s’agit de combler une pauvre programmation télévisuelle estivale, "Beckett" peut convenir. A condition de ne pas avoir trop d’attentes. Toutefois, le public "Netflixien", amateur de films à vedette, commence à en avoir l’habitude. S’il s’agit donc de tomber à nouveau dans un piège, il est désormais averti. Un film qui repose sur un acteur "bankable" est un label qui repose sur une promesse, mais pas sur une garantie de qualité.

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