29 juillet 2021
Netflix

Comment je suis devenu super-héros : Le choix du made in France

Par François Bour


Comment je suis devenu super-héros est un film Netflix rare. Ce qui est rare est il forcément de qualité ? Le film avec Pio Marmaï au premier rôle ne manquera pas d'attirer des curieux. Parce que le genre est en vogue et le made in France aussi.

Tous ceux ou celles qui ont Netflix peuvent s’accorder sur l’affirmation suivante : Il y a à boire et à manger pour tout le monde sur cette plateforme. Ah ! Il y a aussi un autre fait incontestable pour toute personne de bonne foi : Il y a du bon et du moins bon. L’art d’enfoncer des portes ouvertes ou peut être ici une sorte de super-pouvoir made in France. Bien utile face à la mauvaise foi devenue un véritable sport national. Il est temps, d’ailleurs, de faire un peu d’exercice. Car Marvel n’a qu’à bien se tenir. Oui la France est aussi une nation de super-héros. Oui la France peut aussi avoir ses Avengers. Oui la France est capable de faire des effets spéciaux, de déclencher la foudre et de jouer avec le feu. Vive la France ! Vive la république !

Un premier film osé

Quelques jours avant la fête nationale, Netflix propose donc "Comment je suis devenu super-héros". Un film de super-héros à la française. Un genre qui n’est pas inédit mais qui est rare dans la production française. C’est vrai que face à la domination américaine sur ce thème, les propositions cinématographiques venues d’ailleurs ont du mal à exister. C’est là que le terrain Netflix est propice. Comme en témoigne la présence de la série "Ragnarok" où Thor et Loki n’ont rien à voir avec Marvel. L’originalité, l’audace est parfois au rendez-vous. Le réalisateur Douglas Attal lui, à défaut d’originalité, il a des couilles (et un papa aimant).

Après deux courts-métrages et une petite carrière d’acteur, le réalisateur se lance avec "Comment je suis devenu super-héros". Un vrai comic book movie à la française, qui mélange ambiance de polar et éléments fantastiques. C’est la promesse en tout cas pour cette adaptation du roman du même nom écrit par Gérald Bronner et publié pour la première fois en 2007. Pour ce projet qui ne date pas d’hier, Douglas Attal a su se donner les moyens. Ou quelqu’un les lui a donnés. Pio Marmai, Vimala Pons, Benoît Poelvoorde, Leïla Bekhti et Swann Arlaud. C’est un casting qui ferait rêver plus d’un jeune réalisateur pour un premier film. Ce qui n’est pas plus mal car quitte à mettre ses couilles sur la table autant le faire avec un peu de moyen. Suffisamment en tout cas pour ne pas être ridicule.

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Benoît Poelvoorde et Leïla Bekhti - Copyright Shanna Besson / Warner Bros. France
Un made in France un peu cheap

Il ne faut pas se mentir. Même incarnés par de bons acteurs et actrices, les super-héros français ne sont pas du niveau de leurs homologues américains. Comparaison n’est pas raison, certes, mais elle est quelque peu inévitable dans ce genre. Là, ça fait un peu mal. La démonstration et la galerie des pouvoirs n’est pas vraiment impressionnante. Des pyromanes, des « téléporteurs », des médiums sans oublier cette incroyable pouvoir de lancer des éclairs avec ces yeux. Comme lorsqu’il s’agit de regarder quelqu’un méchamment. Autant dire que cela ne va pas chercher bien loin.

Au-delà des super héros, ce genre est très souvent synonyme d’action et de combats. Là ça fait très mal. La crédibilité des quelques combats est nulle. D’une part parce qu’il ne s’agit pas d’être flic ou super-héros pour, de-facto, savoir se battre. D’autre part, parce que la chorégraphie de ces scènes est à revoir. Vimala Pons ou Leila Bekhti n’ont clairement pas passé assez de temps à l’entrainement. Quand il s’agit de faire un film de super-héros, il faut s’assurer que les coups portés soient visibles. Ici il est évident que les coups portés brassent du vent.

Une curiosité malgré tout

Pour autant, cette proposition rare n’est pas à mettre dans la case des films à éviter. Notamment parce que ses acteurs donnent du relief à un scénario qui manque cruellement de profondeur. Pio Marmaï est touchant dans son rôle de flic gentil face à Vimala Pons en "bad cop". Benoit Poelvoorde est à l'aise dans celui du super-héros à la retraite, bref, la distribution des rôles est réussie. Il faut aussi saluer la proposition parce qu’elle est osée. Avoir un film français de super-héros avec un solide casting est une œuvre inédite sur Netflix.

"Comment je suis devenu super-héros" n’est pas un film qui a l’envergure d’une sortie ciné, c’est certain, mais cela reste une curiosité « netflixienne » qui peut faire passer le temps si vous n'êtes pas trop exigeant. En toute mauvaise foi, il s'agira bien sur de railler ce made in France chez les super-héros face à la concurrence du genre. Mais parfois, on peut passer un moment pas désagréable en compagnie de la mauvaise foi. 

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