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Concrete Cowboy : Un western urbain

Par Alexia Graziani


Première réalisation de Ricky Staud, "Concrete Cowboy" casse avec le « whitewashing » d’Hollywood et lève le voile sur une communauté très méconnue de cavaliers noirs, présents depuis un siècle à Philadelphie.

Adaptation du roman de Greg Neri, le film se construit autour de Cole (Caleb McLaughlin), adolescent de 15 ans, se fait une nouvelle fois renvoyer de son lycée. Sa mère, excédée, décide de l’envoyer, le temps d’un été chez son père, Harp (Idris Elba), un cowboy des temps modernes, travaillant dans les écuries de Fletcher Street, au nord de Philadelphie.

Un récit initiatique d’un ado paumé

Ricky Staub parvient à mettre en scène la construction d’une relation père-fils totalement inexistante. Il réussit la prouesse de créer de magnifiques moments d’intimité entre les deux hommes, sans tomber dans la brèche un peu « bisounours », tout beau, tout rose. Malgré tout, il arrive à s’affranchir des codes d’une masculinité que l’on peut qualifier de toxique, père-fils trouvant le moyen de se parler à cœur ouvert, sans refouler leurs émotions.

Autour du film s’articule aussi un récit initiatique vantant le pouvoir libérateur de l’équitation. Cole oscillera pendant près de deux heures entre son implication dans les dérives de son cousin Smush (Jharrel Jerome découvert dans "Moonlight" en 2016) et sa vie au sein de cette communauté d’équitation urbaine noire, salvatrice pour de nombreux résidents du quartier depuis une centaine d’années.

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Caleb McLaughlin et Idris Elba - Copyright Netflix

Il finira par trouver sa voie dans le groupe de son père, menacée par la gentrification, et se battra au côté des siens pour leurs droits.

Une réalisation particulièrement minutieuse

Le film de Ricky Staub marque par son sens du détail. Rien n’est laissé au hasard. Le choix des lieux, du tournage au levé ou couché de soleil, tout est fait pour recueillir des plans qui laisseront le spectateur sans voix. Le film repose aussi sur une réalisation très intimiste et proche de ses acteurs. En ressort des scènes d’une très grande intensité. De plus, "Concrete Cowboy" prend une réelle dimension documentaire grâce à l’implication de véritables cavaliers de Fletcher Street, tels que Jamil Prattis, Ivannah Mercedes et Albert C Lynch Jr, qui ont accepté d’incarner leur rôle dans le film. En ressort une authenticité et une sincérité déconcertante.

Notons aussi que les codes du western ne sont pas en reste. Même s’ils sont peu présents dans le film, on remarquera quelques clins d’œil comme le passage de gauche à droite de la caméra sur les visages sinistres des cowboy, accompagné du son d’une trompette, caractéristique du genre. Ainsi, "Concrete Cowboy" est un véritable hommage aux générations de cow-boys qui cherchent à préserver leur héritage en prenant soin de leurs chevaux et de leurs écuries en attendant que la municipalité de Philadelphie tienne ses promesses de réaménagement.

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