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Dark : Le temps est un secret

Par Léa Delaplace


"Dark", le titre de cette série allemande est tout trouvé. Sombre comme ses images, sombre comme les secrets, sombres comme le deviennent nos esprits. 18 épisodes pour nous mettre à l’épreuve de la science et de la généalogie. Êtes-vous prêt à jouer de vos méninges ? Œil aguerris et mémoire sont nécessaires pour regarder "Dark" et la comprendre.

C'est quoi cette série ?
Un enfant disparu lance quatre familles dans une quête éperdue pour trouver des réponses. La chasse au coupable fait émerger les péchés et les secrets d'une petite ville.

Série allemande en cours de production - Saison 1 et 2 - Avec Louis Hofmann, Andreas Pietschmann, Maja Schöne


Pénombre, plans sombres, courts, presque minimalistes. La petite ville de Winden, sa mystérieuse forêt abritant une grotte, et sa centrale nucléaire. Le décor est planté, intriguant et froid. La plongée est immédiate pour le spectateur. Le voilà le 21 juin 2019, un homme se suicide. Il se pend, chez lui. De là démarre une présentation des protagonistes dans des scènes aux détails importants. Ici et là, des bribes d’information et des visages que le spectateur reçoit mais ne doit pas oublier…tant elles pourraient lui être utiles par la suite.

"Dark" traite de la généalogie entre les quatre principales familles de Winden : les Kahnwald, les Nielsen, les Tiedemann et les Doppler. Quatre familles aux destins entremêlés autant dans le passé, le présent que le futur. À Winden, on y vit, on y reste. Et les disparitions qui y ont lieu le confirmeront. Les générations se confondent, 1953, 1986, 2019. 33 ans. Attention à ne pas perdre le fil du temps…

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Louis Hofmann - Copyright FR_tmdb
Secrets, révélations, disparitions. Le climat de mystère perdure au fil des épisodes. Il devient parfois effrayant, angoissant. La musique, les images, les dialogues tout fonctionne. « Ça va encore recommencer » répète l’un des protagonistes. Quoi donc peut-on alors s’interroger ? Telle est l’intrigue de "Dark". Ce qui recommence avec certitude, c’est la quête de compréhension du spectateur, tentant d’assembler avec agilité les informations dont il dispose. Mais celles-ci ne cessent de se renouveler dans la poursuite des épisodes qui introduisent toujours plus d’éléments, voire de personnages. Rien n’est jamais acquis.

La création du réalisateur Baran bo Odar interroge le rationnel et la croyance, le temps et la science, les relations familiales et le mensonge. Des questions de société ancrées dans notre présent se voient insérées habilement dans la fiction. Certains y verront peut-être une projection de notre monde, grignoté par l’argent au risque de notre survie avec l’exemple du nucléaire. D’autres y verront simplement une série de science-fiction. Il n’est pas faux que malgré une intrigue touchant l’irrationnel de chacun, la fiction prend, avec regret, le dessus. Certaines scènes manquent de réalisme et l’imaginaire est nécessaire pour passer outre le pan invraisemblable. Une petite déception à noter ici pour les spectateurs attachés à la réalité pure et dure, sans effets spéciaux.

La série, disponible sur la plateforme Netflix, sort des chantiers battus, et ne laisse pas le spectateur passif derrière son écran… Si vous êtes prêts à vous prendre au jeu, laissez-vous dont tenter !

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