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Drôle : Promesse tenue et pari gagnant pour Netflix

Par Clara Lefèvre-Manond


Enfin ! Oui enfin, une excellente série française produite par Netflix. Disponible depuis le 18 mars, "Drôle", le nouveau programme signé par Fanny Herrero, met en scène quatre jeunes apprentis stand-uppers dans la jungle des comedy clubs parisiens. Zoom sur une série à ne surtout pas manquer !

C'est quoi cette série ?

Quatre jeunes comédiens essayent de se faire une place dans le milieu du stand-up parisien. Après s'être consacrée à sa vie de famille, Aïssatou revient sur la scène du "Drôle Comedy Club" pour confronter ses derniers sketchs devant le public. Elle est épaulée par Nezir, lequel peine à joindre les deux bouts. Ex-star du stand-up, Bling, quant à lui, traverse une mauvaise passe. Apolline, étudiante en histoire de l’art, se rêve humoriste, mais qu’en pensera sa famille ? Confrontés à une concurrence redoutable, doivent-ils jeter l'éponge ou persévérer ?

1 saison (en cours) - 6 épisodes - Avec Mariama Gueye, Younès Boucif, Elsa Guedj

Standing ovation

Après plusieurs tentatives ratées ou moyennes, Netflix parvient enfin à proposer un contenu Made In France digne de ce nom. Avant cela, ce sont les autres productions européennes qui raflaient la mise : "Sex Education", "Dark", "Sexify" et on en passe. Alors autant dire qu’avec "Drôle", on peut fêter ça !

Sans chichis, Drôle a été créée par la showrunneuse Fanny Herrero, déjà couronnée de gloire grâce à "Dix pour Cent". La série a hérité d’une structure similaire à sa grande sœur). La patte de Fanny Herrero est bien là : les personnages gravitent autour d’une même activité : le stand up. À travers les épisodes, nous découvrons un univers un peu nébuleux. On connaît la réussite du "Jamel Comedy Club" et de ses célèbres pensionnaires, mais on ignore la réalité des faits pour les anonymes qui souhaitent se faire un nom. Tout comme la créatrice à ses débuts d’ailleurs. Si Fanny Herrero s’est lancée dans la création de "Drôle", c’est à la suite un diner avec Gad Elmaleh qui a agi tel un déclencheur en l’amenant voir un spectacle avant de rencontrer des personnes de ce milieu.

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Copyright Mika Cotellon/Netflix

Dès les premiers épisodes, "Drôle" relève son premier défi : on s’attache profondément aux personnages. Ce qui est typiquement l’élément phare des séries faites pour durer. Impossible de ne pas les apprécier, ou de les prendre en grippe. Si cela est en partie grâce au scénario, on doit beaucoup aux interprètes charismatiques : le brillantissime Nezir, la pétillante et hilarante Aïssatou, l’orgueilleux Bling et l’espiègle Apolline. En revanche, le scénario est parfois trop prévisible, si bien que l’on devine que si ce n’est pas untel qui monte sur scène, ça sera l’autre et ainsi de suite…

L’humour, c’est aussi du sérieux
Si la série s’intitule "Drôle", ce ne sont pas 50 minutes de rire par épisode. Car, si l’humour est quasi omniprésent, les personnages ont aussi une vie. Une vie qui n’est pas toujours un long fleuve tranquille. Fanny Herrero le souligne dans les notes de production du programme : « "Drôle", il faut le prendre dans tous les sens. “Drôle” comme ce qui fait rire, évidemment, mais aussi “Drôle” comme ”étrange”, “singulier”, qui ne ressemble pas aux autres. ». On y parle alors de maladie psychique, de droit à l’avortement, de solitude ou encore de pauvreté. Si certains sujets ne sont pas amenés explicitement, il en est bien question.

Le sujet central (l’humour) nous permet d’en savoir plus sur le business qui en découle et d’en connaître les rouages. À l’image d’Aïssatou qui décide de parler de plaisir prostatique au sein de son couple, de racisme systémique, ou encore de violences policières dans l'un de ses sketchs, contre l'avis de son producteur. L’humour, c’est aussi du sérieux.

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Younès Boucif - Copyright Mika Cotellon/Netflix
Un casting magnétique

À la différence de "Dix pour Cent", "Drôle" ne s’appuie pas sur des visages connus, ce qui est un vrai plaisir. La distribution fait émerger de jeunes interprètes réjouissants : Mariama Gueye (Aïssatou), Younès Boucif (Nezir), Jean Siuen (Bling) et Elsa Guedj (Apolline). Tantôt fragiles et touchants, tantôt agaçants ou très marrants, les quatre artistes ont un bel avenir devant eux. La fraîcheur du casting confère un naturel formidable à la série. Tous les quatre, ils parviennent à incarner un destin, une période de leur vie avec brio. Qu’il s’agisse de renouer avec le succès, briser le plafond de verre ou échapper au contrôle de ses parents bourgeois.

Une direction artistique hypnotique

Paris, Paris, Paris… Ce ne sont pas que les beaux quartiers. Fanny Herrero l’a compris. Ainsi, "Drôle" propose un large panorama de la région parisienne. De jour comme de nuit, de l’autre côté du périph’, à l’Olympia, dans une laverie, ou dans le 16e arrondissement, la série n’a pas lésiné sur la direction artistique. Elle nous saute aux yeux, elle rythme les épisodes. Le travail de la photographie y est pour beaucoup. Qu’il s’agisse des costumes, des décors, de la musique, … Bref, "Drôle" respire le dynamisme.

"Drôle", c’est une série sans prise de tête, fraîche et douce. Une fois pris dans le fil, les aventures et turpitudes personnages, elle se dévore en une après-midi. La troupe de comique est si attachante, impossible de ne pas se laisser convaincre. Netflix a décidément joué un coup de maître en mettant le grappin sur Fanny Herrero. Reste à savoir si nous reverrons nos quatre stand-uppers au "Netflix Comedy Club"…

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