28 septembre 2021
En Une Netflix

Kate : Dommages collatéraux

Par François Bour

Kate, c'est le nom d'une tueuse professionnelle venue de l'étranger. Une Gaijin comme disent les japonais. Le Japon, c'est justement le cadre de cette nouvelle production Netflix. Mary Elizabeth Winstead est l'héroïne badass de ce film d'action à base de bastons et de gunfights chez les Yakuzas. 

"Kate" est une proposition qui se situe entre "John Wick" et "Haute tension". Keanu Reeves, Jason Statham et deux films où l'action est omniprésente. Chacun dans  son style mais deux références mises en avant par Netflix au moment de cliquer sur "Regarder". Alors oui, il y a bien dans Kate, un peu de ces deux références. Ce n'est pas ce qui en fait un bon film mais sur ce point la promesse est tenue.

Un scénario basique

Il faut dire que cette tueuse irradiée et condamnée à une mort douloureuse et rapide rappelle, en effet, le personnage de Jason Statham. Surtout dans ce parcours violent, jonché de sang et de cadavres qui va l'amener à se venger de celui qui veut sa mort. Un récit linéaire dit comme cela. Il s'agit ici d'un film d'action où l'attraction se situe dans les combats et les gunfights donc ce n'est pas la complexité qui est recherchée dans le scénario. Ce dernier est d'ailleurs assez classique pour le genre. Installer le cadre, l'héroïne principale, et enfin les quelques personnages secondaires qu'elle croisera. Non, franchement, "Kate" ne brille pas par la qualité de son scénario. Sans surprises, prévisible mais il fait, néanmoins, le job.

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Miku Patricia Martineau (à droite) et Mary Elizabeth Winstead - Copyright Jasin Boland/Netflix

Tout est dit dans le titre et dans le casting. Dans "Kate", ce qui est important c'est le personnage principal. Celui incarner par Mary Elizabeth Winstead. Cette association, c'est l'argument principal du film. C'est justement là qu'il y a du "John Wick". C'est la bonne idée du film. Là où Jason Statham parait invisible et en pleine forme même condamné à mort, Kate souffre, elle déguste. Au fur et à mesure des combats, au fil du temps qui passe. Présentée dès le départ comme une tueuse avec un minimum d'humanité, son évolution n'est pas vraiment marquante. Kate est une saisonnière de l'assassinat embauchée pour faire un job qu'elle compte bien finir. Irradiée ou non. Cela ne l'empêche pas de souffrir.

Une "bitch cancéreuse"

C'est là que le choix et l'interprétation de Mary Elizabeth Winstead donne de la valeur à "Kate". Parce que le film repose sur son interprétation. Uniquement sur celle ci. Certes, il y a Woddy Harrelson à la distribution et d'autres acteurs ou actrices, mais ils ne sont là que pour tourner autour du personnage principal. Qui n'a pas une évolution transcendante. Pourtant, Kate assure. Un personnage à la fois charismatique, déterminé mais aussi instable et vulnérable. C'est dans cette combinaison que réside la force de "Kate", le personnage, l'actrice et le film.

Il est temps de parler de cette "bitch". Mary Elizabeth Winstead. Rarement vue dans un premier rôle, encore moins dans un rôle titre. Sa filmographie n'en fait pas non plus une spécialiste du film d'action. Pourtant là dans Kate, difficile de dire qu'elle ne fait pas le job. Dans les combats, les coups paraissent bien portés et bien reçus. Cela parait évident mais pas tant que ça. Les héroïnes de "SAS" ou "Bloody Milkshake" ont été prises à défaut sur ce point. Surtout, paraitre sur le point de mourir tout en restant une putain de tueuse badass, cela demande un peu de talent. Mary Elizabeth Winstead a du talent flingue à la main et couverte de sang.

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Mary Elizabeth Winstead - Copyright Jasin Boland/Netflix
L'originalité est elle nécessaire ?

Que manque-t-il alors à "Kate" pour en faire un vrai bon film d'action ? Un récit avec une réelle profondeur et pas seulement de la broderie narrative autour du personnage principal. Un vrai style visuel aussi. Car, si quelques scènes de combats et quelques gunfights bénéficient d'une touche de style, ce ne sont que deux trois touches. Il y a aussi une séquence de trop où le style est en overdose. Une poursuite en voitures complètement stylisée au numérique qui fait tâche. Ce qui manque à "Kate", en fait, c'est un peu de talent du coté de la réalisation. Sans oublier une réelle originalité dans le scénario car même si la promesse des références citées précédemment est tenue, c'est qu'il y a du déjà vu quelque part. 

"Kate" est donc une nouvelle proposition d'action qui entre dans le cahier des charges habituel de Netflix. Un film où l'air sent la poudre, où les balles fusent, où les bastons sont nombreuses et où le sang gicle. Avec un personnage central au cœur de tout ça. Une production originale qui n'a ce qualificatif que par l'écriture de l'héroïne et le choix de Mary Elizabeth Winstead pour l'incarner. Des choix assumés dès le départ et pour le coup il s'avère que c'est justement ces choix là qui font l'intérêt du film. Le seul, certes, mais un intérêt tout de même. Le reste, ce ne sont que des dommages collatéraux.

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