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La poésie de Hayao Miyazaki

Depuis le début du mois de février, Netflix propose pas moins de 21 films issus du studio Ghibli. L'occasion de découvrir ou redécouvrir les films de Hayao Miyazaki. Le réalisateur nippon est un des maîtres des films d'animation japonais. Des longs-métrages à voir en famille alors que les plus jeunes s'intéressent plus facilement aux Pixar et autres productions Dreamworks. Pourtant, la poésie de Miyazaki s'adresse à tout le monde.

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Découvert à travers de belles œuvres poétiques et drôles comme "Porco Rosso" ou "Mon voisin Totoro", Hayao Miyazaki s'est révélé en France au grand public avec "Princesse Mononoke", magnifique et palpitante aventure animée où la nature bruissait de mille enchantements et sortilèges. Dans l'esprit de la plupart des spectateurs, un dessin animé reste un aimable divertissement essentiellement destiné aux enfants et que le public adulte apprécie, au mieux, parce qu'il retrouve son âme d'enfant ou, a pire, parce qu'il s'amuse de l'enthousiasme des plus petits. Mais chez Miyazaki 


Une fable universelle où chacun pourra se reconnaître
En 2002, le réalisateur nippon propose un conte écologique, une légende intemporelle à l'adresse de ses contemporains, "Le Voyage de Chihiro" est avant tout l'odyssée intérieure d'une petite fille qui surmonte ses peurs pour grandir et, confrontée à un monde entre songes et cauchemars, qui apprend à le décrypter afin, peut-être, de pouvoir le transformer un jour. Un sujet qui se transpose encore pleinement 18 ans plus tard.

Découvrez la critique du film au moment de sa sortie en salle 


Un conte merveilleux
Hayao Miyazaki a un sens de la narration incroyable. "Le Château dans le ciel" pose un suspense qui reste intact jusqu'au dernières minutes. Il n'y a pas de temps mort : Miyasaki alterne moments trépidants (avec toute une panoplie de cocasseries et de personnages délirants), et des moments plus contemplatifs, où on se laisse émerveiller par des dessins magnifiques, évoquant des lieux magiques, des sentiments profonds. Tout cela pour illustrer un thème central : la puissance régénératrice de la nature face aux dangers de la technologie.




Un monde extraordinaire
L'univers de Miyazaki est un peu celui du roman d'apprentissage : ses héros, enfants ou adolescents, vivent soudain une parenthèse insoupçonnée dans leur vie tranquille. Cette expérience, qui s'apparente bien souvent à une accession à la maturité, ne rime pas pour autant avec l'abandon des rêves et de l'insouciance. C'est tout à fait évident avec "Kiki la petite sorcière", petite sorcière de 13 ans qui doit quitter ses parents pour découvrir le monde par ses propres moyens pendant un an.
Le rêve prend vie sous le pinceau de Miyazaki

On retrouve l’empreinte de Miyazaki dans sa manière unique de peindre la Nature : les paysages fourmillent de mille et un petits détails (comme le lierre qui grimpe le long du manoir), les couleurs fantastiques inimitables semblent investies d’un pouvoir magique comme si le merveilleux prenait d’un seul coup l’ascendant sur le réel, les plantes irradient d’un vert fabuleux et semblent dotées d’un supplément d’âme.




Une oeuvre sans manichéisme
"Le Château ambulant" évoque ce moment fragile et précieux où la vie d'une adolescente bascule dans l'âge adulte à travers l'histoire extraordinaire, au sens littéral du terme, de la jeune Sophie, âgée de 18 ans, qui va affronter l'adversité et découvrir les horreurs de la guerre avant de goûter aux délices de l'amour.

Cette magie qui rôde dans le conte du "Château ambulant" ressort dans les animations. C'est un long métrage magique. Lorsqu'on le regarde, on s'évade forcément dans l'imagination débordante du réalisateur. Même si, au départ, on ne comprend pas tout dans l'histoire, et qu'il faille parfois y revenir, on ne peut être insensible au charme de sa réalisation.
Une authentique splendeur visuelle au rythme trépidant mais truffée d'incises poétiques

Lorsqu'au milieu des adultes, on continue à s'émerveiller de petites choses qu'eux ne voient plus, on a atteint cet état vers lequel tend tout le cinéma de Miyazaki. Est-il besoin de rappeler, enfin, qu'on ne trouvera ici aucune trace du manichéisme qui traverse encore bon nombre de films d'animation occidentaux ? C'est une des qualités fondamentales de l'univers de Miyazaki.

Tout l'univers de Hayao Miyazaki se trouve dans "Le Château ambulant" qui parle d'amour, d'honneur, de joie, de peine… En clair, on parle d'humanité. Voir ce qui est bien et mal, et savoir comment faire les bons choix. Les bons, ce sont ceux que ton cœur te dicte !



Un récit à taille humaine
Hayo Miyasaki c'est l'innocence, la magie, l'univers et la surprise du Japon, de l'action et du rire. C'est du rêve, de l'enfance, des convictions, et souvent, une musique extraordinaire. Dans "Le vent se lève", il nous transmet son obsession pour les avions, ces engins, véritable incarnation de ses désirs les plus fous, personnifiés, partie intégrante du récit et de ses parties. Tels des pionniers, des aventuriers et des explorateurs, leurs créateurs sont hissés au statut de génie et de meneurs, réussissant également à être immaculés de défauts, dans leurs actions, leurs idéaux et leurs vies. Leurs échecs ne sont qu'une étape dans leur évolution. Et bien "Le vent se lève" c'est ça. Ce besoin de célébrer le génie et une certaine forme de beauté… Au travers de structures métalliques, de plans, de vis, de moteurs et d'huiles.

Découvrez la critique du film au moment de sa sortie en salle 

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