23 juillet 2021
Netflix

Le Passager n° 4 : Dilemme de survie

Par Denis Dutronc

Les films dans l'espace auront connu une sérieuse résurgence depuis "Gravity", en 2013, signé Alfonso Cuarón. Après "Interstellar", "Ad Astra", "First Man", "Seul sur Mars", c’est au tour du réalisateur brésilien Joe Penna, qui choisi comme pour son premier film ("Arctic", en  2018, avec Mads Mikkelsen), une histoire de survie dans des circonstances extrêmes.

Ici c’est une mission sur Mars qu’il déploie à un niveau émotionnel direct et intime. "Le Passager n°4" s’ouvre dans la capsule pendant le décollage à travers le tumulte du vol spatial et cette sensation que l'engin va exploser en éclats jusqu’à ce que le navire quitte l’emprise de l'atmosphère terrestre. Nous suivons les trois membres d’équipage envoyés par une société appelée Hypérion pour des recherches dans l’espoir de coloniser prochainement la planète rouge : Zoé (Anna Kendrick) un médecin débutant pour cette mission, Marina le commandant du navire joué par (Tony Colette) et David (Daniel Dae Kim) un botaniste.

Tout se passe à merveille après quelques heures, la nausée de David s’est atténuée, Marina a vérifié le panneau en laine et les éléments de sécurité, et Zoé a visité la plateforme d’observation pour voir sa planète natale qui devient lentement à un point bleu pâle. Pour une raison quelconque un homme a été caché dans un compartiment. Il tombe du plafond au dessus du commandant. Son nom est Michael Adams (Shamier Anderson) le 4ème passager. Personne ne semble savoir comment il s’est embarqué, personne ne semble savoir comment il a survécu au décollage et au vol, enfin, personne ne semble savoir quoi faire de lui.

 

Un Huis-clos spatial

Le traitement du film est minimaliste, non seulement visuel, mais aussi avec sa complexité de personnages et son drame latent. Le personnage d’Anderson a peut-être endommagé les systèmes de survie pendant sa chute. Ainsi, l'équipage, n'a pas assez d'oxygène pour que toutes les personnes à bord puissent se rendre à destination. Cruel dilemme pour cette équipe spatiale soudainement confrontée à un passager clandestin.

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Toni Collette - Copyright Stowaway Productions, LLC, Augenschein Filmproduktion GmbH, RISE Filmproduktion GmbH
Dans ce cadre, Joe Penna a apparemment décidé que son deuxième film amplifierait la désolation, choisissant la seule option plausible. Ce 4ème passager se révèle être la personne la plus gentille que l'on puisse imaginer. Le dilemme central pour les scénaristes du film, Joe Penna et Ryan Morrison, est de savoir comment rendre ces astronautes vont faire face à une situation qui peut potentiellement faire ressortir le meilleur ou le pire de l’humanité.

 

Bon casting

Toni Colette joue le commandant avec gravité. Anna Kendrick, et son charme américain, interprète la gardienne de la conscience du groupe. Daniel Dae Kim, qui a sans doute le rôle le plus complexe, son biologiste, David, qui a passé des années à faire des recherches sur les algues et à l’intention de les cultiver sur Mars. Ainsi doit-il mettre le travail de toute une vie en jeu pour un étranger. Et, bonne surprise, pour l’acteur canadien, Shamier Anderson, qui déclenche par inadvertance une chaîne d’évènements qui met les 4 passagers du vaisseau spatial en grave danger.

Œuvre Mineure

"Le Passager n°4" souffrant cependant d'incohérences scénaristiques : la plus flagrante est celle de cet ingénieur qui se retrouve embarqué dans l’espace sans que personne sur Terre ne s’en soit rendu compte. Malheureusement, à chaque fois que la tension initiée par l'histoire devient intéressante et compliquée, le metteur en scène la remet en cause de la manière la plus évidente qui soit. Ainsi, "Le Passager n°4" s'avère-t--il finalement ni bon ni mauvais. Le fait que le spectateur en sache si peu sur ces personnages l'empêche de se sentir aussi investi émotionnellement qu'il devrait l'être face à un aussi tragique destin. En définitive, "Le Passager n°4" est éventuellement à voir même s'il ne révolutionnera pas le genre loin s'en faut...

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