23 octobre 2020
Netflix

Le Procès : Plongée dans un système judiciaire

Par Léa Delaplace


« La vérité n’existe pas, c’est une chose que l’on construit au procès » intrigante et insolvable définition que peint la série italienne "Le Procès", produite par la plateforme Netflix. La première saison sortie en 2019 nous offre huit épisodes : une série courte pour découvrir la judiciarisation d’une affaire… un peu trop personnelle.

C'est quoi cette série ?
Le meurtre d'une adolescente touche une procureure liée à la victime, un avocat qui cherche à faire avancer sa carrière et une suspecte qui clame son innocence.

Série terminée - 1 saison de 8 épisodes -Avec Vittoria Puccini, Francesco Scianna, Margherita Caviezel


Ruggiero Barone est avocat de la défense et demande l’acquittement de sa cliente, Linda Monaco. Elena Guerra, elle, est la substitute du procureur et cherche la vérité, quitte à se perdre dans sa vérité. L’affaire ? Le meurtre d’Angelica Petroni, jeune fille adoptée devenue prostituée assassinée lors d’une soirée mondaine. Après les premières accusations, un homme qui lui est intiment lié se suicide. Son épouse Linda est enfermée plus de dix mois derrière les barreaux, en attente d’un procès. Mais au-delà de l’enquête, Elena et Ruggiero voient leur travail se mélanger avec leurs vies personnelles, biaisant leur objectivité professionnelle.

Une dizaine d’audiences, des manipulations de témoins aux manières peu légales pour construire ou obtenir des preuves, "Le Procès" est un jeu hargneux et trépidant entre deux individus de lois mais aussi deux êtres de passion. Quand les secrets et les sentiments rentrent dans la cour d’audience, les recours n’ont plus de limites, exceptées celles d’affirmer sa propre vérité, au risque de se mordre la queue…

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Copyright Netflix

L’intrigue de la série n’est qu’un prétexte pour aborder des questions abyssales autour de l’institution judiciaire, mais tient en haleine le spectateur. Désireux de comprendre, chacun peut se prendre à chercher des coupables, avant d’être surpris par le véritable tueur.

Au-delà de l’histoire, l’accent est porté sur la notion de soupçon de culpabilité ainsi que sur la justice profitable à l’accusé en cas de doutes. Car là est l’élément central de ce procès : personne n’a rien vu, tout le monde détient une bribe de la vérité, mais aucune réelle preuve au compteur. Tout ne se joue qu’à des probabilités, des « je ne suis pas sur » que chaque camp prend un malin plaisir à manipuler. Faut-il alors condamner ou acquitter une accusée qui se dit innocente mais dont aucune preuve ne peut ni avérer ses dires ni affirmer le contraire ?

"Le Procès" interroge également le corps de la justice : les hommes qui la font vivre et leur rapport à celle-ci. Les personnages, dont les principaux que sont Elena Guerra et Ruggiero Barone remettent en question la neutralité du système judiciaire, tout autant que la horde de collègues les entourant.

"Le Procès" est une série qui mérite attention. Pour son petit nombre d’épisodes, elle propose une entrée directe et intense dans le système judiciaire pénal en dévoilant ses aspects les plus passionnés. Le procès d’un meurtre qui se révèle être aussi une quête de sens et de pardon pour ceux y prêtent serment.

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