20 novembre 2019
Netflix

Le Roi : Chalamet, impérial

La critique du film Le Roi

Par Victor Van De Kadsye


David Michôd revient sur Netflix avec "Le Roi". Décidément obstiné à s'éloigner des salles obscures, le cinéaste australien (radical au temps de "Animal Kingdom" et "The Rover") s'enlise dans des productions de plus en plus conventionnelles pour la plateforme Netflix. Si "Le Roi", biopic narrant la vie du roi Henri V, pêche par sa scolarité, il mérite intérêt pour son ton si crépusculaire et les performances inoubliables de ses comédiens.


On voit immédiatement ce qui intéresse Michôd dans l'histoire de ce roi. Le scénario, co-écrit avec son acteur fétiche Joel Edgerton, et adapté des œuvres de Shakespeare, s'inscrit dans la continuité de ses œuvres précédentes. Le Moyen-Age, représenté ici de façon crade et comme achevant son temps, ressemble aux cercles intimes et rugueux montrées dans ses films.

Henry est d'abord un Prince de Galles jeune, chétif et peu enclin à s'insérer dans la royauté. Un monde vu ici comme l'ordre déstabilisateur de la mafia dans "Animal Kingdom", il est d'ailleurs amusant de voir que c'est Ben Mendelsohn, éternel figure de salopard au cinéma qui se livre à jouer HenrI IV, agonisant dans son lit tout en restant impitoyable. Le choix de Chalamet, surprenant au début, s'avère parfait : peu destiné à être dans ce monde, sa transformation radicale va être ce qui portera le film avec efficacité.

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Robert Pattinson

Car, ensuite, une fois le monde de la royauté observée, Michôd envoie son héros en pleine guerre. Les champs de batailles rappellent le désert rugueux et cauchemardesque de "The Rover". Chalamet devient de plus en plus violent, hostile face à l'ennemi. Ce dernier montré tel un fou, joué par un Robert Pattinson démentiel avec son accent anglais mêlé à une approche de l'accent français risible mais savoureuse. C'est toutefois une page de l'histoire anglaise qui est racontée de façon trop schématique, mais qui se regarde passionnément par sa force brumeuse et violente.

Récit trop appliqué qu'est "Le Roi" et on aimerait retrouver le Michôd qui n'hésitait pas à nous perdre dans les méandres de la folie humaine. En revanche, il semble toujours bon à raconter des histoire efficacement et "le Roi" vous permettra en plus de voir une nouvelle facette de Timothée Chalamet en tant que jeune acteur.

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