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Le Serpent : La traque d’un tueur venimeux

Par Clara Lefèvre-Manond

Netflix et True Crime font décidément bon ménage. Après plusieurs séries et documentaires sur le sujet, la plateforme de streaming revient avec une mini-série mettant en scène celui que l’on appelait « Le Serpent ». Dans le rôle du tueur en série, Tahar Rahim, venimeux et méconnaissable.

C'est quoi cette série ?

L'histoire de l’escroc Charles Sobhraj et les tentatives remarquables du diplomate néerlandais Herman Knippenberg pour le traduire en justice. Se faisant passer pour un négociant en pierres précieuses, Charles Sobhraj, et sa compagne Marie-Andrée Leclerc, voyagent à travers la Thaïlande, le Népal et l’Inde entre 1975 et 1976, commettant sur leur passage une série de crimes sur le « Hippie Trail» asiatique.

1 saison - 8 épisodes - Avec Tahar Rahim, Jenna Coleman, Billy Howle

Pour cette série co-produite avec la BBC, Netflix s’intéresse au tueur-escroc, Charles Sobhraj. On nous relate l’histoire du « Serpent » et la remarquable traque du diplomate néerlandais, Herman Knippenberg, pour le traduire en justice. Se faisant passer pour un négociant de pierres précieuses, Charles Sobhraj et sa compagne, Marie-Andrée Leclerc, voyagent à travers l’Asie. Sur leur passage, ils laissent plusieurs victimes mortes et détroussées.

Une affaire à multiples têtes

La série "Le Serpent" met en scène Tahar Rahim (vu notamment dans "Joueurs" et "Gibraltar") dans le rôle de Charles Sobhraj et Jenna Coleman ("Doctor Who") qui incarne sa compagne et complice, Marie-Andrée Leclerc. Au début de la série, on retrouve le couple à Bangkok sous d’autres noms, Alain Gautier et Monique. Ils trompent les jeunes routards avec l’aide de l’homme de main de Sobhraj, Ajay, interprété par Amesh Edireweera. Avec la complicité de Monique et Ajay, Charles Sobhraj aka Alain Gautier attire ses futures victimes. À trois, ils empoissonnent, volent et tuent les jeunes hippies venus en vacances. De l’autre côté nous avons Herman Knippenberg (Billy Howle), sa compagne Angela et un couple de français, qui vont tout faire pour réussir à coincer Le Serpent et ses deux complices.

Dans son ensemble, on pourrait diviser la série en trois segments : les meurtres commis par Charles alias Alain, sa relation avec Marie-Andrée aka Monique, l’enquête menée par Knippenberg, le tout lié par de nombreux flashbacks. La série capture et restitue correctement les drames qui se sont joués et la façon dont le trio à continuer ses transgressions sans se faire attraper, pendant plusieurs mois, et ce dans différents pays. La traque menée par le diplomate néerlandais, nous fait rager tant, Sobhraj est un génie de l’évasion. Personnellement, j’aurais aimé voir une partie de procès, surtout lorsque l’on sait que Sobhraj s’est moqué du monde et a harangué les foules pendant l’audience. Tahar Rahim étant un très bon acteur, il aurait été intéressant de voir comment il aurait interprété le comportement du Serpent à cet instant précis.

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Jenna Coleman et Tahar Rahim - Copyright Netflix
Une narration qui manque de maîtrise

Même si la mini série est un régal, qui se dévore très vite, la manœuvre narrative pêche un peu. Les flashbacks viennent parfois casser le rythme et sont peut-être trop nombreux. Un moment d’inattention et on ne sait plus à quel moment nous nous trouvons, car nous n’avons pas vu le panneau d’indication temporel. Toutefois, à la décharge des scénaristes, comment faire comprendre et dépeindre un personnage comme Sobhraj, lui qui est déjà connu du monde entier ? Ce qui était malin et plaisant au début (les allers-retours dans le temps) est devenu agaçant à la longue.

Tahar Rahim, un serpent très venimeux

Acteur récompensé pour "Un Prophète" de Jacques Audiard, Tahar Rahim est, dans ce rôle de tueur en série, métamorphosé. Il incarne avec brio le redoutable Charles Sobhraj, si bien qu’on en vient à le détester. Là réside toute la force du jeu d’acteur de Tahar Rahim. Gentil et charismatique une seconde et machiavélique à la suivante, le spectateur tombe aussi dans les filets du tueur. L’interprétation et la retranscription du comportement de Charles Sobhraj sont exécutées à la perfection par Tahar Rahim, qui est tout simplement bluffant.

Sa compagne, jouée par Jenna Coleman, brille aussi dans son rôle de victime/complice. Car le spectateur arrive à avoir de la pitié tout en la détestant pour son inaction et l’acceptation des crimes qui se produisent sous ses yeux. On comprend bien vite que Marie-Andrée n’est plus et que Monique est maître. Car, c’est à la demande de Sobhraj, qu’elle change d’identité (plusieurs fois). Perdue entre ce qu’elle est - Monique - et qui elle était - Marie-Andrée, elle dit même « Marie est terrifiée mais Monique doit rester calme ». Charles Sobhraj est aujourd’hui âgé de 77 ans et purge toujours sa peine au Népal. Marie-Andrée est décédée d’un cancer. Quant à Ajay Chowdhury, on ne l’a jamais revu.

Dans l’ensemble "Le Serpent" est un thriller assez addictif qui se dévore vite, mais que nous sommes contents d’avoir terminé. Si les acteurs sont solides dans l’interprétation, la narration, elle, pêche un peu. Ceci dit, cette mini-série ravira les passionnés de True Crime tous comme les simples curieux...

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