25 septembre 2020
Netflix

Le silence de la ville blanche : Téléfilm du dimanche

Par Léa Delaplace


"Le silence de la ville blanche", le long-métrage de Daniel Calparsoro, disponible sur Netflix depuis début mars, aurait de quoi s’élever vers le septième art mais restera, pour notre part, plus proche des téléfilms dominicaux. Retour sur une production qui avait de quoi, mais ne sera pas…

"Le silence de la ville blanche" commençait pourtant bien, avec une entrée directe et sans préavis dans une intrigue policière. Des meurtres en série de couple d’enfants, puis d’adolescents dont la disposition des corps est des plus surprenantes… et induit un tueur minutieux et réfléchi. On découvre dès les premières minutes sa technique d’assassinat. Le cœur du spectateur s’emballe et les oreilles se tordent. Désagréable, mais efficace pour intégrer le public à l’intrigue.

« Bon retour parmi nous », les personnages dont certains ont déjà des liens tiennent leur rôle. Malheureusement, les rencontres paraissent quelque peu inopinées, presque sorties du chapeau. Le profiler Unai, surnommé Kraken – sans qu’on finisse par savoir réellement pourquoi -, retrouve son poste au sein de la police de Vitoria-Gasteiz, ville espagnole. Une nouvelle supérieure dirige l’équipe : Alba. La relation entre les deux protagonistes se joue immédiatement sous tensions et finira en romance, brisant les codes de conscience. Un peu baveux, il faut le reconnaître. Les acteurs portent leurs personnages, parfois à bout de bras, et leurs jeux manquent parfois de vraisemblance comportementale… n’aidant pas à soutenir la crédibilité bancale du long-métrage.

La double intrigue, elle, avait de quoi nous surprendre et se faire remarquer. D’un côté, la résolution de doubles meurtres, organisés et intrigants, de l’autre, la vie privée du profiler qui se dessine au fil du film, et laisse supposer de douloureux secrets. Les premiers assassinats datent de 1999, et Unai, déjà en charge du dossier à l’époque, pensait avoir résolu l’affaire. En 2019, le soi-disant coupable est en prison, lui, le jumeau dénoncé par son propre frère. Cependant, les meurtres se reproduisent, laissant suspecter un complice ou un plagiat. L’enquête reprend. Le profiler semble se reprocher d’avoir échoué à arrêter les meurtres mais malheureusement pas d’avoir fait enfermer un innocent.

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Sa vie personnelle masque aussi des blessures, et les détails parsemés ci et là nous donnent de quoi réfléchir avant d’en avoir le récit. « Quand elle aura pourri, tu auras guéri », ses racines familiales dictent son rétablissement moral et physique. Encore une fois, la magie opère mais manque de tact pour nous convaincre.

"Le silence de la ville blanche" est adapté d’un roman issu d’une trilogie d’Eva Garcia Saenz de Urturi. Aucun doute que le livre doit être mieux mené que son adaptation. Le fond même de l’intrigue est historique et culturel, lui donnant puissance et intérêt. Le meurtrier tue par symbolisme, en suivant des rites, planifiant des lieux et respectant une chronologie liée à Adam et Ève. Croustillant mais malheureusement trop évaporé dans le long-métrage pour en garder un franc souvenir.

Pour une soirée divertissante, il est possible de se laisser tenter par "Le silence de la ville blanche", à condition de ne pas trop en attendre et de se prendre au jeu des acteurs et d’une intrigue… qui tiennent mal debout.

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