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Le Tigre Blanc : Une histoire d’ascension

Par Alexia Graziani


Ramin Bahrani fait son grand retour sur la plateforme Netflix. Après son épatant "99 Homes" qui a reçu un Grand Prix du Festival de Deauville en 2015, il revient avec "Le Tigre blanc", une adaptation du best-seller de l’Indien Aravind Adiga, publié en 2008.

Le film revient sur l’histoire de Balram (Adarsh Gourav), villageois sans le sou qui raconte, à la première personne, son incroyable ascension le projetant au statut d’entrepreneur prospère. Cette ascension, il ne la doit qu’à un seul évènement venu bousculer son existence : son embauche comme chauffeur d’un jeune couple d’Indiens fortunés (interprétés par Raj Yadav et Priyanka Chopra).

Une plongée dans la société indienne…

Dans son long métrage, Ramin Bahrani nous dévoile toutes les spécificités de cette culture que nous ne connaissons que vaguement. Au-delà de la diversité de divinités ou encore de la nourriture, le réalisateur dépeint un portrait alarmiste de l’Inde et notamment du système de castes, encore présent de nos jours.

Le fait d’utiliser un personnage très naïf pour illustrer ce jeu de domination est assez original. Se croyant devenu indispensable pour ses « maîtres », voire faire parti de leur famille, Balram va vite déchanter lorsque ceux-ci vont le sacrifier, après un accident de voiture, pour sauver leur peau.

Cela met assez bien en lumière l’éducation qu’ont ses jeunes hommes et femmes indiennes de ces villages démunis : ils sont nés pour servir un maître, ils sont nés pour être dominés par une caste supérieure.

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Priyanka Chopra Jonas, Rajkummar Rao et Adarsh Gourav - Copyright Netflix
… parsemée d’humour noir

Le Tigre blanc plaît aussi par le ton et notamment par l’utilisation de l’humour noir avec parcimonie. Le personnage principal n’hésite pas à se moquer de sa religion et de ses 36 millions de divinités dont il ne sait plus pour laquelle il doit prier ou encore lorsqu’il nous demande si tout se « passe comme ça dans notre pays » concernant la corruption des politiques.

Dans la continuité de ce ton, le réalisateur aime rappeler, à la fin du film, que celui-ci n’a rien à voir avec les classiques hindis de meurtre où le personnage principal à des remords. L’histoire de Balram a n’a rien à voir avec les autres récits, il a changé de camps et s’est évadé de sa cage.

Si l’on devait mettre le doigt sur un aspect négatif, ce serait peut-être la longueur du long-métrage (2 h 5). D’un côté, elle paraît nécessaire pour se plonger intégralement dans la société indienne et comprendre les tenants et aboutissants d’une culture qui ne nous est pas familière. De l’autre côté, on peut reprocher au film de s’essouffler vers la fin. On nous présente le grand final tout au long de l’histoire, mais il arrive un peu trop tard pour vraiment l’apprécier. Un compromis en termes de temps aurait pu être possible…

On peut ajouter que Le Tigre blanc fait partie des productions de Array, société de production dont l’objectif est de mettre en avant les réalisateurs de couleurs et les réalisatrices, encore trop souvent absents dans le monde cinématographique.

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