2 décembre 2020
Netflix

Les Sept de Chicago : Un procès rocambolesque

Par Clara Lefèvre-Manond

Initialement, "Les Sept de Chicago", mis en scène par Aaron Sorkin, devait sortir au cinéma. Toutefois, la crise sanitaire en a décidé autrement, et Paramount Pictures a vendu "Les Sept de Chicago" à Netflix. Pour son deuxième film en tant que réalisateur, Aaron Sorkin frappe fort et juste. Un casting grandiose, pour une oeuvre qui s’empare de l’Histoire d’un procès abracadabrantesque. Retour sur un long-métrage captivant.


Tout d'abord, il faut reconnaitre qu'il est difficile de ne pas frissonner ou de ne pas anticiper positivement à la lecture des noms sur l’affiche du film des "Sept de Chicago". Sacha Baron Cohen, Yahya Abdul-Mateen II, Joseph Gordon-Levitt, Michael Keaton, Eddie Redmayne, Jeremy Strong ou encore John Carroll Lynch. En bref, que du beau monde. Et autant dire, qu’ils nous le rendent bien. Et avec eux, difficile de ne pas être à cran et à fond pendant ce procès. Par exemple lorsque Bobby Seale (Yahya Abdul-Mateen II) multiplie les outrages à la Cour, ou lorsque Abbie Hoffman (Sacha Baron Cohen) prend la parole de manière intempestive au début du procès, nous, les spectateurs, sommes sur le qui-vive.

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Eddie Redmayne et Mark Raylance - Copyrights Netflix
On joue avec nos nerfs et ceux des personnages, on y mélange ton grave et humour noir. Parce que oui, il ne faut pas oublier que sous nos yeux se déroule des injustices criantes. La première étant que tous les accusés, n’ont rien fait de mal. Et la seconde est que, comme par hasard, le fondateur des Black Panthers se retrouve sur les bancs des accusés, uniquement parce qu’il était au mauvais endroit au mauvais moment. Mais surtout parce qu’il est noir. À noter qu’au début du film, il est le seul à être amené au tribunal depuis la prison. Sorkin sait parfaitement comment appuyer cette injustice, qui nous agace vite. Il confronte aussi ses personnages à leur doute et leur conviction. Ainsi, on peut voir un échange houleux entre Eddie Redmayne et Sacha Baron Cohen au début du film. Aaron Sorkin sait ce qu’il fait.


Un scénario qui assure
Les acteurs peuvent être bons, les décors grandioses, la photographie sublime, mais si le scénario ne suit pas derrière (ou devant puisqu’il est là avant tout), ça risque de se ressentir à l’écran et de rendre le film médiocre. Mais ici, ça ne risque pas d’être le cas. Aaron Sorkin est un scénariste phénoménal que ce soit au cinéma (The Social Network) ou à la télévision (À la Maison Blanche). Et cette fois-ci, il s’empare d’une histoire vraie avec justesse et brio. Dans les films historiques, il est parfois difficile de ne pas tomber dans le piège de l’exposé lourd et pompeux.

"Les Sept de Chicago" est sorti à pic pendant une période charnière des États-Unis. Et cela n’est probablement pas un hasard. Parce qu’au-delà des faits historiques, le film aborde les violences policières à l’égard des jeunes, des noirs, des intellectuels, des pacifistes… en bref tout ce qui ne rentre pas dans l’étiquette traditionnelle républicaine. Tout fait écho à l’establishment actuel. Qui sait, peut-être que "Les Sept de Chicago" aidera quelques centaines d’américains à choisir Biden (ou non) pour les élections.

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Jeremy Strong et Sacha Baron Cohen - Copyrights Netflix
Un film qui ne date pas d’hier
À l’origine, ce projet date d’il y a une quinzaine d’années, initié par Steven Spielberg avec Aaron Sorkin au scénario. En 2007, il se met alors au travail et précise qu’il veut sortit le film avant l’élection présidentielle de 2008. Des têtes d’affiches sont déjà programmées : Sacha Baron Cohen et Heath Ledger. Mais, manque de chance, les scénaristes se mettent en grève et le projet tombe à l’eau. Spielberg quitte complètement le navire et Ben Stiller est évoqué pour rendre le flambeau. Échec à nouveau. Fin 2018, Steven Spielberg remet le scénario sur la table, Aaron Sorkin se voit confier les commandes par le grand cinéaste, avec cette fois-ci comme objectif : sortir le film juste avant les élections présidentielles de 2020. Nouveau souffle pour le film et le scénario qui résonne fortement avec l’histoire aujourd’hui, 52 ans plus tard….



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