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Love, Death and Robots : Pas pour les enfants

Par Zoé Keunebroek

Le vendredi 14 mai 2021, est sortie sur Netflix la deuxième saison de "Love, Death and Robots", la série animée la plus jouissive de Netflix. Cette deuxième saison présente 8 courts-métrages en animation 2D ou 3D destinée aux moins jeunes.

C'est quoi cette série ?

Créatures terrifiantes, méchantes surprises et comédie noire convergent dans cette anthologie d'animation pour adultes présentée par Tim Miller et David Fincher.

2 saison (en cours) - 26 épisodes - Avec Charlotte Hervieux, Pierre Tessier, Paul Borne, Sylvie Jacob, Thierry Kazazian, Adrien Larmande, Philippe Vincent (voix françaises)

"Love, Death and Robots", c’est la série à montrer à ceux qui clament haut et fort que l’animation est un genre familial principalement destiné aux enfants. Au programme sexe, robots et sang (et aussi des chats). Le principe pour chaque saison : plusieurs courts-métrages d’animations par des réalisateurs différents au style unique. Si "Love, Death and Robots" prend le parti de l’animation pour des histoires de créatures terrifiantes, de film noir et de dystopie c’est surtout que le projet est porté par Tim Miller et David Fincher. Depuis 1981, les deux hommes avaient pour désir de faire un remake de "Métal Hurlant". Une suite d’histoires qui aurait dû mettre en scène les méfaits d’une sphère verte maléfique : le Loc-Nar,. "Métal Hurlant" avait grandement frappé par sa réalisation adulte pour un film d’animation nord-américain. Bien que le projet de remake ne verra jamais le jour, ils continueront de faire le tour des studios avec cette idée de série animée pour adulte. Jusqu’à ce qu’ils se tournent vers Netflix pour plus de liberté.

À la réalisation de la série, on retrouve des studios très différents tel Blur, un habitué des grosses productions comme "Scott Pilgrim", "Deadpool". Les studios Blur sont à l’origine du remaster de Sonic pour "Sonic", le film sorti en 2020. Dans la même catégorie, il y a aussi les studios Unit, habitué des grosses productions vidéoludiques telles "Death Stranding", "God of War" et "Call of Duty Infinite Warfare". On retrouve aussi les studios Pinkman TV, créés par Alberto Mielgo, studio qui aura participé à la création des effets spéciaux pour "Spiderman : New Generation". Ainsi, le style graphique des studios Pinkman est-il parfaitement retranscrit dans l’épisode 3 de la saison 1, "The Witness". Il y a aussi un petit français, le studio La Cachette créé par d’anciens étudiants de la prestigieuse école des Gobelins à Paris.

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Copyright Imdb

Même si certains épisodes comme "Les Trois Robots", "La Revanche du Yaourt" pour la première saison et "Le robot et la vieille dame" ou "Ice" pour la deuxième saison pourront être appréciés des plus jeunes, "Love, Death and Robots", c’est surtout des sujets complexes et adultes. L’importance croissante des robots et des intelligences artificielles sur notre société est vraiment au cœur de la série avec "Des fermiers équipés", "Bonne chasse", "L’œuvre de Zima", "Lucky 13", "Le robot et la vieille dame" ou "Snow et le désert". Le thème de l’écologie est aussi central avec "Les Esprits de la nuit", un court-métrage très proche du style graphique et de la morale d’un Ghibli, "La Décharge" dans lequel Dave l’Affreux refuse de laisser la ville prendre son domaine ou même "Les Trois Robots" qui, après une apocalypse ayant détruit la planète, découvrent une ville anéantie envahie par les chats.

Les amateurs de monde parallèle, de voyages spatiaux trouveront aussi leur bonheur dans cette série. Les thèmes de l’espace et des mondes alternatifs sont omniprésents dans la série. Vous pourrez regarder l’absurde "L’âge de glace" ou un couple découvre une civilisation perdue qui a élu domicile dans un frigo, Derrière la faille où un vaisseau spatial à la dérive doit retrouver sa trajectoire originelle ou "Snow et le désert" qui raconte l’histoire de chasseur de prime sur une planète déserte. De même, ce qui est très présent dans "Love, Death and Robots" ce sont les dystopies. "Groupe d’Intervention" raconte comment un homme chargé de réduire la surpopulation dans un monde où l’on a découvert la solution de l’immortalité est confronté aux conséquences de son travail. "Ice" développe l’histoire d’humains génétiquement modifiés qui doivent s’adapter à leur nouvelle vie loin de la Terre et "Bonne Chasse" est une satire de la prise du monde moderne sur les traditions.

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Copyright Netflix

En plus d’univers parfois complexes que les plus jeunes pourraient ne pas comprendre. "Love, Deaths and Robots" est clair sur un point : l’animation n’est pas ici destinée aux enfants. Des meurtres, des scènes de sexe (consenties ou non), des scènes de mutilation et d’apocalypse sont montrées avec plus ou moins de subtilité. Même certains adultes pourraient se retrouver choqués et perturbés par de l’animation pas toujours réaliste, mais qui vous prend aux tripes à coup sûr. À ce niveau-là, "Un vieux démon", "Bonne chasse", "L’œuvre de Zima" ou "La Surprise de Noël" sont déconseillés aux âmes sensibles. Notons aussi que, en plus d’histoires très différentes, les styles d’animations sont très variés. On retrouve de l’animation 2D aux formes simples dans "L’œuvre de Zima", de la 3D ultra réaliste dans "Groupe d’Intervention", de l’animation inspirée du style coréen (et un brin Steampunk) dans "Bonne Chasse" et des décors ultras époustouflants dans "Le Témoin". Vous trouverez forcément un style d’animation qui ravira vos yeux.

Ce que l’on peut tout de même reprocher à "Love, Death Robots", c’est le manque d’unité entre les deux saisons. La première est composée 18 épisodes, tandis que la deuxième n’en compte que 8. De même, les durées des épisodes peuvent être très relatives allant de près de 20 min pour "The Witness" à 6 petites minutes pour "La Revanche du Yaourt". Les épisodes étant réalisés par des studios et des réalisateurs différents (qui ont eu une liberté totale de la part Netflix) font que la qualité des histoires est variable. Même si le scénariste Philip Gelatt est à la barre pour la majorité des 26 épisodes, on ressent une différence d’investissement entre certains court-métrage.

Un dernier problème qui se pose avec les courts métrages, c’est qu’on a souvent envie d’en connaître plus sur les univers mis en place. Comment en est-on arrivé là ? Que se passe-t-il ensuite ? Beaucoup de questions sont laissées sans réponse. C’est toute la magie et la frustration des courts-métrages. Malgré cela, Love Deaths and Robots reste une excellente série animée que l’on peut regarder ou re-regarder sans modération dès lors qu’on est devenu grand.

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