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Malcolm & Marie : Captivant

Par Lou Ballenghien


En rentrant de la projection de l’avant-première de son dernier film, Malcolm, le cinéaste, rentre chez lui avec sa petite amie Marie. Alors qu’il épilogue longuement sur le succès certain, selon lui, qu’il rencontrera, la soirée tourne vite au vinaigre.

Pendant la pandémie, l’équipe de « Malcolm & Marie » est composée de douze personnes. Face à la caméra, deux personnages seulement : Malcolm (John David Washington) et Marie (Zendaya). Ce duo brillant nous révèle alors des performances grandioses, sans lesquelles le film aurait un bien moindre impact. Ayant déjà dirigé Zendaya pendant « Euphoria », Sam Levinson parvient une nouvelle fois à faire éclater son talent aux yeux du grand public. Quant à John David Washington, s’il offre un jeu plutôt caricatural aux premiers abords, il parvient à cerner le personnage avec le temps et à lui donner ainsi beaucoup plus de nuances.

Unité de temps et de lieu

L’histoire se déroule à huis clos et sans ellipse. Les plans en noir et blanc restent minimalistes et agréables à regarder. Très épurés, ils donnent un aspect théâtral, nous permettant plus facilement de saisir l’intensité des personnages. Les deux acteurs interprètent donc ce couple, en passe d’imploser, qui se lance dans un grand nombre d’altercations déchirantes, chacun prenant l’ascendant l’un sur l’autre à tour de rôle. La violence et la puissance de cet échange ne peuvent nous laisser indemnes.

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Zendaya et John David Washington - Copyright Dominic Miller/Netflix

Revenant sur le passé respectif de chacun, le dialogue ne cesse de rebondir, et on se rend bien vite compte que le problème qui les lie est bien plus profond qu’on ne le pense au début.

Réflexion sur la création

Si l’intrigue du couple perturbé n’est pas une nouveauté (déjà vue dans « Marriage Story » en 2019, par exemple), « Malcolm & Marie » se détache néanmoins légèrement de ce thème. À travers ce qui apparaît comme une dispute de couple, les acteurs semblent agir en tant que porte-parole du réalisateur. On assiste notamment à un raisonnement sur la prise de position des films : il faudrait détacher l’identité sociale de l’auteur de son œuvre et éviter de trouver là-dedans un quelconque message politique à faire passer. Ironiquement, Malcolm s’attaque aussi à la notion du « male gaze », qu’on retrouve pourtant précisément dans le film. Si certains points sont intéressants, l’impression est telle que Sam Levinson a mal digéré une ancienne critique et qu’il vient ici livrer bataille par le biais de ses personnages.

Un film qui vaut tout de même le détour, ne serait-ce que pour le casting, les images et la bande-originale, absolument sublimes.

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