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Massacre à la tronçonneuse : Leatherface is alive

Par Yann Vichery

Dans la galaxie des slashers, entre Michael Myers, Freddy Krueger et Jason Voohrees, il y a Leatherface (faisant partie, selon les films, de la famille Slaughter, de celle des Sawyer ou des Heywit). « Aimant » se fabriquer des visages à partir de la peau de ses victimes. Et, accessoirement, tronçonner à tout va ce qui passe près de la propriété de sa famille.

8 films intitulés "Massacre à la tronçonneuse", tous à la gloire de ce tueur, ont déjà vu le jour. Le tout avec plus ou moins de succès mais aussi de talent. Le 9ème film (sorti directement sur Netflix) était attendu par les nombreux fan de cette saga. Au final, une simple question se pose alors face à cette nouvelle version : Leatherface fait il encore peur ?

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Copyright : Netflix
Aux origines du massacre

Il y a, à la base, un scénario signé Kim Henkel et Tobe Hooper ("Le crocodile de la mort", "Massacres dans le train fantôme"). Il est basé, selon la légende parfois démenti par les intéressés, sur le cas Ed Gein. Ce dernier fut un tueur cannibale dans les années 60. C'est pourquoi, "Massacre à la tronçonneuse", le film réalisé par Tobe Hooper, en 1974, est un véritable chef d’oeuvre de terreur absolue. Un film sur lequel tout a été dit, écrit, fantasmé voire exagéré (notamment les litres de sang et les membres tronçonnés que n’aura jamais filmé Hooper en définitive).

Expérience traumatisante sonore et visuelle, l’apparition de Leatherface allait placer très haute la barre des tueurs légendaires au cinéma. Le film, son tournage, son exploitation dans le monde (les nombreux problèmes avec la censure et le rejet pur et simple des critiques ne comprenant pas comment un tel film pouvait exister) et son influence sur le cinéma d’horreur allait en faire une référence insurpassable maintes fois copiées, plagiées avec plus ou moins de talent (mais vidées de toute la substance qui faisait du film de Hooper une critique de l’Amérique en perdition post Viêt-Nam).

En fin de compte, Leatherface allait-il donc revenir dans 7 autres films jusqu’en 2017. Hooper réalisera d’ailleurs la première suite. Une oeuvre complètement « badass » dans laquelle apparaissait un Leatherface assez délirant voire marrant. En outre, après des opus 3 et 4 qui sentaient plus la série B mal fagotée que le bon film d’horreur, la franchise allait connaitre une belle renaissance en 2003. Grâce notamment à Michael Bay qui produisit un honnête remake dans lequel terreur et gore) seraient enfin pris au sérieux. En raison d'un Leatherface plus réel et « tronçonnant » que jamais.

Les 3 derniers opus auront suivi la même piste du gore. D'abord, en se reconnaissant être un préquel du remake de 2003 (appelé "Le commencement). Puis, une suite de l’original de 1974 tournée en 3D ("Texas Chainsaw Massacre"). Enfin, un préquel de l’original de 74 (intitulé "Leatherface"). Vous suivez toujours ? Bref, 43 ans après sa naissance, la franchise n’en finit-elle pas de renaitre de ses cendres.

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Copyright : Netflix
Massacre à la tronçonneuse version Netflix

La franchise "Massacre à la tronçonneuse" suit donc son temps. Dans ce cadre, le nouveau film réalisé par David Blue Garcia se présente-t-il comme la suite directe de l’original de Tobe Hooper. Il faut donc encore oublier les sept précédents films et repartir de 1974. A la différence de "Texas Chainsaw 3D" (qui se voulait lui aussi la suite du film de Hooper), la chronologie tient ici à peu près debout en terme d’âge des deux personnages qui font la transition dans le film (à savoir Sally Hardesty et Leatherface). En effet, l’histoire contée ici prend place 48 ans plus tard.

De prime abord, on avait tout à craindre de ce nouvel opus. Car nombreux ont été changements opérés sur le tournage (dont l’évincement des réalisateurs et l’arrivée de Fede Alvarez, déjà responsable déjà du remake de "Evil Dead"). Finalement, le résultat n’est-il pas la catastrophe annoncée. Toutefois, Tobe Hooper peut reposer en paix. Son chef d’oeuvre ne sera pas détrôné. Le tournant pris par le film est même plutôt étonnant. Pourtant, certains pourront le trouver à côté de la plaque. Sally Hardesty (seule survivante de la nuit de cauchemar de 74) est devenue Texas Ranger. Elle vit dans l’obsession de retrouver Leatherface. Ce dernier vit seul comme un américain moyen jusqu’à ce qu’un groupe de jeunes gens arrive. Ils ont pour ambition de s’approprier la petite ville semi-abandonnée. Dans quel but ? Pour y développer restos, galeries d’arts et magasins en espérant que d’autres, séduits par le projet, les rejoignent.

"Massacre à la tronçonneuse", version 2022, est l’antithèse des autres films dans lesquels on prenait faits et causes pour les victimes. Ici, le film est inversé. On n'a qu’une seule envie : que Leatherface les tronçonne tous ! Ce qu’il fera, rassurez-vous, avec plaisir, sans avoir perdu, malgré le poids des années, son professionnalisme tranchant. Dans cette version réactualisée, deux mondes s’opposent : le Texas Red Neck rural contre et le capitalisme arriviste. Aussi, la confrontation avec Leatherface était-elle inévitable. Il n’y va pas avec le dos de la cuillère le bon Leatherface ! C’est ce que demande le fan de gore. Un solide massacre dans les règles de l'art. Vous serez servi de ce côté. Il est à noter que le contexte du film reste cependant intéressant notamment dans le rapport entre les armes en vente libre et les fusillades dans les écoles. Voilà qui questionne toujours autant.

Au final, "Massacre à la tronçonneuse" se laisse-t-il voir sans ennui. Certes, il ne révolutionne nullement la franchise. Il se contente plutôt de son statut de slasher assumé (avec une pointe d’idées et de décalage plutôt sympa). Domine alors la sensation que Leatherface est bien devenu une icône au côté des tueurs de Haddonfield, de Elm Street et de Crystal Lake dont on attend un futur nouveau retour...

PS : tout amateur de la franchise « Texas Chainsaw Massacre » se doit de lire le livre-somme de Julien Séveon (publiées aux éditions Cinexploitation). Ouvrages dans lesquels il revient de fond en comble sur les 8 films de la saga. Le tout avec un sacré talent.

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