21 janvier 2021
Netflix

Minuit dans l’univers : De l’ennui

Par Clara Lefèvre-Manond

Pour le septième long-métrage qu’il réalise et produit, "Minuit dans l'univers", George Clooney incarne un homme rongé par un cancer qui tente de sauver notre civilisation dans un univers apocalyptique. Un film que l’on regarde sans déplaisir, mais qui ne nous transcende pas voire qui nous ennuie quelque peu.

On nous le répète à longueur de temps, et s’il était trop tard pour la fin du monde ? Et si nous ne pouvions pas sauver la planète ? Depuis combien de temps on nous raconte cette histoire à travers des films, des livres ? Cinq, dix, quinze, trente ans ? Qu’importe, c’est un bon terreau pour une bonne histoire. Mais le souci ici, c’est que même si c’est George Clooney qui exploite cette idée…. Et bien elle reste usée jusqu’à la corde, déjà bien trop vue. "Minuit dans l’univers" reste un film banal où la fin est bien trop prévisible.


Une épopée entre la SF et la survie
Entre les vents violents, les animaux qui décèdent - en somme une apocalypse - et notre scientifique extrêmement malade et seul avec une gamine en plein pôle Nord, le spectateur est plongé entre un univers de science-fiction et un mode survival.

Le genre SF est caractérisé par les événements auxquels font face les astronautes à bord du vaisseau qui était parti trouver une autre planète refuge, mais aussi par la tempête terrestre où est Augustine Lofthouse (Clooney). Le mode survival est activé par le biais de la lutte d’Augustine contre son cancer : il souffre, tousse,… mais aussi par son voyage dans une zone gelée et sinistrée. Puisque le scientifique doit quitter son observatoire pour une station météorologique, où les communications sont toujours actives et non endommagées par la tempête extérieure.

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George Clooney et Caoilinn Springall - Copyright Philippe Antonello/Netflix
Qui pilote ce vaisseau ?
"Minuit dans l’univers" se déroule dans deux lieux différents. Sur Terre, là où se trouve Augustine. Et dans l’espace, là où se trouve le vaisseau et les cinq membres de l’équipage. Le film alterne donc les séquences dans l’Espace et les séquences au pôle Nord. Le tout entrecoupé de flashbacks dont leur utilité ne sera révélée qu’à la fin (enfin ça dépend pour qui, ici, en 5 minutes, on avait déjà compris).

Au final ce méli-mélo rend le film inconsistant. Entre le pôle Nord aux airs de "The Revenant", et l’Espace qui n’est autre que celui de "Interstellar" ou de "Gravity", aucune étincelle de ce point de vue là. En fait, on se demande qui dirige ce film ? Où est la logique ? Qui pilote le scénario ? Les séquences s’enchaînent, se suivent, mais rien ne nous émoustille, on glisse sans plaisir d’une scène à une autre.

Aussi, comme l’indique un peu le titre du film, on ne voit jamais le jour. Il fait nuit sur Terre et dans l’Espace… et bien c’est l’Espace. Un élément qui peut perturber les téléspectateurs. Du coup on se demande s’il est vraiment minuit ou si c’est seulement parce que le jour n’a pas été filmé ?


Heureusement qu’il y a George Clooney
Si tous les personnages du film sont insipides, Augustine est le seul avec de la profondeur. Et surtout, le seul interprété par un bon acteur. George Clooney sauve la mise. Il est convaincant. Toutefois, ce n’est pas sa meilleure prestation. Le reste du casting est plat et n’importe rien de plus au long-métrage. Si le twist final était prévisible à souhait, il confère un peu d’émotion, mais clôture le film de manière peu satisfaisante.

En bref, "Minuit dans l’univers" est un film qui se laisse regarder. Il ne se passe rien d’exceptionnel, du moins rien de nouveau. C’est un long-métrage supplémentaire concernant la fin du monde et l’Espace. On ne glisse pas dans le déplaisir total. Cependant, il n’apporte rien, à part nous occuper pendant deux heures...

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