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Penguin Bloom : La pie enchanteresse

Par Alexandre Duquesne


Lorsque l’on découvre « le pitch » de "Penguin Bloom", il nous vient à l’esprit une référence presque incontournable : Intouchables (2011). Souvenez-vous, ce film où François Cluzet (en fauteuil roulant) et Omar Sy apprennent à se découvrir mutuellement… Au fond, Intouchable fut un choc des mondes, propice à toutes les péripéties scénaristiques et taillé sur mesure pour un succès mondial.

Si le thème central (la vie d’une personne ayant perdu l’usage de ses jambes) est strictement le même, "Penguin Bloom" ne présente finalement que très peu de points en commun avec "Intouchables". "Penguin Bloom" partage un même sujet cinématographique pour deux ADN bien distincts.

L’une de ces premières différences notables concerne la phase d’accroche. Dans le film d'Olivier Nakache et Eric Toledano, François Cluzet est un aristocrate célibataire qui recrute Omar Sy comme aide de vie, en quelque sorte. Dans "Penguin Bloom", nous avons affaire à une famille nombreuse et aisée qui vit le drame d’une mère soudainement confrontée à la perte de ses jambes. Voilà qui écarte d’emblée un remake qui aurait eu de grandes chances d’être « mal fagoté » !

Autre bouffée d’air frais à cette œuvre qui la différencie du film avec Omar Sy, la venue d’une pie recueillie par la petite famille. Sans vouloir spoiler outre mesure, ce volatile sera une source de gaieté assez inattendue dans l’univers des Blooms, cette petite famille touchée de plein fouet par le drame de leur mère.

À ce stade, ces deux particularités ôtent déjà une bonne partie de l’envie d’opérer des comparatifs entre ces deux œuvres. Il demeure quand même un tout dernier aspect commun, mais il est ténu : l’approche psychologique.

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Naomi Watts et Andrew Lincoln -Copyright Joel Pratley / Netflix
La résurrection progressive d’une femme brisée par son handicap

 "Intouchables" avait effleuré le prisme psychologique, Penguin Bloom approfondit ce domaine. Car, outre la douleur physique, le traumatisme de la perte de l’usage de ses jambes a aussi (et vous vous en doutez) de fortes répercussions sur le psychisme.

Perte de repères, manque d’autonomie, sentiment d’inutilité, dissociation du corps et de l’esprit, autant de difficultés d’adaptation à cette nouvelle situation imposée… Lorsque l’on a été une grande sportive, fan de surf, et mère de famille de surcroît, imaginez les tourments que vous devez traverser !

"Penguin Bloom" nous montre ces difficultés sans fard, et c’est sans nul doute ce qui façonne une bonne partie de son charme, outre la beauté des côtes australiennes dévoilée à tout bout de champ.

La vision d’une famille soudée plus que tout

La magie du couple Naomi Watts et Andrew Lincoln achève ce tableau d’union dans l’adversité des événements. Comme beaucoup de monde, je connaissais Andrew Lincoln de la série "The Walking Dead", et il faut croire qu’il a bien d’autres cordes d’interprétation à son arc.

D’aucuns critiqueraient sans doute le luxe dans lequel vit cette personne handicapée et la chance qu’elle possède de vivre dans un environnement aussi agréable… mais le fait que ce drame soit tiré d’une histoire vraie renforce, quoi que l’on puisse en penser, cette conviction que tout est toujours possible avec autant de soutien et de volonté.

"Penguin Bloom" ne pourra sans doute pas connaître le succès de "Intouchables", mais il fait partie de ces films qu’il fait bon visionner comme autant de fenêtres ouvertes sur des mondes inconnus.

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