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Qui a tué Sara : Suspense haletant à la sauce mexicaine

Par Emmanuel Francq

On pense que les meilleures séries sont américaines. Détrompez-vous car le Mexique n’a rien à leur envier. Si le postulat de départ peut vous laisser froid (encore une énième histoire de vengeance), « Qui a tué Sara » dispose pourtant de plusieurs atouts pour vous séduire.

C'est quoi cette série ?

Après 18 ans de prison, Álex se venge de la famille Lazcano qui l'a accusé à tort du meurtre de sa sœur Sara pour sauver sa réputation.

2 saisons - 10 épisodes - Avec Manolo CardonaCarolina MirandaGinés García Millán

Tout commence par une journée ensoleillée sur un lac. Un groupe d’adolescents (4 gars, une fille) fait du bateau et boit. La jeune Sara décide de faire du parachute ascensionnel et le drame se produit (on vous laisse la surprise). Très vite, César Lazcano, père de Rodolfo et José Maria, deux des garçons sur le bateau, convainc le jeune Alex de faire de la prison à la place de ses fils. Il n’écopera que d’une peine légère pour le « meurtre » de sa sœur Sara. Mais les dés sont pipés et le voilà condamné à 30 ans. En prison, il apprend à utiliser le Dark web, préparant méthodiquement et froidement sa vengeance.

Hitchcock n’est pas mort

Bon, jusque-là, vous nous direz qu’il n’y a rien d’original et qu’on retrouve les vieilles ficelles du faux coupable qui « casque » pour les nantis. Netflix nous avait déjà proposé quelque chose de similaire voici quelques mois avec la très bonne « White Lines » par le créateur de « La casa de Papel ». Quand on voit « Qui a tué Sara » (en vo : Quién a mato a Sara ?), on se dit même qu’il y a du « Comte de Monte Christo » mélangé à du « Casa de Papel » (personnages haut en couleurs, tensions dramatique, rebondissements). Mais à y regarder de plus près, la série mexicaine déroule un scénario machiavélique assez bien troussé.

Tout d’abord, on se demande ce qui se passe. Ensuite, on se dit : « Ah mais oui il va faire ça ensuite. » Et puis non, pas du tout. Au début, on peut avoir du mal à trouver Alex sympathique, le protagoniste principal, à la fois narcissique et obsédé par sa vengeance. Il nous paraît bien maladroit, menaçant directement la famille Lazcano sur un grand écran. Tout cela donne l’impression d’aller trop vite. Oui mais voilà, la série exploite le suspense à la Hitchcock tout en le mélangeant avec des ingrédients de « telenovelas » où trahison, mensonges et secrets s’entrechoquent à notre grande surprise.

La série multiplie les fausses pistes au travers d’habiles flashbacks où on en apprend plus sur les personnages. Tout y est question de faux-semblants : Alex, Sara, José Maria, Rodolfo ont une deuxième, voire troisième visage caché. Par contre, le grand méchant, à la JR de « Dallas », est bien le patriarche César dont l’ombre menaçante plane sur toute la série. On a hâte de le voir déguster, c’est dire.

Labyrinthe sous forme de puzzle machiavélique

Lentement mais sûrement, « Qui a tué Sara » nous propose un puzzle dont les pièces, dans un premier temps, ne s’emboîtent pas forcément les unes dans les autres et pour cause : les secrets et trahisons viennent agrémenter les questions qu’on se pose sur la vérité. Car ce n’est pas la vengeance au final qui importe ici mais la découverte de l’horrible vérité où personne n’est aussi propre qu’il veut le faire croire.

Particulièrement bien filmée, éclairée et interprétée, « Qui a tué Sara » n’évite pas quelques clichés (la famille de riches infâmes, le côté « bigger than life » des émotions) et invraisemblances (le QG d’Alex où il reste après une attaque brutale et dos à la fenêtre en plus). Mais on lui pardonnera ces quelques détails finalement sans grande importance car son montage nerveux et sa tension allant crescendo retiennent notre souffle jusqu’au bout.

Hélas et ce n’est pas spoiler, il nous faudra attendra la 2ème saison car on ne saura pas qui a tué Sara au terme de cette première salve. Au départ, le déroulé nous laisse croire à une minisérie bouclée en 10 épisodes. Ce n’est pas le cas. Espérons que la saison 2, programmée le 19 mai sur Netflix, sera à la hauteur de la première qui nous semble avoir déjà révélé toutes ses cartes. Comme on a été agréablement surpris jusqu’ici, ne préjugeons pas de la suite. Si vous aimez les thrillers bien menés, c’est à découvrir sans tarder.

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