26 novembre 2020
Netflix

Stateless : Un bouleversant drame australien

Par Clara Lefèvre-Manond

Lancée en mars 2020 sur la chaîne ABC Australie, la série "Stateless" a fait son entrée dans le catalogue Netflix le 8 juillet 2020. Inspirée d’une terrible histoire vraie, "Stateless" est une mini-série qui vient s’attaquer à la politique d’immigration australienne via le parcours de quatre personnages. Co-créée par Cate Blanchett, que vaut cette série dramatique australienne ?

C'est quoi cette série ?

Quatre étrangers se retrouvent prisonniers dans un centre de détention pour immigrés en Australie. À travers chaque personnage et leur histoire, on découvre les contradictions de la protection et du contrôle des frontières.

Saison 1 - 6 épisodes - Avec Yvonne StrahovskiJai CourtneyAsher Keddie
Inspirée de faits réels

C’est une histoire qui a secoué l’Australie toute entière. En 2004, une jeune Allemande, résidente permanente australienne, est retrouvée en train de croupir dans un centre de rétention pour migrants dans le sud du pays. Elle souffre à ce stade, de troubles mentaux… L’affaire Cornelia Rau défraye la chronique, le public est indigné, et une enquête du gouvernement sur le système d’immigration est enclenchée dans la foulée. C’est un des faits qui a inspiré "Stateless". Mais ce n’est pas le seul. La série analyse aussi le comportement du pays, s’étant retrouvé plusieurs fois dans le viseur des défenseurs des Droits de l’Homme. La politique ferme sur les migrants, fait parler d’elle, et "Stateless" croise plusieurs destins pour dépeindre au mieux l’écosystème de cette situation atroce.

Lumière sur une dure réalité

La mini-série "Stateless" est un coup-de-poing, est dresse un état des lieux réaliste et glaçant sur les conditions de traitement des migrants en Australie. Au-delà des émotions véhiculées, la série aborde le sujet sous un angle à 360 degrés. "Stateless" ne reste pas en surface et adopte tous les points de vue des parties prenantes. La série concilie à merveille le sort des migrants et le point de vue des autorités. Ce qui nous permet de voir et d’analyser plus précisément la question migratoire. Et l’on se rend compte, que les gardiens de ces centres de détention que l’on voit comme des grands méchants loups, ne sont en fait que des pions, placés dans une situation dont ils n’ont aucun contrôle et aucune ressources pour essayer de faire évoluer les choses positivement.

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Syd Brisbane et Yvonne Strahovski - Copyright Netflix

Stateless est une série brillante en politique et humanisme. Grâce à la mise en scène, le scénario, on réalise très vite que le gouvernement est absent. Et c’est là tout le génie de "Stateless". La question migratoire, n’est à ce moment que paperasse (le bureau de Clara rendrait Marie Kondō chèvre), procédures inefficaces et bureaucratie.

Ici, la série dresse le portrait de la question migratoire en Australie, mais c’est à voir d’une manière générale, internationale. Certains moments sont glaçants et font froid dans le dos. Notamment lorsque Ameer raconte ce que c’était l’Afghanistan, ou qu’un homme âgé pleure de panique parce qu’il va se faire tuer dans son pays, seulement parce qu’il aimerait peut-être les hommes. C’est un cercle vicieux et douloureux quand on s’imagine que c’est ça tous les jours, pour des milliers de femmes, d'enfants et d’homme, fuir leur pays.

Des acteurs de haut vol

Rien à redire sur le casting qui brille par sa justesse. Yvonne Strahovski (Sophie) est brillante voire même exceptionnelle. Elle joue son rôle avec brio, justesse et nous fait ressentir la moindre de ses douleurs. On comprend très vite que sa “folie” vient de plus loin, vient d’un drame. Et que c’est ce drame qui fait qu’elle se retrouve ici. C’est l’actrice qui se détache le plus du reste du casting.

Jai Courtney, l'interprète de Cam, est aussi un personnage complexe. L’acteur nous le rend à merveille. Une seconde, on croit en lui, la minute d’après on ne veut plus le voir. Mais Cam, change et évolue, parce qu’il travaille dans un centre comme celui-ci. On voit son évolution au fil des épisodes et ce que ça lui fait de travailler dans un endroit à l’opposé de ce qu’il est.

L’acteur qui joue Ameer, Fayssal Bazzi, est lui aussi brillant dans son rôle. Autant être honnête et vous dire qu’il m’a fait pleurer. Son interprétation, sa façon de parler, de se mouvoir et de s’émouvoir, nous fait d’autant plus ressentir d’émotions et de sympathie pour lui. C’est aussi un père extrêmement fort, capable de tout pour que sa fille est une meilleure vie. Seul petit bémol, j’aurai aimé plus de Cate Blanchett, mais elle n’a peut-être pas voulu leur voler la vedette….

Dès le début, "Stateless" arrive à nous captiver et nous prendre aux tripes. On s’attache très vite aux personnages. Et on passe par tous les stades, colère, indignation, compassion, tristesse… Toutefois, l’indignation est la plus forte et c’est elle qui doit nous pousser à voir la vérité en face, sur les conditions de détention et les politiques migratoires, car il n’y a pas qu’en Australie, que les migrants vont trouver refuge.

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