28 septembre 2021
Netflix

Sweet Tooth: Une douceur netflixienne

Par Zoé Keunebroek

Proposée par Netflix, voici une nouvelle série fantastique produite par Robert Downey Jr. "Sweet Tooth" est une série pleine de douceur, mais aussi de questionnement philosophique sur la nature humaine, l’évolution et les pandémies. Elle saura vous êtes plus que profitable tout au long de ses 8 premiers épisodes.

C'est quoi cette série ?

Plusieurs années après les mutations provoquées par le "Grand Effondrement", un hybride mi-garçon, mi-cerf se lie d'amitié, contre toute attente, avec un marginal solitaire. Ensemble, ils s'engagent dans une aventure extraordinaire à travers une planète ravagée – et dangereuse – en se demandant si la notion de foyer a encore un sens.

1 saison (en cours) - 8 épisodes - Avec Christian Convery, Nonso Anozie, Adeel Akhtar

Avant de parler un peu du scénario, un petit peu de contexte. Dans un futur proche, une pandémie appelée « La Maladie » décime la population mondiale. Les hôpitaux sont surchargés et les médecins peinent à trouver un remède. Or, au même moment, des bébés naissent avec une « petite » particularité. Ce sont des hybrides humains-animaux. C’est alors que l’on suit l’histoire de Gus ou Sweet Tooth, lui et son père habitent loin de toute trace de civilisation afin de protéger cet enfant mi-humain, mi-cerf des braconniers. Son père contracte malheureusement la maladie et en décède...

À ce moment précis, Gus décide de rejoindre une réserve pour les hybrides où ils seront en sécurité. C’est alors qu’il rencontre Jepperd le « Grand Costaud » de l’histoire. Jepperd va accepter de conduire Gus jusqu’à cette réserve afin qu’il puisse retrouver sa maman, dans le Colorado. En parallèle nous suivons l’histoire de Adi et sa femme et celle de Aimee. Adi est un médecin, dont la femme est atteinte de « La Maladie », mais, contrairement à ce qui se passe généralement, Adi a trouvé un remède pour empêcher la contagion et contenir le virus. Il doit alors chercher un remède pour guérir sa femme et aussi l’humanité. Les deux phénomènes étant arrivés en même temps, et si les hybrides étaient la solution ?

Aimee Eden, de son côté, est une femme restée enfermée pendant plusieurs années dans son appartement en quarantaine, jusqu’à ce qu’elle décide d’aller emménager au zoo de la ville pour retrouver la nature. Là-bas quelqu’un lui déposera un bébé hybride mi-humain, mi-cochon. Elle créera alors, la Réserve, ce centre pour héberger et protéger les hybrides. Vous l’avez compris, même si l’on suit principalement Gus, les histoires de ces différents personnages vont finir par se mêler. Gus et Jepperd vont aussi croiser la route d’adolescents vivant loin des adultes et ayant fait vœu de protéger tout les hybrides.

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Christian Convery - Copyright KIRSTY GRIFFIN/NETFLIX
On retrouve là un véritable scénario fantastique de quête, qui mélange quelques éléments de science-fiction. "Sweet Tooth" est d’ailleurs adaptée du comics canadien du même nom. Cette patte canadienne, un peu plus artistique qu’un traditionnel comic book américain, participe pour beaucoup de l'ambiance générale de la série. Nombre de décors, de plans et de scènes n’ont qu’une portée très poétique ou symbolique, notamment celle des champs de fleurs violettes.

Jeff Lemire, le scénariste de la BD, a été très investi dans la production et cela se sent. On peut tout de même noter qu’il a permis à Netflix de prendre certaines libertés par rapport à son œuvre originelle, évitant le travers d’une adaptation ratée, car trop fidèle au matériau de base. Et c’est là que réside toute la force de "Sweet Tooth", une série Netflix à gros budget, avec Robert Downey Jr à la barre (et James Brolin pour la narration), mais qui garde tout le poétique, le symbolique et le sensoriel d’une BD canadienne un poil philosophique.

Il est à noter que la majeure partie de la série a été tournée en Nouvelle-Zélande, et ça se voit. On retrouve des décors et un aspect grandiose très « Seigneur Des Anneaux". Malgré cela, on peut tout de même reprocher à "Sweet Tooth" son filtre jauni, typique de la production Netflix, qui enlève souvent à la beauté et au travail des décors. La photographie, c’est d’ailleurs le seul élément qui manque un peu d’ambition dans "Sweet Tooth".

Comme beaucoup d’adaptation de comic books, la série de Jim Mickle est tout de même assez prévisible et particulièrement vers les derniers épisodes les fils de l’histoire deviennent visibles. Toutefois, cela ne gâche pas pour autant le plaisir et on se laisse facilement emporter dans le tourbillon d’aventures et de péripéties que vont vivrent nos personnages. Cela est facilité par un bon jeu d’acteurs, des adultes comme des enfants. Sans qu’il soit transcendant pour autant, Netflix réussit, cette fois-ci, le pari d’acteurs assez méconnus qui remplissent plutôt bien leur part du contrat.

La série est regardable par toute la famille (à partir de 8 ou 10 ans quand même), car ne se passe pas des questionnements scientifiques, métaphysiques ou philosophiques essentiels dans l’œuvre originale. D’où viennent les hybrides ? Ont-ils un lien avec « La Maladie » ? Va-t-on devoir se servir des hybrides pour des expériences scientifiques ? Ces enfants ont-ils une âme ? Est-ce une expérimentation qui a mal tourné ou la nature qui reprend ses droits ? Et toutes ces questions ont-elles même un sens ?

"Sweet Tooth", ce n’est pas la série la plus en vue, certes, mais elle se regarde tout de même facilement et sans bouder son plaisir. Netflix nous démontre qu’avec la bonne équipe, le bon financement et un peu de chance aussi, la magie fantastique peut opérer. Finalement, "Sweet Tooth", c’est peut-être bien une des séries de l’année...

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