25 octobre 2020
Netflix

The Haunting of Bly Manor : Romance tragique au milieu des fantômes

Par Flavie Kazmierczak

Deux ans après le succès de "The Haunting of Hill House", la suite de la série d’anthologie créée par Mike Flanagan, "The Haunting of Bly Manor", était surement l’une des sorties de 2020 les plus attendues sur Netflix. Retour sur cette nouvelle saison moins effrayante mais tout aussi intéressante.

C'est quoi cette série ?
Une gouvernante est engagée pour veiller sur deux orphelins vivant dans un manoir isolé en pleine campagne. Peu à peu, d'effrayantes apparitions viennent la hanter.
Saison 1 - 9 épisodes - Avec Victoria Pedretti, Amelia Eve, T'Nia Miller

Fin 2018, la première saison de "The Haunting" nous plongeait avec une mise en scène impeccable au cœur des traumas d’une fratrie hantée par le suicide de leur mère. Si on retrouve quelques points communs : une mystérieuse demeure, une famille et des personnages qui doivent faire face au deuil, cette nouvelle saison se base sur une toute autre histoire.

Inspirée en partie du roman de Henry James, La Tour d’écrou et du film "Les innocents" de Jack Clayton, la série retrace l’histoire de Dani, une jeune américaine venue refaire sa vie à Londres. Engagée comme gouvernante dans un vaste manoir pour s’occuper à plein temps de deux jeunes orphelins, Miles, 10 ans et Flora, 8 ans, elle est d’abord enchantée par ce nouveau travail. Mais rapidement, le comportement des enfants devient de plus en plus étrange et les nerfs de la jeune femme sont mis à rude épreuve.

Contrairement au roman du XIXème siècle dont la série est en partie adaptée, l’histoire se déroule dans les années 80, dans une petite ville perdue au milieu de l’Angleterre. Le décor est rapidement planté: le manoir est immense, majestueux, entouré d’un jardin fleuri, d’un lac et d’une forêt. Mais loin d’être idyllique, cet endroit isolé se révèle inquiétant et l’ambiance devient pesante.


De la mélancolie plus que des frissons
Si l’on retrouve la patte de Mike Flanagan, le style et l’esthétique sont très différents de "Hill House". D’un point de vue horrifique, ne vous attendez pas à retrouver les mêmes frissons. Les nombreux spectres qui hantent le manoir sont terriblement inquiétants mais l’angoisse réside plus dans les séquences lentes, où le spectateur respire au même rythme que les personnages. Les amateurs de sensations fortes seront sûrement déçus car l’intrigue se veut plus poétique que terrifiante.

Si dans les premiers épisodes de "The Haunting of Bly Manor" on ne sait pas bien à quoi s’attendre, on découvre rapidement qu’il ne s’agit pas d’une histoire de fantômes mais plutôt d’une histoire d’amour. Le récit privilégie l’émotion et le romanesque à la terreur pour aborder en profondeur les facettes dévastatrices de l’amour, notamment l’emprise, la culpabilité ou encore le sacrifice. L’horreur, dissimulée avec maîtrise dans les épisodes, fonctionne mais toujours au service de la narration.

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Victoria Pedretti - Copyright Netflix
Et c’est là que "The Haunting of Bly Manor" devient intéressante car elle offre des scènes d’une sensibilité renversante. Alternant entre le passé et le présent, les séquences se font écho grâce à un montage précis. Chaque détail se révèle petit à petit comme un immense puzzle dont chaque pièce est importante pour comprendre l’intrigue.


Une grande puissance émotionnelle
La première saison explorait le trauma des membres de la famille Crain et la façon dont chacun gère ses démons intérieurs. Ici, la série développe avec brio la psychologie des personnages, en particulier celui de Dani, hanté par le deuil. Au travers des épisodes, on découvre le passé de la vingtenaire, ce qui l’a amenée à tout sacrifier pour s’occuper d’enfants et pourquoi elle a voulu fuir l’Amérique. Car avant même de faire face aux entités qui habitent le manoir, la jeune fille est tourmentée par son passé. Une grande empathie se crée autour des personnages qui sont intelligemment écrits.

La force de "The Haunting of Bly Manor" réside dans la puissance du jeu des acteurs, pour certains habitués à être dirigés par Mike Flanagan. Les jumeaux Clain, Victoria Pedretti et Oliver Jackson-Cohen sont captivants dans les rôles de Dani et de Peter Quint. Sans oublier la performance d’Amelia Eve qui donne merveilleusement vie à l’un des personnages clé, celui de Jamie, et offre le monologue le plus bouleversant de la saison.

Il faut le dire, "The Haunting of Bly Manor", n’est pas à la hauteur de la première saison mais est une belle histoire pleine d’amour et de tristesse tout aussi captivante. Avec quelques touches d’horreur, cette saison poétique et très métaphorique profite d’un casting et d’une esthétique toujours aussi soignés jusqu’à un dernier épisode remplit d’émotion.

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