Netflix

The One : Black Mirror version Tinder

Par Clara Laine

Matcher son âme sœur grâce à l'ADN. Tel est le point de départ de la série "The One". Netflix a fait appel au créateur de "Black Mirror" pour évoquer les rencontres amoureuses. Il faut dire qu'entre les coup de foudre, les trahisons , l'amour ou les mensonges, le match peut réserver bien des surprises.

C'est quoi cette série ?

Des scientifiques utilisent les avancées sur les recherches ADN afin d'aider les individus à trouver leur partenaire de vie idéal. Mais ces associations ne sont parfaites que sur le papier. Les duos créés par la science vont révéler des associations aux secrets choquants voire, dans certains cas, mortels.

1 saison (en cours) - 8 épisodes - Avec Hannah Ware, Zoe Tapper, Dimitri Leonidas


Décidément, ces derniers temps, Netflix mise de plus en plus sur les mini-séries... pour mon plus grand bonheur ! En effet, la qualité des adaptations telles que "Mon amie Adèle" et "Le Jeu de la Dame" n'est plus à démontrer et avec la transposition du roman éponyme de John Marss en série, le célèbre dicton « jamais deux sans trois » se confirme.

Un scénario bien ficelé, un casting talentueux et un rythme excellent : ce sont les ingrédients auxquels a eu recours Howard Overman pour nous embarquer complètement dans son monde dès le premier épisode. Il faut dire qu'il tape dans le mille avec la problématique soulevée par "The One" : l'amour étant le sujet universel par excellence, difficile de ne pas s'identifier à tous ces couples chamboulés par ce qui était théoriquement la découverte du siècle. Une découverte qui, en théorie, pourrait s'apparenter à la clé ultime pour trouver le bonheur. Mais comme souvent, entre théorie et pratique, il y a un pas. Un pas qui causera la perte de plusieurs protagonistes...

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Amir El-Masry et Hannah Ware - Copyright Steven Peskett/Netflix

La problématique est si tangible que l'aspect dystopique se fait oublier par moment : le monde dépeint est semblable en tout point à notre société actuelle, si ce n'est qu'accéder à l'identité de son âme sœur est désormais à la portée de tous. Outre le fait qu'une telle invention entraîne un sacré bouleversement dans les relations humaines, elle vient aussi questionner la définition et l'intérêt même de l'amour.

C'est ce que j'ai trouvé le plus épatant dans cette série : sa capacité à soulever des questions existentielles avec ce qui n'est en apparence qu'un simple divertissement. En effet, on peut très bien se contenter de la surface et être tout à fait satisfait de "The One" : les performances d'Hannah Wara et de Zoe Tapper sont savoureuses, les rebondissements ne manquent pas et la photographie est aussi sobre qu'élégante. L'intrigue avance peu à peu et le système de flash-backs fonctionne à merveille, faisant peu à peu basculer la mini-série dans le pur thriller. Mais, au-delà de l'appareil scénaristique bien huilé, je maintiens que "The One" vaut le coup, et pas seulement d'un point de vue artistique. Rebecca et Kate, ce sont des parties de nous et, peu importe qu'on les aime ou qu'on les déteste, on est malgré tout obligé de reconnaître qu'on arrive aisément à légitimer leurs actions.

À vrai dire, tous les personnages sont terriblement humains et merveilleusement bien interprétés. C'est probablement ce qui fait que cette adaptation est si réussie : le manichéisme est évité tout au long des épisodes et pourtant, les occasions de basculer dans la caricature ne manquaient pas. En tant que spectatrice, je ne peux que saluer ce subtil maniement des nuances. Howard Overman n'a pas choisi la facilité et c'est tout à son honneur : le sujet est exploité sous toutes ses coutures et le format de mini-série est parfait. Pas le temps de s'ennuyer, on est tenu en haleine tout le long et on laisse les épisodes défiler sans une once de culpabilité : de toute façon, en mars 2021, binger, c'est tout ce qu'il nous reste. Alors, autant en profiter quand le programme se montre à la hauteur de nos attentes !

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