24 octobre 2019
Netflix

Ton Fils de Miguel Ángel Vivas

TON FILS

Un film de de Miguel Ángel Vivas

Depuis le 01 mars 2019 sur Netflix


Par Peter Hooper



SYNOPSIS

Un chirurgien perd confiance en la justice et décide de retrouver lui-même les agresseurs de son fils, lynché à la sortie d'une boîte de nuit.

film-netflix-ton-fils-1

LA CRITIQUE DU FILM TON FILS

Mon père cet antihéros

Dans le film d’auto-justice citoyenne, c’est encore une fois aux américains à qui l’on doit d’en avoir taillé la pierre philosophale et d’avoir lancé la Death Wish exploitation. Pourtant le genre, avec ses codes très étriqués, fera peu d’émules et dérivera vers le style plus spectaculaire du vigilante movie.

Alors que les ricains depuis le Michael Winner (1974) perdurent dans un traitement démonstratif, auto centré sur la surenchère de morts et de sang (l’excellent "Death Sentence" de James Wan reste un sommet pour, entre autre, cette raison), au point que le principal intérêt résulte dans le C.C. (Comment et Combien), les européens jouent la carte du psycho drame.

Si au premier degré "Le Vieux Fusil" (de Robert Enrico en 1975) semble démonter ma théorie, il n’en reste pas moins un film infiniment plus traumatisant coté émotionnel et plus subtil derrière les flammes (…) de l’horreur. Un laminage mental qu’illustre parfaitement ce "Ton Fils" qui cherche juste a nous interpeller sur le « Et vous ? Vous feriez quoi à sa place ?».

En effet, si personne n’est à l’abri d’être frappé par le même drame que ce père de famille qui retrouve son fils dans un état critique suite à un passage a tabac, nous ne sommes hélas pas tous des Charles Bronson ou des Kevin Bacon en herbe.

C’est en ça que le film de Miguel Ángel Vivas (auteur du très bon "Extinction") remue notre sensibilité, nous impacte, plus viscéralement qu’en suivant les traces rougies d’un citoyen ordinaire devenant champion de tir en quelques heures.

L’empathie est immédiate grâce à une mise en scène sans esbroufe, sage, virant parfois jusqu’au contemplatif. Ce réalisme, qui rapproche cette pellicule du documentaire, vient nous heurter dans un malaisant processus d’identification.

Le temps s’écoule lentement, comme une simple tranche de vie dans une famille « comme tout le monde ». La réalisation qui se montre très calme (avec des plans très téléfilmesque) va permettre de donner plus de force à deux scènes (très) surprenantes de cruauté. Deux véritables électrochocs qui vont donner tout son sens à cette très sale histoire.

José Coronado, dans son regard perdu et dans son attitude désemparée (celle des failles d’un père aveuglé par un soif de vengeance qui le poussera à commettre des actes irréfléchis) porte tout le poids de ce métrage percutant et efficace, intimiste et profond, dans la pure tradition du néo-thriller paella. Une interprétation qui lui vaudra une nomination comme meilleur acteur aux Goya (les César espagnols).

Malgré parfois quelques raccourcis scénaristiques proches de la facilité, "Ton Fils" fait mal et la mécanique fonctionne parfaitement. Assez pour espérer que ce goût âcre de haine dans la bouche reste sur les écrans de la fiction…

ça peut vous interesser

Steven Soderbergh présente The Laundromat

Rédaction

Timothée Chalamet joue les princes rebelles

Rédaction

The Great Hack sur Netflix

Rédaction