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New York 1997 de John Carpenter

Par Christophe Dordain

Synopsis :

En 1997, Manhattan est devenu une immense prison ghetto où vivent, en micro-société, trois millions de prisonniers. Victime d’un attentat, l’avion du Président des États-Unis s’écrase en plein Manhattan avec des documents ultra-secrets. Snake, un dangereux criminel, est chargé, en échange de sa grâce, de partir à la recherche du Président. Parachuté dans Manhattan, il dispose de vingt-quatre heures pour mener à bien sa mission…

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A propos du film :

Dire que "New York 1997" est réalisé de main de maître par John Carpenter relève du doux euphémisme.

Avec ce thriller d'anticipation, sombre et inquiétant, et qui a tant marqué les esprits au moment de sa sortie dans les salles obscures, le jeune cinéaste d'alors donnait, en 1981, une vision apocalyptique d'un futur aujourd'hui révolu quoique...

Proposant dans son scénario, une description singulièrement critique d'un pays en situation de guerre, d'une île de Manhattan devenue une prison de haute sécurité, et d'une société civile en proie à la désagrégation la plus brutale, Carpenter filme ses personnages comme il filmerait des ombres. En effet, rares sont les scènes se déroulant en plein jour.

Ce postulat de mise en scène donne à "New York 1997" un indéniable cachet, une marque de fabrique qui aura pénétré au plus profond les rétines des spectateurs de l'époque. Et si on ajoute à cela une partition musicale géniale alors le statut de film-culte, si galvaudé par ailleurs et pour des films qui ne le méritent pas du tout, s'applique avec bonheur et justice dans le cas présent.

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Kurt Russell est Snake Plissken
Ce qui impressionne le plus, au-delà de l'emploi magistral du format CinemaScope dont Carpenter est un maître certain, c'est que "New York 1997" s'avère être parfois plus un film noir qu'une oeuvre d'anticipation.

Carpenter y mélange habilement de stupéfiantes scènes de violence, et des moments plus inattendus tel celui qui voit Plissken (Kurt Russell génial !) faire une pause dans une scène devenue emblématique. Tout n'est que ruines et chaos autour de lui. Pourtant, il prend le temps de récupérer une vieille chaise, de s'en griller une peinard. Flegmatique, désabusé, revenu de tout presque, il attend patiemment que ses ennemis s'en prennent à lui. Génial !

Ajoutons aussi, à un ensemble dont la dimension anarchique (au sens politique du terme) n'aura échappé à personne, une description d'un monde en totale perdition. A l'image du nôtre aujourd'hui ? Un monde dans lequel les autorités politiques et policières ne valent guère mieux que les taulards qu'elles envoient dans ce gigantesque cul de basse fosse qu'est devenue la presque île de Manhattan.

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