Eric Elmosnino

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Par Lucie Passard

PORTRAIT

Silhouette menue et chevelure ébouriffée, Eric Elmosnino semble s'être imposé comme la révélation de ces dernières années. Sa nonchalance et son élégance propre combinées à son incontestable talent sont autant de choses qui séduisent les réalisateurs français. César du meilleur acteur en 2011 pour son interprétation dans "Gainsbourg, vie héroïque" de Joann Sfar, Eric Elmosnino ne se destinait pas enfant à embrasser une carrière de comédien. Mais l'école est loin d'être son terrain de jeu favori. A la fin du collège, sur son bulletin trimestriel, une phrase qu'il ne comprendra jamais : “Orientation conseillée : BEP de conducteur d'engins agricoles”.

A 16 ans Eric cesse d'étudier et vit en acceptant petits boulots sur petits boulots. Mais c'est en accompagnant plus tard une amie aux inscriptions du concours d'entrée du conservatoire de Saint-Germain-en-Laye qu'il entame les prémices de débuts inattendus. Il décide de s'inscrire avec elle, récite un poème d'Eluard et choisi vingt-cinq lignes d'un monologues des "Femmes savantes", à l'origine destiné à être joué par une femme. Le jury explose de rire mais décide de lui donner sa chance.

Dès 1985  le comédien décroche ses premiers petits rôles sur grand écran. Il tourne sous la direction d'Albert Dupontel ("Désiré" en 1993) ou Bruno Podalydès ("Liberté-Oléron" en 2001) mais n'hésite pas à dire qu'il continuera le théâtre quoi qu'il advienne. Dirigé par Jean-Pierre Vincent en 1992 pour "On ne badine pas avec l'amour" d'Alfred de Musset puis pour "Les Fourberies de Scapin", il retrouve Molière en 2001 en jouant "Dom Juan" puis six ans plus tard "Le Médecin malgré lui". Il devient dès lors un grand nom du théâtre et reçoit en 2002 le Molière de la révélation théâtrale pour son rôle dans "Léonce et Léa", une pièce de Georg Buchner mise en scène par André Engel. On le retrouve également à l'affiche en 2008 de la création de Yasmina Reza, "Le Dieu du carnage".

Passant à son tour de l'autre côté du décor il s'occupe de la direction de trois pièces. Il continue néanmoins entre temps d'apparaitre au cinéma notamment avec "La Vie ne me fait pas peur" de Noémie Lvovsky en 1999, "Actrices" de Valéria Bruni-Tedeschi en 2007 ou encore "Toutes les filles pleurent" de Judith Godrèche en 2010. Le grand public le découvre la même année pour son interprétation prodigieuse de l'homme à la tête de chou dans le biopic, presque conte fantasmagorique, dirigé par Joann Sfar. Pour ce rôle il traverse les mille et une facettes et femmes de l'homme, de Gainsbourg à Gainsbarre. Il prête également sa voix au réalisateur pour l'un des personnages du "Chat du Rabbin".

Depuis, Eric Elmosnino continue d'apparaitre sur les planches ("Du mariage au divorce" en 2011 sous la direction d'Alain), à la télévision ("La Très excellente et divertissante histoire de François Rabelais" d'Hervé Baslé en 2011 également) et sur l'écran des salles obscures ("La Guerre des Boutons" en 2011, "Télé Gaucho" de Michel Leclerc en 2012, "Des gens qui s'embrassent" de Danièle Thompson et "Le cœur des hommes 3" de Marc Esposito en 2013).

En 2014, il était à l'affiche de la comédie "A Coup Sûr". Après le beau succès de "La Famille Bélier", mis en scène par Eric Lartigau, Elmosino, on l'a revu dans "Chic !", sous la direction de Jérôme Cornuau, puis dans "Si j'étais un homme" (Audrey Dana), "Espèces Menacées" (Gilles Bourdos), "L'Ecole Buissonnière" (Nicolas Vanier) et "Je vais mieux" (Jean-Pierre Améris). Est annoncé désormais "Mystère", réalisé par Denis Imbert.


FILMOGRAPHIE
1985 - À nous les garçons (Michel Lang)

1985 - Etats d'âme (Jacques Fansten)

1992 - Tableau d'honneur (Charles Nemes)

1993 - Désiré (Albert Dupontel)

1993 - Le Colonel Chabert (Yves Angelo)

1996 - Bernie (Albert Dupontel)

1996 - Le Sujet (Christian Rouaud)

1997 - Petites (Noémie Lvovsky)

1998 - Fin août, début septembre (Olivier Assayas)

1999 - La Vie ne me fait pas peur (Noémie Lvovsky)

2000 - Electroménager (Sylvain Monod)

2000 - Liberté-Oléron (Bruno Podalydès)

2001 - Mon Meilleur amour (François Favrat)

2001 - Veloma (Marie de Laubier)

2003 - Une Preuve d'amour (Bernard Stora)

2003 - Vert paradis (Emmanuel Bourdieu)

2003 - Zéro defaut (Pierre Schoeller)

2004 - Gentille (Sophie Fillières)

2005 - L'Oeil de l'autre (John Lvoff)

2006 - Actrices (Valeria Bruni Tedeschi)

2006 - La Vie d'artiste (Marc Fitoussi)

2007 - Enfin seuls (Bruno Herbulot)

2007 - Intrusions (Emmanuel Bourdieu)

2007 - L'Heure d'été (Olivier Assayas)

2007 - La Promeneuse d'oiseaux (Jacques Otmezguine)

2008 - Bancs publics, Versailles rive droite (Bruno Podalydès)

2008 - La Guerre des fils de lumière contre les fils des ténèbres (Amos Gitaï)

2008 - Toutes les filles pleurent (Judith Godrèche)

2009 - Le Chat du rabbin (Joann Sfar & Antoine Delesvaux)

2009 - Le Père de mes enfants (Mia Hansen-Løve)

2009 - Gainsbourg, vie héroïque (Joann Sfar)

2010 - Mike (Lars Blumers)

2011 - La Guerre des boutons (Yann Samuell)

2010 - Le Skylab (Julie Delpy)

2011 - Léa (Bruno Rolland)

2011 - Rituels meurtriers (TV) (Olivier Guignard)

2011 - Télé Gaucho (Michel Leclerc)

2012 - Ouf (Yann Coridian)

2012 - Des gens qui s'embrassent (Danièle Thompson)

2012 - Hotel Normandy (Charles Némès)

2013 - Le Coeur des hommes 3 (Marc Esposito)

2014 - A Coup Sûr (Delphine Le Vigan)

2014 - La Famille Bélier (Eric Lartigau)

2015 - Chic ! (Jérôme Cornuau)

2017 - Si j'étais un homme (Audrey Dana)

2017 - Espèces Menacées (Gilles Bourdos)

2017 - L'Ecole Buissonnière (Nicolas Vanier)

2018 - Je vais mieux (Jean-Pierre Améris)

2019 - Mystère (Denis Imbert)

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