7 décembre 2019

Robert de Niro

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Nationalité : Américaine

Métier : Acteur, Producteur, Réalisateur

Dernier film : The Irishman

Crédits photographiquesNetflix


LA BONNE ETOILE

Difficile de porter le titre de "plus grand acteur du monde". Mais, depuis 50 ans, De Niro a eu le temps de prouver qu'il avait les épaules larges et suffisamment solides.

Né en 1943 à New York, Robert De Niro, d'origine italienne, démarre sa carrière d'acteur dans le milieu des années 60. Il a la chance de voir naître toute une génération de cinéastes en devenir qui ne demandent qu'à mettre en images leurs idées. Robert De Niro les y aide et tourne son premier grand rôle sous la direction de Brian De Palma en 1966.

Fidèles, deux autres films suivront successivement. Mais De Niro ne s'enferme pas puisqu'il impressionne la pellicule de Marcel Carné et rejoint notre Gérard Depardieu (alors également débutant) dans "1900" de Bertolucci. L'acteur se constitue donc un carnet d'adresses des plus intéressants et fournis.


LES INSEPARABLES

La rencontre de sa vie de comédien, De Niro va la faire en 1973. Martin Scorcese lui propose un rôle aux côtés de Harvey Keitel dans "Mean Streets". Le film fait le tour des festivals. De Niro se fait connaître au point presque d'éclipser la performance toute aussi louable d'Harvey Keitel. Une phrase du magazine Première de l'époque résume bien l'aura dégagée par De Niro: "Si De Niro n'avait pas existé, Harvey Keitel aurait été De Niro".

Le comédien va confirmer tout le bien que l'on pense de lui deux ans plus tard dans "Taxi Driver". Le long métrage obtient la Palme d'Or à Cannes et la carrière de Martin Scorsese s'envole. Evénement non négligeable, De Niro pouvait depuis un an exposer chez lui un oscar remporté pour son second rôle dans "Le Parrain 2" de Francis Ford Coppola. En quelques films, l'acteur se crée une image : celle du comédien hyper exigeant.


PERFECTIONNISTE DANS L'AME

Peu à peu, Robert De Niro apparaît comme l'acteur capable de relever tous les défis. Alors que Dustin Hoffman se met à l'endurance pour jouer dans "Marathon Man", De Niro va plus loin en acceptant de prendre puis de perdre 30 kilos pour le rôle de Jake La Motta dans "Raging Bull". Le résultat est saisissant et justement récompensé par un nouvel oscar.

Le comédien enchaîne alors les performances et change de gueule comme de chemise. Il devient comique dans "La Valse des Pantins", le Diable en personne dans "Angel Heart", un Al Capone plus vrai que nature dans "Les Incorruptibles", une tablette de chocolat dans "Les Nerfs à vif". Ce goût du perfectionnisme séduit mais va également en agacer certains.


T'EN FERAIS PAS UN PEU TROP BOB ?

Les transformations physiques de De Niro vont le faire passer pour un obsessionnel qui cherche avant tout à impressionner. Les humouristes de l'époque s'en amusent. On retiendra la célèbre blague disant que si Scorsese n'a pas proposé à son acteur fétiche le rôle de Jésus dans "La dernière tentation du Christ", c'est parce que ce dernier aurait vainement essayé d'apprendre à marcher sur l'eau.

Entre-temps, De Niro s'est vu coller une autre image, celle du mafioso. Ses interprétations dans "Les Affranchis" ou "Casino" deviennent des références, au même titre que son "You're talking to me ?" de "Taxi Driver" ou son "You fucked my wife ?" de "Raging Bull".



CHANGEMENT D'IMAGE

Robert De Niro va répondre à ses détracteurs de la meilleure des manières. Il va passer derrière la caméra prouvant qu'il a plusieurs cordes à son arc. Sa réalisation "Il était une fois le Bronx" est saluée dans le monde entier.

Depuis, Robert De Niro, malgré cette expérience plus que positive, n'aura pas repris la casquette de cinéaste avant 2007 et l'excellent "Raisons d'Etat". Entretemps, il s'est plutôt intéressé à la production. Ainsi, on verra l'acteur enchaîner les seconds rôles plus ou moins intéressants afin de financer sa société TriBeCa. Le comédien est devenu dans les années fin 90 début 2000 un stakhanoviste de la caméra sans pour autant vendre son âme au diable. Quoique...



LA COMEDIE COMME RECOURS

De plus en plus, on reproche à De Niro de ne plus parvenir à surprendre. Sa dernière "grande" prestation remonte pour certains à 1996 et à son face à face mythique avec son alter-ego Al Pacino dans "Heat" de Michael Mann.

De Niro décide alors de se lancer dans un domaine qu'il a effleuré avec "Midnight Run", à savoir la comédie. Soutenu par un roi du genre, Billy Cristal, le comédien fait alors un tabac dans "Mafia Blues" en auto-parodiant son image d'affranchi. De Niro a une nouvelle carte dans son jeu et va l'utiliser à plus ou moins bon escient.

 

LES ANNEES 2000 OU BOB EN BERNE ?

L'acteur continue dans la comédie mais ne parvient pas forcément à convaincre. "Personne n'est parfaite" et "Les aventures de Rocky et Bullwinkle" sont des échecs. Heureusement, De Niro se relancera grâce à "Mon Beau-Père et Moi" aux côtés de Ben Stiller. Plus de 130 millions de $ de recettes aux Etats-Unis, il s'agissait tout simplement du plus gros succès financier de l'acteur.

En 2001, on a pu l'admirer dans "Men of Honor" avec Cuba Gooding Jr., dans "15 Minutes" avec Edward Burns, et surtout dans "The Score" aux côtés de Edward Norton et de Marlon Brando.

Homme d'affaires avisé, il a créé sa société de production, TriBeCa, ouvrert un restaurant, le TriBeCa Grill, et édité des jeux vidéo. Ces dernières années ont pourtant confirmé une baisse sensible de régime du comédien. Ce dernier se contentant de films mineurs et de comédies pour le grand public à l'image de "Mon Beau-Père, mes Parents et Moi". A quand une nouvelle collaboration avec Scorsese criait-on alors ? On l'attendait avec tellement d'impatience sans savoir qu'il faudrait attendre jusqu'en 2019...

En septembre 2008 se reformait l'association Al Pacino/Robert de Niro pour "La Loi et l'Ordre" mis en scène par Jon Avnet. Après ce résultat malheureusement désastreux, De Niro nous devait une revanche et on l'attendait dans de nombreux films dont "Machete" et "Mon Beau-Père et Nous" tous deux distribués en 2010. Le contrat n'étant pas encore rempli, loin s'en faut, ni "Stone", ni "Limitless", ni "L'Amour a ses Raisons" ne laissaient l'espoir de retrouver le grand Bob.


A QUAND LE GRAND RETOUR ?

Pas évident d'y croire avec la décennie 2010. Et cela ne fut toujours pas le cas ni avec "Killer Elite" ni avec "Hapiness Therapy". Et que penser de "Un Grand Mariage" ? Et que penser aussi de le voir se perdre dans l'infâme "Malavita" ou bien embarqué dans une bien triste pochade : "Last Vegas", aux côtés de Michael Douglas et de Morgan Freeman ?

Allez ! Début 2014, c'était "Match Retour" aux côtés de Sylvester Stallone, un peu plus réjouissant. Puis "American Bluff". Bien mieux encore. Toutefois, les errances navrantes étaient de retour avec "Le Nouveau Stagiaire" et "Dirty Papy". La télévision au secours de Robert de Niro finalement ? Oui ! Avec "The Wizard Of Lies", de Barry Levinson, en 2017, pour OCS. Oui encore avec "The Irishman" pour Netflix ! Sans oublier le grand écran et "Joker" en Octobre dernier...

Christophe Dordain

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FILMOGRAPHIE
1965 - Trois chambres à Manhattan (Carné)

1966 - The Wedding Party (De Palma)

1968 - Greetings (De Palma)

1970 - Hi, Mom ! (De Palma)

1970 - Bloody Mama (Corman)

1971 - Born To Win (Passer)

1971 - The Gang That Couldn't Shoot Straight (Goldstone)

1971 - Jennifer on My Mind (Black)

1973 - Mean Streets (Scorsese)

1973 - Bang the Drum Slowly (Hancock)

1974 - Le parrain 2 (Scorsese)

1974 - The Swap (Leondopulus)

1975 - Taxi Driver (Scorsese)

1975 - Novecento (1900) (Bertolucci)

1976 - Le dernier nabab (Kazan)

1977 - New York, New York (id.) (Scorsese)

1978 - Voyage au bout de l'enfer (Cimino)

1980 - Raging Bull (Scorsese)

1981 - Sanglantes confessions (Grosbard)

1983 - La valse des pantins (Scorsese)

1984 - Il était une fois en Amérique (Leone)

1984 - Brazil (Gilliam)

1984 - Falling In Love (Grosbard)

1986 - Mission (Joffe)

1987 - Angel Heart (Parker)

1987 - Les incorruptibles (De Palma)

1988 - Midnight Run (Brest)

1989 - Jacknife (Jones)

1990 - Stanley & Iris (Ritt)

1990 - Les affranchis (Scorsese)

1990 - L'éveil (Marshall)

1990 - Nous ne sommes pas des anges (Jordan)

1991 - La liste noire (Winkler)

1991 - Backdraft (Howard)

1991 - Mistress (Primus)

1991 - Les nerfs à vif (Scorsese)

1993 - Mad Dog & Glory (McNaughton)

1993 - Blessures secrètes (Caton-Jones)

1993 - Il était une fois le Bronx (De Niro)

1994 - Frankenstein (Branagh)

1995 - Les cent et une nuits (Varda)

1995 - Casino (Scorsese)

1995 - Heat (Mann)

1996 - Simples secrets (Zaks)

1996 - Sleepers (Levinson)

1996 - The Fan (Le fan) (T. Scott)

1996 - Copland (Mangold)

1997 - De grandes espérances (Cuaròn)

1997 - Des hommes d'influence (Levinson)

1997 - Jackie Brown (Tarantino)

1998 - Ronin (Frankenheimer)

1998 - Mafia blues (Ramis)

1999 - Personne n'est parfait(e) (Schumacher)

1999 - Men of Honor (Tillman, Jr.)

1999 - 15 minutes (Herzfeld)

2000 - Les aventures de Rocky et Bullwinkle (McAnuff)

2000 - Mon beau-père et moi (Roach)

2001 - The Score (Oz)

2002 - Showtime (Dey)

2002 - Mafia Blues 2 (Ramis)

2003 - L'Expérience Interdite (Hamm)

2003 - Père et Flic (Caton-Jones)

2003 - Mon Beau-Père, mes Parents et Moi (Roach)

2004 - Le Pont du Roi Saint-Louis (McGukian)

2006 - Raisons d'Etat (De Niro)

2008 - La Loi et l'Ordre (Avnet)

2010 - Everybody's Fine (Jones)

2010 - Machete (Rodriguez)

2010 - Mon Beau-Père et Nous (Weitz)

2011 - Stone (Curran)

2011 - L'Amour a ses Raisons (Veronesi)

2011 - Limitless (Burger)

2011 - Killer Elite (McKendry)

2013 - Happiness Therapy (O' Russell)

2013 - Un Grand Mariage (Zackham)

2013 - Malavita (Besson)

2013 - Last Vegas (Turtletaub)

2014 - Match Retour (Segal)

2014 - American Bluff (O'Russell)

2015 - Joy (O'Russell)

2015 - Bus 657 (Mann)

2015 - Le Nouveau Stagiaire (Meyers)

2016 - Dirty Papy (Mazer)

2019 - Joker (Phillips)

2019 - The Irishman (Scorsese)

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