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Il était une fois en Amérique de Sergio Leone

Par Pierre Delarra

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"Il était une fois en Amérique" est le film de tous les superlatifs, comme seul Hollywood en a les secrets et les capacités. Le film sort sur les écrans en 1984. C’est une véritable fresque qui répond à cette surprenante interrogation : quelles sont l’histoire et les fondements de l’Amérique ? Sergio Leone n’en a cure, il avait déjà entrepris cette surprenante structure en réalisant successivement "Il était une fois dans l’ouest" suivi de "Il était une fois la révolution" veillant à terminer sa trilogie par la prohibition sous le regard de « Noodles » (Robert de Niro), truand atypique d’un gang de New York.

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Mais revenons un instant à cette incroyable production. Une saga telle que "Il était une fois en Amérique" n’est pas un simple film. Au départ Léone voit grand ; le film doit durer 10 heures. Malgré les atermoiements de la Warner Brothers, le film ne dépassera pas 2h45, Leone en propose alors 6. Face au gouffre financier attendu le réalisateur propose 4h45, un montage vivement recalé pour aboutir finalement à une durée de 3h41. Cependant, le distributeur, récalcitrant et soupçonneux, ramena la durée du film à 2h 19, son format actuel. Déprimé et de guerre lasse, Leone abandonnera les studios et, ignominie suprême, sera évincé des Oscars, supprimant par là même Ennio Morricone d’une statuette tellement légitime. Léone n’entreprendra pas la production de "Leningrad" sur laquelle il travaillait et quitte dès lors le cinéma. Le dernier des géants rejoint ses héros et meurt cinq ans plus tard.

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On ne pourra oublier l’aura quasi mystique de cette œuvre si calme et tellement orageuse, des vapeurs de l’opium aux ambiances chaudes du club clandestin de Moe, à l’amour impossible finalement violé entre « « Noodles » et Rebecca, de cette vie intransigeante du cœur du Bronx et de celle si passionnée de Sergio Leone.

La composition de Ennio Morricone, à la fois lente et subtile, accompagne l’idée même du drame ainsi que la photographie prodigieuse de Tonio delli Colli, une photographie contrastée qui marque à la perfection les lignes droites du down town de New York, comme un rappel à la vision dépressive du "Taxi Driver" de Martin Scorcese ; la photo et la musique devenant les habits même de la vie de « Noodles » jusqu’au plus profond de lui-même.

A vos sodas, pop-corn et bonne projection !

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