26 octobre 2020
Programme TV

La Féline de Paul Schrader

Par Pierre Delarra


Disponible sur
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Synopsis : Irena retrouve son frère Paul à la Nouvelle-Orléans. Dans les jours qui suivent, une mystérieuse panthère tue une prostituée. L'animal se révèle avoir d'étranges liens avec Paul et Irena. 

Lorsque le film sort en salle en 1982, "Cat People" ("La Féline") est à la conjonction de nouveaux talents d’Hollywood. Véritable nabab, Jerry Bruckheimer (aussi justement nommé Mr Blockbuster) dirige la production exécutive de cet audacieux remake de "La Féline" réalisé alors en 1942 par le grand Jacques Tourneur juste quarante ans auparavant. Ce film est lui-même un hymne à la quarantaine. Jerry Bruckheimer a 39 ans, Paul Schrader 36 et Giorgio Moroder 42 ! Cette nouvelle génération de quadra va régner sur les studios hollywoodiens pour longtemps.

Paul Scharder est le réalisateur ascète du film. Calviniste de formation il a écrit les monographies de cinéastes pour les moins austères tels que Carl Théodore Dreyer, Ozu et non des moindres Robert Bresson ! Nonobstant, il prête son stylo à Brian de Palma ("Obsession") Peter Weir ("Mosquito Coast" avec Harrison Ford) ou Harold Becker ("City Hall" avec Al Pacino). Le cinéaste n’aura aucun mal à s’emparer du suave script de "La Féline", le rigorisme moral n’évite jamais la fascination pour les interdits dont la muse Nastassja Kinski en explore tous les excès.



Giorgio Moroder, véritable multicarte de la production cinématographique il cumule à la fois les métiers d’auteur, compositeur, producteur et disc-jockey ; de Donna Summer à Mireille Mathieu en passant par Blondie, il traverse sans aucune vergogne la New Wave, le Disco, l’Electro ou le Rock mais c’est en signant des compositions pour le cinéma dont un des points d’orgue est sans doute la bande originale de "Scarface".

Jerry Bruckheimer complète le duo marquant, et marque au fer rouge l’avenir tracé de "La Féline". Ce dernier est d'une exigence plastique née de ces trois hommes. Si l’intrigue est assez succincte, elle n’en développe pas moins de riches ingéniosités qui plongent le spectateur dans une suave moiteur. Suavité, moiteur sont les qualificatifs de l’atmosphère guidée par David Bowie qui en signe le titre amiral avec « Putting on fire » qui fera le tour de la planète.



A vos sodas, pop-corn et bonne projection !

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