27 janvier 2021
Programme TV

Retour vers le futur : Nom de Zeus !

Par Yann Vichery

TF1 rediffuse (c’est aussi disponible sur Netflix) la géniale trilogie de Robert Zemeckis, "Retour vers le futur" pour noël... Une bonne occasion pour moi de faire découvrir à mon fils de 8 ans, ce qu’est le meilleur du cinéma Pop Corn des années 80, époque bénie pour les fans de cinoche.

Le cinéma ne doit pas juste être cérébral (même si un bon Bergman, Kurosawa, Cronenberg ça fait du bien), il peut aussi être un plaisir simple, celui de (re)voir un film sans prise de tête, sans prétention autre que celle de divertir et de détendre. Les américains sont passés maîtres en la matière et on ne compte plus les oeuvres culte des années 80 passés à la postérité ("Star Wars", "Indiana Jones", "Les Goonies", "Ghostbusters", "Blues Brothers", "Gremlins" et j’en passe).

Il en est de même pour la trilogie "Retour vers le futur" qui suit deux héros dans des voyages à travers le temps : j’ai nommé Marty Mac Fly (alias Michael J Fox) et Dr Emmet Brown (alias Christopher Lloyd). Certes, l’idée de base n’invente rien. Le voyage dans le temps était déjà populaire à travers Herbert Georges Wells grâce à sa machine (à ce sujet revoyez le formidable film avec Rod Taylor) ou grâce à "Abattoir 5" de Kurt Vonnegut, ce dernier ayant déjà été adapté sur grands écrans en 1972 par Georges Roy Hill, tout comme "C’était demain", en 1979, par Nicholas Meyer. Toutefois, Robert Zemeckis, tout auréolé du succès de "A la poursuite du diamant vert" avec Michael Douglas, sorte d’Indiana Jones à la sauce comédie romantique, allait y mélanger science fiction grand public et comédie pour exploser les box office dès 1985.

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Pourquoi est-il impossible de ne pas aimer cette trilogie ?

Les personnages principaux y sont pour beaucoup. L’alchimie entre Marty McFly et le Doc, au même titre que celle entre Michael J. Fox et Christopher Lloyd est palpable. Les répliques sont dynamiques et l’action non stop. A noter qu’on oublie souvent les autres interprètes : Thomas F. Wilson qui joue le “méchant” Biff Tannen livre un travail remarquable ainsi que Crispin Glover, interprète du père de Marty. 35 ans plus tard, leurs noms sont (et resteront toujours) associés à ces rôles.

Michael J Fox, aujourd’hui âgé de 59 ans, entretient d’ailleurs le mythe comme cela fut le cas lors d’un récent concert de Coldplay ou il était en guest pour interpréter Johnny B Good ou lorsqu’il apparait avec Christopher Lloyd, habillé comme dans le film, sortant de la De Lorean lors du Jimmy Kimmel Show dans une ambiance de fou. Et quand on connait l’état de sa maladie de Parkinson, il y a toujours beaucoup de tristesse et de respect à le voir se battre, lui qui a été contraint d’annoncer la fin de sa carrière, trop diminué. Bref, il restera cet adolescent trop cool, auquel on aimerait tous ressembler ou que l’on aimerait avoir comme copain.

L’histoire qui court sur les trois films est extrêmement bien goupillée. Sortie de l’imagination de Zemeckis et de Bob Gale, si l’on en retient généralement des répliques désormais cultes comme « Là où on va, on n’a pas besoin de route », « nom de Zeus ! » et j’en passe, elle ne se limite pas à une simple histoire d’allers-retours dans le temps. On remarque que l’imbroglio proposé par les films (surtout les 2 premiers) se tient et on s’étonne parfois de la pertinence du 1er film vis-à-vis de ses suites en terme de cohérence, étant donné qu’elles n’étaient pas prévues au départ. Le second épisode montre un futur déjà dépassé et vieillot en 2020 quoique assez marrant dans certaines scènes. Le dernier épisode qui revisite l’esprit du western donne une histoire et une vision de l’Ouest réjouissante, lui aussi, rendant hommage à une grande figure : Clint Eastwood.

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Une formidable richesse visuelle

La trilogie, et le culte qui lui est associé, viennent aussi de tout un visuel qui a marqué les spectateurs devenus fans. La De Lorean bricolée par le Doc possède un look génial (à l’origine, le voyage devait se faire dans un frigo, idée vite abandonnée… et on comprends pourquoi). Le look de Marty a relancé la mode des jeans blousons et basket Nike (dont des exemplaires à laçages automatiques ont vraiment été créés par la marque). L’Overboard fait aussi partie de la légende tout comme la bande son rock endiablée qui a permis à Huey Lewis de créer son plus gros tube, « The Power of Llove », et à Chuck Berry d’être associé au succès du film.

De fait, la trilogie "Retour vers le futur" fait partie des miracles du cinéma hollywoodien. Elle porte la marque des années 80’ et fait la preuve d’une belle inventivité malgré une base toute simple. Le divertissement est total, les défauts passent de manière invisible et le film passe de génération en génération, toujours avec le même plaisir… Donc voila pourquoi il est impossible de ne pas aimer "Retour vers le futur". Enfin ce n’est que mon humble avis. D’ailleurs, mon fils a 8 ans et attend déjà de voir la suite dans laquelle « là ou l’on va, on a pas besoin de routes ».

Vous avez forcément saisi, et j’ai été clair dès le début, l’affection que je porte à "Retour vers le futur". Elle porte les marques d’une époque (les eighties), bien sûr, mais son scénario à la fois sans prétention sans paresse, ses dialogues et son imagerie ne peuvent pas laisser indifférent. On se doute bien que "Retour vers le futur" relève de films légers, sans message très profond à délivrer, mais le divertissement était là, est là et sera là… Tout le temps !

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