22 septembre 2020
Programme TV

Sur la route de Madison de Clint Eastwood

Par Pierre Delarra

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"Sur la Route de Madison" (Disponible sur Chérie 25, le 30 Avril 2020) est l’adaptation du Best-Seller éponyme de Robert James Waller paru en 1992. Clint Eastwood endosse y le rôle du photographe de Robert Kincaïd du National Geographic. Celui-ci tombé sous le charme du scénario, décide d’en prendre la réalisation et sur les conseils avisés de sa propre mère de confier le rôle de Francesca à Meryl Streep ; un moment hésitant entre les actrices Jessica Lange, Suzan Sarandon et Catherine Deneuve.

Clint Eastwood désirait pour ce rôle, faire incarner la femme typique du Middle West américain avec une touche italienne celle des formes avantageuses ayant pour inspiration Sophia Loren et Anna Magnani. En vue de se rapprocher de cet idéal, Merry Streep n’hésitera pas à grossir pour ce rôle.

Les moyens entrepris sont résolument restreints : une ferme typique, un pont en bois couvert, celui de « Cedar Bridge ». Malheureusement, les deux décors achetés par la production seront réduits en cendres par un incendie perpétré par un pyromane. Ces deux décors demeurent le focus du film, seule une escapade emmènera les deux protagonistes dans un club de Jazz, le « James Rivers » private joke fait au bassiste James Rivers Jazzman attitré du groupe mené par Kyle Eastwood, le fils même de Clint Eastwood.

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Ce pont dit de « Rosman » est le lieu même de la fixation de l’amour naissant entre Robert et Francesca, Robert descend du talus du pont pour cueillir des fleurs à Francesca qu’elle qualifiera de toxiques, terme vite corrigé pour son manque de tact ; ce moment rapproche les deux personnages : lui, libre dans les champs ; elle, enfermée sous le pont et Robert de dire : « Les rêves sont de vieux rêves mais je sais que je ne les ais pas réalisés. » Vœux vite concrétisés le soir même dans la ferme.

Lors du tournage Eastwood a alors soixante-cinq ans. Il retrouve là toute la fougue de la jeunesse. Paradoxalement, il quitte l’âpreté de ses films d’avant pour accéder à une plénitude rare qui pourrait évoquer l’amour de Richard Dreyfus et de Holly Hunter dans cette autre ode à l’amour stoppée nette de "Always", dirigé par son ami Steven Spielberg , qu’il avait déjà approché pour la production de "Schindler List".

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"Sur la Route de Madison" est une pure mélodie, une harmonie non contraignante, libre. Ce film est hors de tout, hors du temps ; il devient l’essence même des incompréhensibles volontés de l’amour ; un des plus beaux films consacrés à cet impérieux sentiment. C’est cette surprenante et belle route de Madison ponctuée par les espaces du Middle West, par ces ponts couverts que naissent et vivent les deux personnages Robert et Francesca. Cette volonté de rejoindre Robert, Francesca doit la retenir comme elle se retient à la portière de sa voiture face à celle de Robert pour enfin faire demi-tour et s’éloigner à contre sens contrainte par l’absurdité des carcans de la vie sociale d’alors, des clichés et stéréotypes des années cinquante mettant par là même fin à cette idylle foudroyée et, sans nul doute, idéalisée à jamais.

A vos sodas, pop-corn et bonne projection !

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