18 février 2020
Séries

Calls : La série

CALLS : DES APPELS DE L’AU-DELÀ

Par Elisa Drieux-Vadunthun

Sueurs froides, inconnu, horreur et mystère, sont les mots qui selon moi peuvent être accordés à la série "Calls", dont la saison 2 est fraîchement sortie.

Commençant en 2017, "Calls", réalisée par Timothée Hochet, ne fait pas beaucoup de bruit, alors qu’elle devrait. Son contenu, lui en revanche, fait beaucoup de bruits. Des bruits de respirations fortes, d’immeubles qui s’écroulent, d’avion qui s’écrase, d’un meurtrier qui fait craquer le parquet prêt à se jeter sur sa proie, le bruit du frottement des pieds sur une pelouse ou encore la bouteille d’oxygène de son partenaire qui indique qu’il serait préférable de remonter rapidement à la surface.

"Calls" est à la fois surprenante et originale, car elle nous prend au vif et nous met dans une situation qu’on a l’impression de vivre au moment même où l’action se déroule. On rit parfois, mais on pleure aussi. De l’émotion, ça il y en a, mais pas que pour nous, pour ces personnages aussi, qui sont derrière leur téléphone essayant désespérément de joindre le 911, un ami ou un proche.

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Ce qui rend les situations encore plus crédibles est le soin pris par le réalisateur de conserver les dialogues en version originale. Si ce sont des personnes anglaises ou espagnoles qui sont au téléphone avec un français, elles parleront dans leur langue maternelle. Quel bazar me diriez-vous ! Ne vous inquiétez pas, le réalisateur a pensé à tout...

Vous pourrez suivre la conversation en temps normal, car des sous-titres, même pour le français, se trouvent sur l’écran en-dessous d’une LED de lumière sur fond noir qui correspond au personnage qui parle. Dès qu’un personnage commence à parler, une lumière s’allume avec son nom et des ombres, des lumières, des flashs ou autres, divaguent sur notre écran pendant la conversation. En entrée, vous serez accompagné(e) de la date de l’enregistrement retrouvé, ainsi que l’heure et la localisation de l’enregistrement audio.

"Calls", ce sont donc des enregistrements téléphoniques ou audio retrouvés, qui datent de 1999 à 2028 ou plus. On essaie de comprendre ce qui a pu se passer. Des chasseurs de fantômes, des fous détraqués produisant des E.M.I (expériences de mort imminentes), des explorateurs de l’espace, un couple assistant à une catastrophe, le monde envahi par les extra-terrestres. Nous sommes à la fois dans le passé et le futur.

On ne sait pas où placer "Calls". On ne sait pas s’il y aura véritablement une fin. Ce que l’on sait c’est qu’il y a une histoire ou plutôt des histoires, qui abordent des thèmes très variés. C’est un peu, au final, comme une enquête policière. Au début, on pense que les histoires ne dépendent donc pas les unes des autres. Toutefois, très rapidement, on se rend compte du lien qui existe entre les épisodes, car bien sûr, dérouté par l’originalité de la mise en scène de cette série, on se raccroche au peu d’éléments que l’on nous donne : des lieux, des noms, le type d’enregistrement et des indices distillés à travers les sons et les dialogues de chaque épisode.

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Mathieu Kassovitz


Nous voilà, malgré nous, comme des espions, des scientifiques dans leur laboratoire, s’attachant avec minutie à reconstituer l’Histoire, celle de notre planète. « Pourquoi en sommes-nous là ? » demande l’un des personnages à la fin du dernier épisode de la première saison. D’aucuns diront qu’il n’existe aucun lien entre les épisodes de la saison 2, mais là aussi, c’est un leurre.

Attention ! C'est une série qui se dévore très vite avec des épisodes d’une vingtaine de minutes. Cependant, elle peut vous dévorer aussi, car elle fait claquer vos dents et vos genoux.

Une mise en scène remarquable et originale domine l'ensemble. Pas facile à réaliser, mais elle fonctionne. La série "Calls" fait travailler notre imaginaire, alimente nos cauchemars et nos rêves, car seuls les dialogues des acteurs défilent sur notre écran. La bande-son, elle, vous transporte comme si vous étiez derrière ce téléphone ou ce dictaphone.

Aussi, je vous conseille de ne pas sous-estimer cette série, et son pouvoir sur votre imagination. À votre casque pour plus de sensations. Allumez votre télévision ou votre ordinateur.  Fermez la lumière et profitez de bons frissons avec "Calls". On vous retrouve dans 10 ans… ou plus !

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