18 juillet 2019
Séries

Chernobyl : La série

CHERNOBYL

Présentation de la série Chernobyl

Par David Mauqui

serie-chernobyl-2

26 avril 1986, 1 heure 30 du matin. La population de Prypiat est réveillée par une explosion à quelques kilomètres, venue de la centrale nucléaire Vladimir Ilivitch Lénine qui deviendra bientôt connue dans le monde entier sous le nom traditionnel du site : Chernobyl (Merle Noir).

De leurs fenêtres, ils aperçoivent une colonne bleue s’élevant dans le ciel comme un phare merveilleux dont la cause n’est autre que le rayonnement du cœur d’un réacteur mis à nu et vomissant dans l’atmosphère un flot continu de particules nucléaires.

Réunis en urgence, les autorités de la centrale refusent d’admettre l’évidence et envoient des pompiers maîtriser l’incendie car il est dit que « Le réacteur ne peut pas exploser ». Cette phrase, plantée dans les crânes et répétée comme un mantra fait sens jusque dans les lèvres du professeur Valery Legasov qui sera dépêché sur place pour constater l’étendue des dégâts.

En attendant, on envoie des techniciens sur le toit pour rapporter ce que ces derniers savent déjà tandis que les soldats du feu manipulent des lances à incendie dérisoires au milieu des débris de graphite chargés de plutonium. Ils mettront plus de deux semaines à agoniser pour certains. Les plus chanceux seront morts en quelques heures.

Voici à peu près comment débute cette mini-série, "Chernobyl", entre documentaire et enquête policière, et qui nous permet de revivre dans nos fauteuils la plus grande catastrophe industrielle de l’histoire de l’humanité à une époque ou personne n’avait réellement idée de ses conséquences à court comme à long terme, dans un contexte à présent oublié de guerre froide et où on pensait que la menace nucléaire frapperait du ciel et non de la terre.

On y découvre des situations qui pourraient faire rire si ce ne sont les conséquences désastreuses, par exemple de discours idéologiques alors que la vie de millions de personnes est en jeu, les travers d’une communication faussée par les rapports de pouvoir, les ambitions et les vanités personnelles que même le paradis communiste de l’empire soviétique n’a pas su éradiquer. On y découvre qu’au final, un chef reste un chef et un abruti un abruti, qu’il soit communiste, capitaliste ou socio-libéral.

Chaque séquence, chaque phrase prononcée se recoupe avec les données qui sont aujourd’hui accessibles, qui furent pendant plus d’une décennie conservées dans les archives du KGB et dont on ne doit la révélation qu’à Valery Legasov qui déposa ses mémoires dans une ambassade avant de se donner la mort le 26 avril 1988, deux ans jour pour jour après le début de la catastrophe. Suicide commis pour que son message soit entendu et parce qu’il était convaincu qu’un nouvel incident n’était pas une question de « si » mais de « quand ».

Seules quelques séquences ont été romancées pour l’intérêt dramatique et l’écriture du scénario. Ainsi les débats du procès final, quand on sait qu’on disposait des enregistrements intégraux des conversations qui avaient lieu dans la salle de contrôle de la centrale. De même le personnage d’Emily Watson ("The Happy Prince"), Ulana Khomyuk, est une invention pour rendre hommage aux dizaines de scientifiques qui travaillèrent à ses côtés et qui contribuèrent à établir la vérité au péril de leur vie.

La série "Chernobyl" est produite pour ne jamais oublier l’histoire d’une catastrophe impossible mais qui devait nécessairement arriver, symbole de la toute puissance d’un système politique et également de son agonie.

Ne pas oublier pour deux raisons : parce que cela peut arriver à nouveau, et ce sera le cas de Fukushima en 2011 comme ce le fut à Three Miles Island en 1979, mais également parce que Tchernobyl appartient désormais au patrimoine de l’humanité, tel un monstre prêt à dévorer le monde pour des millions d’années emprisonné dans un sarcophage prévu pour le siècle à venir, tandis que nous nous enterrons peu à peu dans un entassement de déchets radioactifs et des centrales dont le démantèlement n’a jamais été réfléchi pour pierres tombales.

ça peut vous interesser

Westworld : Saison 2 à Série Mania

Rédaction

Alliés : Le temps d’aimer et le temps d’être mitigé

Rédaction

Quelques Avengers à la ville

Rédacteur