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Terence Knox : Un homme de devoir

Par Emmanuel Francq

Tout comme Tom Selleck dans « Magnum » et Don Johnson (Sonny Crockett) dans « Miami Vice », Terence Knox « colle » au plus près de son personnage dans la série "L'Enfer du Devoir". Dès le départ, l’acteur savait très bien quelle image il voulait projeter à l’écran, comme il l’explique à « Ciné-Télé Revue » en 1988, à la fin de la 1ère saison : « Celle d’un homme aguerri mais humain et sensible qui se soucie avant tout des hommes dont il a la charge et qui n’affiche aucune opinion politique. » Tout en étant très différent de son personnage : « Sans m’humilier, je crois que Zeke est un être humain plus accompli que moi, moins accessible à la colère et plus maître de ses réactions. » Et pas d’amalgame surtout avec les films de Sylvester Stallone : « « L’enfer du devoir » n’est pas « Rambo » et demande plus de sensibilité » et de pouvoir d’émotion que de muscle. Tout ce qui comptait de biceps à Hollywood a lu le script au moment où la production cherchait des têtes pour incarner les personnages. Des gars comme Zeke n’ont pas besoin de rouler des mécaniques ou d’hurler. Il leur suffit d’un simple sourire pour convaincre ou faire peur. Certains anciens combattants sont conseillers techniques sur le tournage de la série (NDLR : les créateurs Steve Duncan et L. Travis Clark). Ils ne portent pas de poignard à la hanche ou ne bandent pas leurs muscles à tout propos, ils ont l’air de vrais gentlemen. Et pourtant, c’est le genre d’homme pour lequel on traverserait les flammes de l’enfer. »

Participer à la série "L'Enfer du Devoir" lui a apporté beaucoup sur le plan personnel, comme Knox le souligne dans une autre interview donnée à « Ciné-Télé Revue » à la fin mai 1991 : « En jouant Zeke Anderson, j’ai mieux compris le problème des vétérans du Vietnam, leur frustration. Ils devraient être considérés comme des héros. Or, on les accuse souvent d’avoir fait la guerre. Depuis, je me suis engagé activement dans leurs mouvements pour défendre leur honneur perdu. » S’il n’a pas fait la guerre du Vietnam lui-même, Knox confie : « Quand on m’a proposé la série, il m’importait surtout de traiter la psychologie du commandement. Le but d’un officier est de faire son travail de soldat mais, surtout, de ne pas faire tuer ses hommes. On a tendance à l’oublier. Les soldats ne sont pas des machines à faire la guerre, mais des êtres humains qui ont aussi leur sensibilité. Il me revient souvent en tête cette image d’une superproduction sur la guerre où deux anciens amis se retrouvent face à face, une arme à la main. Il serait trop simple d’appuyer sur la gâchette et de raser le passé. »

Au final, Terence Knox a créé un des plus beaux personnages de l’histoire de la télévision, moins populaire que ses pairs des années 80, « Magnum », « MacGyver », « Rick Hunter » et « Miami Vice », mais certainement plus attachant car terriblement humain. Rien que pour lui, la série mérite amplement d’être (re)découverte.


POUR EN SAVOIR PLUS :
LE DOSSIER L'ENFER DU DEVOIR - LA SERIE
GUIDE DES EPISODES SAISON 1
GUIDE DES EPISODES SAISON 2
GUIDE DES EPISODES SAISON 3 (A VENIR...)
LES COULISSES DE LA SERIE

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