28 novembre 2021
Séries

Ryan Murphy : La coqueluche de tous les écrans

Par Clara Lefèvre-Manond

Fox, FX, HBO, Netflix, tout le monde s’arrache Ryan Murphy. Il est le père de plusieurs séries à succès comme "Nip/Tuck", "Glee", "Pose", "American Crime Story" et on en passe. Producteur, scénariste, réalisateur, cet Américain de 54 ans n’en est plus à son coup d’essai avec la récente sortie de "Ratched" sur Netflix (depuis le 18 Septembre) et "The Boys In The Band" qu'il a produit tout récemment. Focus sur un homme aux multiples casquettes dont le petit écran raffole.

De journaliste à scénariste, il n’y a qu’un pas

Si son nom ne vous dit rien, peut-être que ses créations vous parlerons. Toutefois, avant d’aborder les œuvres de Ryan Murphy, faisons un petit saut dans son passé. Après avoir obtenu son diplôme du secondaire, il entame des études de journalisme dans l’Indiana. Pourtant, le jeune Murphy est déjà intrigué par le monde du cinéma : « J’avais été accepté à l’école de cinéma, mais mes parents ne pouvaient pas se le permettre et ils gagnaient trop d’argent pour que j’obtienne une bourse », confiait-il en interview.

Après ses études, il devient reporter pour le Los Angeles Times et Entertainment Weekly. Parallèlement, Ryan Murphy écrit des scénarios et vend son premier script, en 1996, avec une comédie romantique intitulée « Why Can’t I Be Audrey Hepburn ? ». Steven Spielberg est pressenti pour la réalisation mais le projet ne se fait finalement pas. À partir de là, Murphy quitte le monde du journalisme et se consacre pleinement à l’écriture de scénarios. Il crée sa première série, "Popular", un teen drama pour la chaîne Warner Bros. Elle met en scène deux lycéennes que tout oppose. Brooke, la blonde est la capitaine ultra-populaire des pom-pom girls, Sam, la Brune veut être journaliste. Elles vont devoir apprendre à s’apprécier lorsque le père de Brooke épouse la mère de Sam. La série prend fin en 2001. Annoncerait-elle les prémices de sa future série "Glee" ?

Le début du succès

Murphy ne perd pas de temps, et le succès arrive à grands pas. En 2003 est diffusée la série "Nip/Tuck" sur FX. La série met en scène les aventures de deux chirurgiens plastiques à Miami. Cette idée lui est venue à l’époque, où journaliste, il avait enquêté sur la popularité croissante de la chirurgie plastique. "Nip/Tuck", c’est une série médicale mais sexy et un peu trash.

Acclamée par la critique, la sérié récolte des très bonnes audiences sur la chaîne FX jusqu’à sa fin en 2010. Cependant, Ryan Murphy s’attire en même temps les foudres de plusieurs associations conservatrices comme le Parents Television Council (le Conseil Télévisé Parental), qui jugent la moralité des personnages douteuses et dénoncent des scènes trop explicites et de fort mauvais goût. Néanmoins, Ryan Murphy n’en a que faire, son show est une réussite.

Fort de son succès immédiat à la sortie de "Nip/Tuck", Ryan Murphy entre dans le monde du cinéma. Il réalise "Running with Scissors", en 2006, puis "Mange, Prie, Aime", en 2010, avec Julia Roberts, Viola Davis ou encore James Franco.

Glee : la série consécration

Entre ces deux films, Ryan Murphy lance sa série musicale "Glee" en mai 2009 sur la chaîne Fox. Immédiatement, le show devient un succès mondial. Les deux premières saisons font les choux gras de la critique internationale et "Glee" remporte deux Golden Globes : celui de la meilleure série télévisée musicale ou comique en 2010 et 2011. De son côté, Ryan Murphy remporte le Primetime Emmy Award pour la meilleure réalisation pour une série télévisée comique en 2010.

Pourtant, la série va connaître une perte de vitesse lors du décès d’un des acteurs phare, Corey Monteith. La série prend fin après six saisons, le 20 mars 2015. Ryan Murphy confiera que la fin de la série n’était pas ce qu’il souhaitait : « La dernière année devait être centrée sur le couple Rachel/Finn (…) J'avais en tête le plan final, et Cory était dedans, ainsi que la toute dernière réplique de Lea. Quand une telle tragédie nous arrive, tout s’arrête, il faut alors réfléchir pour déterminer comment réagir, et quoi faire par la suite. » Malgré l’arrêt de la série, et un succès faible à la fin, Ryan Murphy ne se démonte surtout pas et continu de produire, d’écrire et de réaliser des séries.

Frissons et tremblements : l’horreur selon Ryan Murphy

Pendant et après "Glee", Murphy produit en 2011, la première saison d’"American Horror Story" sur la chaîne FX. La série d’anthologie horrifique change drastiquement de la comédie musicale lycéenne. Il explique cela par un ras-le-bol de sons style précédent, « je me disais : “Je n’en peux plus d’écrire des beaux discours pour les gamins de Glee sur l’amour, la tolérance et la solidarité. Je vais me tuer” ».

Effectivement, c’est le cas. "American Horror Story" est un mélange horrifiant, terrifiant, parodique et populaire, qui n’a pas encore prévu ses adieux. En effet, présumée arrêtée après la saison 10, FX et Hulu ont annoncé trois nouvelles saisons, poussant sa diffusion jusqu’en 2023. Avec "American Horror Story", Ryan Murphy marque son incursion dans le monde de l’horreur, l’angoisse, le dérangeant mais aussi l’anthologie.

Le roi des séries d’anthologies

On ne peut pas le nier. Bon nombre des œuvres télévisuelles (même son film "The Normal Heart") sont des anthologies. La structure est souvent la même. Chaque saison comporte son histoire, son thème. Chaque saison voit son casting changer ou non, mais tous les acteurs n’interprètent plus le même rôle. Parfois, il peut y avoir des liens, parfois non. C’est le cas entre quelques saisons d’"American Horror Story". Et dans ce domaine, Ryan, c’est le roi. On peut citer : "Scream Queens", "Pose", "Feud", "Hollywood" ou encore la très récente "Ratched". Il prépare d’ailleurs un autre show dans cette même veine : "Monster : The Jeffrey Dahmer Story", sur le tueur de Milwaukee.

Certaines de ses séries sont de réels chefs-d’œuvres. Comme, "Pose", qui parle des libertés LGBT, de la Ball culture, le milieu afro et latino-américain dans le New-York des années 80. La série est une explosion de couleurs et de bonne humeur, malgré les très rudes épreuves des protagonistes. Le thème des LGBTQI+ est d’ailleurs un sujet qui tient très à cœur à Ryan Murphy. L’homme aux multiples casquettes, est aussi réputé pour tourner avec un casting de haut vol et avoir ses chouchous. Ryan Murphy a fait tourner et écrit des rôles pour une bonne partie du gotha hollywoodien. Sharon Stone, Cynthia Nixon, Billy Porter, Jim Parsons, Julia Roberts et on en passe. Il concocte actuellement deux comédies musicales, "The Prom" et "Chorus Line", respectivement avec Meryl Streep et Nicole Kidman.

On ne peut décemment pas parler de Ryan Murphy sans parler de Sarah Paulson. Ils ont commencé avec "American Horror Story" et depuis les deux font la paire ! L’actrice considère même sa relation avec le producteur comme « un mariage créatif », comme elle le révèle dans les colonnes du Guardian. En plus de Sarah Paulson, on retrouve régulièrement Emma Roberts et Evan Peters dans les séries produites, écrites, réalisées (ou les trois) par Ryan Murphy.

La patte du réalisateur

Souvent, ou plutôt à l’habitude de regarder ses séries, on se rend bien compte qu’il y a une patte de l’artiste. Surtout lorsque c’est lui qui est à la réalisation. Murphy utilise, les mêmes procédés pour nous angoisser, musiques glauques, bruits stridents, pièces immenses, etc. Les plans sont souvent les mêmes, larges et en mouvement. Il est adepte des trans-trav, ce qui nous fait littéralement voyager à travers nos écrans.

Mais pourquoi est-il si prolifique ?

Depuis qu’il a commencé avec "Popular", en 1999, Ryan Murphy ne s’est tout bonnement par arrêté. Il a fondé sa maison de production la Ryan Murphy Productions. Inspiré et inspirant, l’Américain est devenu en 20 ans la coqueluche que tout le monde s’arrache. En 2018, il signe un contrat de 300 millions de dollars avec Netflix pour les cinq prochaines années, et quitte donc la Fox. Rien que ça. Il suit les pas de Shonda Rhimes, scénariste afro-américaine, l’une des plus grandes productrices et créatrices de série. Ryan Murphy a finalement réussi à s’imposer dans le petit écran en vingt ans. Nommé et récompensé plus d’une dizaine de fois, le producteur semble ne plus avoir le besoin de se faire un nom si ce n’est pour entrer dans la postérité...

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