18 septembre 2019
Séries

Sur la piste des cheyennes : La série

SUR LA PISTE DES CHEYENNES

(1976)

Présentation de la série Sur la piste des cheyennes

Par Thierry Le Peut

Avec le concours de Christophe Dordain (fiche technique, guide des épisodes, portraits des comédiens et du producteur)



En 1976, "Gunsmoke" s’est arrêtée sur CBS depuis un an après avoir tenu l’antenne vingt saisons consécutives. D’autres grands titres du western se sont éteints dans les années antérieures : "Le Virginien" en 1971, "Bonanza" en 1973. La décennie est plutôt au genre urbain, au policier, au polar, au film noir adapté pour le petit écran.

Pourtant le western vit encore de belles années : c’est en 1976 qu’apparaît sur ABC la saga des Macahan, déclinée sous forme de téléfilm puis de mini-séries et de nouveau de téléfilms, jusqu’en 1979. "Kung Fu", avec David Carradine, a imposé trois saisons durant, entre 1972 et 1975, un nouveau style qui se nourrit de l’héritage du western tout en explorant une voie originale.

Il est encore temps de revisiter l’Ouest : loin d’être mort, le western est en fait entré en mutation après avoir été un genre florissant à la télévision depuis les origines, au début des années 1950.

Cette mutation, "Sur la piste des Cheyennes" l’accompagne en s’inspirant des classiques du genre ("La Prisonnière du désert" de John Ford, "Nevada Smith" de Henry Hathaway, Cheyenne à la télévision) pour peindre un Ouest en proie à la violence, nullement manichéen, sale et dangereux mais attachant pourtant par ses grands espaces et son goût de la liberté.

Un Ouest lui aussi en mutation car travaillé par les forces de progrès qui remettent en cause son mode de fonctionnement et l’exhortent, violemment, à changer.


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LA CREATION DE LA SERIE

La paternité de "Sur la piste des Cheyennes" revient en premier lieu au producteur qui a porté la série sur les fonts baptismaux. En l’occurrence, David Gerber n’est pas un inconnu.

Au cours de la décennie 1970, il a produit quelques séries emblématiques telles que "Police Story", une anthologie policière plusieurs fois nominée aux Emmy Awards et récompensée en 1976, et "Sergent Anderson" avec Angie Dickinson. Ces programmes ont en commun un sens du réalisme très prégnant dans les shows policiers de la décennie et que le producteur a également réussi à imposer dans "Sur la piste des Cheyennes".

Tracy Keenan Wynn n’a pas encore trente ans quand il signe le scénario du téléfilm de 90 minutes destiné à être diffusé en mai 1976 pour tester la réaction du public. Fils du comédien Keenan Wynn (qui apparaît dans le pilote et plus tard dans l’épisode en deux parties "Terres brûlées"), il s’est fait remarquer dès ses débuts en remportant un Emmy Award pour le scénario du téléfilm "Tribes", réalisé par Joseph Sargent, où la discipline d’un instructeur des Marines (Darren McGavin) se heurte au pacifisme d’un jeune contestataire (Jan Michael Vincent), en 1970.

Il a ensuite adapté "The Glass House" de Truman Capote pour le réalisateur Tom Gries (et été nominé aux Emmy Awards) puis co-écrit "The Autobiography of Miss Jane Pittman" pour John Korty, sur le destin d’une femme noire née esclave et engagée dans la lutte contestataire des années 1960 ; le film lui a valu un nouvel Emmy Award en 1974.

Avec "Plein la gueule" en 1974 et "La toile d’araignée" l’année suivante, c’est pour le grand écran qu’il écrit, avec les réalisateurs Robert Aldrich et Stuart Rosenberg ; Burt Reynolds tient la vedette dans le premier titre, Paul Newman dans le second. Le scénario de "La toile d’araignée" est nominé aux Edgar Allan Poe Awards. En voyant un tel palmarès, on ne s’étonne pas de la qualité du script de "Sur la piste des Cheyennes".

Maintenir dans la série subséquente la même qualité d’écriture n’allait cependant pas de soi. La production du pilote avait été confiée à Christopher Morgan, qui avait produit un temps "Police Story" pour David Gerber. Morgan, né en 1942, avait sensiblement le même âge que Tracy Keenan Wynn. C’est à deux producteurs plus âgés que Gerber confia les rênes de la série, Mark Rodgers et James Harmon Brown.

- Mark Rodgers écrivait pour la télévision depuis la fin des années 1950 ; il venait de produire "Sur la piste du crime" et "Joe Forrester" et écrivait également pour plusieurs séries importantes du moment telles que "L’Homme de fer", "Kojak" et "Sergent Anderson". Son téléfilm "Savage" venait, en 1973, d’être tourné par un jeune réalisateur prometteur, Steven Spielberg, avec Martin Landau et Barbara Bain dans les rôles principaux. Sur les courtes séries "Lady Blue" et "La loi selon McClain" produites dans les années 1980, la « patte » de Rodgers se manifeste dans une image crue et un ton âpre, qualités héritées de la décennie 1970 et qui n’est pas absente de "Sur la piste des Cheyennes".

- James H. Brown avait, lui, moins d’expérience ; il avait commencé comme assistant réalisateur avant de passer à la réalisation et à la production, impliqué notamment dans "Joe Forrester" pour la société de David Gerber. Dix ans plus tard, c’est au générique de Dallas et du western "Paradise" ("Le cavalier solitaire"), avec Lee Horsley, qu’on le retrouvera.

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Kurt Russell


ANALYSE DU PILOTE DE LA SERIE

Une fois les producteurs en place, c’est aux scénaristes qu’il revient de transmettre leur vision du show.

Dans le pilote, Tracy Keenan Wynn avait placé ses héros entre deux « camps » opposés : les Indiens d’un côté, qui ont élevé Morgan Beaudine après avoir tué ses parents, et de l’autre les soldats, qui en reprenant Morgan aux Indiens lui permettent de retrouver son frère Quentin.

C’est le personnage de Morgan, surnommé Deux Personnes par les Cheyennes, qui est au centre de la série. Né blanc, il est désormais à demi-indien et s’habille comme les Cheyennes, dont il respecte les croyances et reproduit certains usages. Partagé entre deux mondes qui se craignent et ne se comprennent pas, Deux Personnes se méfie même de son frère lorsqu’il le retrouve.

Blancs comme Indiens sont montrés sans manichéisme, la vertu comme la corruption existant dans les deux « camps ». Séparé de ses parents cheyennes, Deux Personnes n’a plus sa place parmi eux car il a accepté de suivre son frère Quentin et donc de rejoindre le monde des Blancs. Pourtant ce dernier le rejette également, en partie, comme « ami des Indiens » voire « métis ».

En outre, il a été témoin de la barbarie des soldats blancs lors de sa « libération » : des squaws découpées à la baïonnette, un morceau offert au sergent blanc par un traître cheyenne « pour qu’il puisse en tirer une blague à tabac »… « Les soldats m’auraient tué moi aussi si j’avais eu les cheveux d’une autre teinte », dit-il à Quentin.

Le motif de la blague à tabac faite dans la peau humaine, que l’on retrouvera dans le roman Colorado Saga de James A. Michener, est peut-être emprunté au film "Nevada Smith" de Henry Hathaway, où Steve McQueen incarne un métis traquant les meurtriers de ses parents. Quoi qu’il en soit, il se suffit ici comme symbole de la sauvagerie des soldats blancs, à laquelle répond celle de certains Indiens : dans l'épisode « Le dernier trappeur », les tortures infligées à leurs ennemis par ces derniers sont longuement évoquées, et dès le pilote les héros rencontrent les cadavres abandonnés dans le désert après une attaque indienne.

A cette volonté de rejeter la partition manichéenne entre le Bien et le Mal, le scénario du pilote ajoutait le souci de recréer un Ouest sale et âpre où la boue des rues ternissait l’éclat trop lisse des légendes.

L’arrivée à Cheyenne est de ce point de vue une scène emblématique : on y voit le troupeau de Tank Logan s’engager directement dans la rue principale de la ville, bousculant et risquant d’écraser les passants, voire de saccager les devantures en bois, retournant la boue dans laquelle pataugent les badauds tandis que des prostituées vident leurs pots de chambre depuis leur balcon et qu’une rixe projettent des bagarreurs hors du saloon. Là, au milieu du désordre, des négociants annoncent déjà leur prix pour enlever le bétail. Morgan découvre ensuite le quartier chinois, empli d’une foule bigarrée qui s’apostrophe et s’observe au milieu des étals disposés dans les rues.

Ces éléments se retrouvent ensuite dans la série : le décor de l'épisode « Ville ouverte » est encore une ville du bétail, comme celle où arrivent les convoyeurs de troupeau à la fin de « Terres brûlées » ; on y assiste en outre à la guerre que se livrent Mag et Annie Dent d’Argent, pourvoyeuses de « filles » pour les cow-boys, l’une dans le saloon qu’elle possède, l’autre dans un camp provisoire aménagé à chaque arrivée d’un convoi ; dans ce contexte, la mort n’est parfois qu’un élément du décor et l’entrepreneur de pompes funèbres local, loin de s’en émouvoir, sort son ruban à mesurer dès qu’un coup de feu se fait entendre. Dans « Les fils du ciel », on pénètre à nouveau dans un quartier chinois qui sera bientôt mis à feu et à sang par des Blancs furieux.

Enfin, cette âpreté que le pilote restitue à l’Ouest passe par la violence exacerbée qui s’y donne libre cours. Le shérif Moses vient à Tank Logan, à son arrivée à Cheyenne, en l’informant que l’usage des armes à feu est prohibé dans la ville, de manière à lutter contre la violence qu’amènent avec eux les cow-boys des convois.

Cette problématique se retrouve dans « Ville ouverte », dont le marshal apprend à ses dépens que sa politique de tolérance à l’égard des armes à feu apportées par les convoyeurs est une porte ouverte à des incidents dramatiques.

Un motif cristallise toutefois autour de lui la violence crue que la série refuse d’ignorer : celui de la pendaison. Il apparaît dès le pilote, dont l’un des personnages principaux est pendu sans procès à l’endroit même de son arrestation, à sa demande, pour échapper au procès qui l’attend.

Dans les épisodes ultérieurs, ce motif est repris à plusieurs reprises : dans « Shanklin », ce sont les Texas Rangers qui pendent un criminel à un arbre, dans « Day of outrage », demeuré inédit en France peut-être pour cette raison-là, c’est une femme, tenancière d’un établissement de plaisir, qui est pendue sommairement à l’issue d’une parodie de procès pour avoir publié des pamphlets hostiles au plus gros éleveur de la région.

Jamais la pendaison n’est montrée comme un événement banal ; au contraire, elle stigmatise la justice expéditive qui menace les habitants de l’Ouest et fait planer sur leur vie un danger constant.

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Tim Matheson

DES SCENARISTES DE POIDS

Pour prolonger cette vision de l’Ouest, les producteurs n’ont pas engagé une petite poignée de scénaristes. La série ne compte que quinze épisodes (auxquels s’ajoute le pilote) mais ceux-ci sont écrits par treize scénaristes différents, dont Mark Rodgers. Les seuls à prêter leurs noms à deux épisodes sont Frank Telford et Anthony Lawrence.

Le premier, réalisateur dans les années 1950 puis producteur et scénariste, a travaillé auparavant sur "Le Virginien" et "Bonanza" puis sur "L’Homme de fer" et "Mannix" entre autres. Entre 1974 et 1977, il signe plusieurs épisodes de "Sergent Anderson" pour David Gerber et on le retrouve en 1982 sur "La loi selon McClain" produite par Mark Rodgers. Il est en outre au cours de la décennie 1970 l’un des scénaristes récurrents de "Hawaii Police d’Etat", dont il écrit notamment le tout dernier épisode « Woe to Wo Fat ».

Anthony Lawrence, lui, a également écrit pour "Bonanza" et un grand nombre de séries de différents genres : guerre avec "The Rat Patrol", fantastique avec "Au-delà du réel" et "Le sixième sens", policier avec "Cannon" et "Hawaii Police d’Etat", et bien sûr western avec "Bonanza" et "Gunsmoke".

Plusieurs des autres écrivains engagés par la production appartiennent à cette « première génération de la télévision » qui a travaillé sur les westerns des années 1950 à 1970, notamment "Gunsmoke" ("Police des plaines") diffusée de 1955 à 1975 :

- Paul Savage a écrit pour "Laramie", "Daniel Boone", "La Grande caravane", "La Grande vallée" et "Gunsmoke" ;

- Earl W. Wallace fut aussi un pilier de "Gunsmoke" dont il écrira encore les téléfilms au seuil des années 1990 et il sera après "Sur la piste des Cheyennes" l’une des chevilles ouvrières de "La Conquête de l’Ouest", où James Arness troque l’insigne du marshal Dillon porté dans Gunsmoke contre la tunique de mountain man de Zeb Macahan ;

- Katharyn Michaelian Powers, récompensée pour le scénario de l'épisode « Terres brûlées », venait d’écrire plusieurs épisodes de "Kung Fu" et passerait également à "La Conquête de l’Ouest" (avant, plus tard, de travailler sur "Stargate SG-1") ;

- Ron Bishop, l’un des meilleurs scénaristes de "Gunsmoke" selon le comédien James Arness qui y tenait le rôle principal, avait œuvré sur "The Restless Gun", "Tombstone Territory", "Bronco", "Maverick", "Bat Masterson", "Laramie", "Le Grand Chaparral", "Le Virginien" et participerait aussi à l’aventure "La Conquête de l’Ouest" ;

- Dick Nelson, qui écrirait dans les années 1980 pour "Dynasty", "Falcon Crest" ou "Arabesque", avait également "Bonanza", "Laramie", "Rawhide", "Daniel Boone", "Gunsmoke" et "Le Virginien" à son tableau de chasse et venait de travailler sur "Alias Smith and Jones" ("Opération Danger") ;

- quant à William Putman, sa téléfilmographie contient des titres tels que "Le Proscrit", "Daniel Boone", "The Cow-Boys", "La Petite Maison dans la prairie" et… "Gunsmoke".

A cette fine fleur rodée au genre s’ajoutent les scripts écrits par de jeunes scénaristes :
- Charles A. McDaniel, également acteur, passé par "Dragnet" 1967, "L’Homme de fer", "Kung Fu" ;
- Sean Baine, scénariste de "Section 4" et "The Rookies" pour Aaron Spelling puis de "Police Story" et "Sergent Anderson" pour David Gerber ;
- enfin, Judy Burns qui avait travaillé auparavant sur "Sur la piste du crime", "Star Trek", "Mission : Impossible", "L’Homme de fer" et "Toma".

Pour chapeauter tout ce monde, c’est à Jack Miller que fut confiée la charge d’executive story consultant, qu’il avait occupée sur "Gunsmoke" entre 1971 et 1975. Scénariste depuis les années 1930, il avait aussi écrit pour "Le Virginien" et "Bonanza".

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DES TELEASTES CHEVRONNES

La même parenté relie les réalisateurs choisis pour la série.

- Le plus prolifique d’entre eux, Bernard McEveety, a signé plusieurs dizaines d’épisodes de "Gunsmoke" et son nom est associé à quelques-uns des titres les plus marquants du genre ("Le Virginien", "Rawhide", "La Grande vallée", "Cimarron Strip" dont il fut également producteur en 1967-1968, "Bonanza"…). Il signe pas moins de sept épisodes.

- Lee H. Katzin, qui signe le pilote, fut l’un des réalisateurs réguliers de "Le Proscrit" et de "Hondo".

- Barry Shear, plus familier des policiers, venait de tourner plusieurs épisodes de "Opération Danger".

- Corey Allen, acteur passé à la réalisation à la fin des années 1960, s’était fait les dents sur "Le Ranch L" et "Le Grand Chaparral" avant de travailler sur "Police Story" et "Sergent Anderson".

- Alf Kjellin, autre comédien-réalisateur, avait tâté du "Virginien" et de "Bonanza" avant de travailler sur "Gunsmoke" et "La famille des collines" ("The Waltons").

- Jerry London, le futur réalisateur de "Detroit" avec Rock Hudson et de "Shogun" avec Richard Chamberlain, avait lui aussi travaillé pour David Gerber et signerait peu de temps après plusieurs épisodes de "Deux cents dollars plus les frais".

- Michael O’Herlihy avait réalisé des épisodes de "Bronco", "Maverick" et "Rawhide", il était passé également par "Gunsmoke", "Opération Vol" et "Police Story". Il travaillera plus tard sur la série "Miami Vice".

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QUE DE TALENTS REUNIS !

La conjonction de ces talents est en soi une promesse de qualité que la série tient haut la main. Le tournage, effectué en grande partie en Arizona, fit la part belle aux paysages filmés en plans d’ensemble, tandis que le décor urbain, que l’on reconnaît identique d’un épisode à l’autre, emporte moins l’adhésion. Les personnages s’inscrivent ainsi dans un décor qui restitue à l’Ouest son amplitude et augmente le plaisir que l’on prend à suivre les histoires.

Quant aux costumes, supervisés par Grady Hunt, ils furent nominés aux Emmy Awards en 1977 pour l’épisode « La femme de la prairie » : d’emblée, les deux protagonistes sont identifiés par leur tenue, celle, indienne, de Morgan Beaudine servant de caractéristique majeure au show tandis que son frère Quentin porte un chapeau également reconnaissable.

Ecriture, réalisation, cinématographie, costumes et production en général rehaussent donc la valeur du programme, qui hélas ne survivra même pas à sa première saison : la faute première, sans doute, à sa programmation, le mercredi soir à 22 h, après le "NBC Movie of the Week" juste en face des "Drôles de Dames" d’ABC qui allaient en quelques mois imposer une Farrah-Fawcett-mania absolument imparable.

Confrontées à la légèreté tonique des Anges de Charlie, les qualités de "Sur la piste des Cheyennes" et surtout son âpreté ne firent pas le poids. A la fin de 1976, après la diffusion de onze épisodes (plus le pilote), NBC enterra définitivement sa série sans diffuser les quatre derniers segments.

En France, le programme fit son apparition dès février 1977, le dimanche après-midi sur Antenne 2. Le public français découvrait les inédits mais un épisode ne sera jamais doublé : « Day of outrage », que l’on évoquait un peu plus haut. Quant au téléfilm d’ouverture de la saison, « La captive », il ne sera proposé que plus tard sous forme de téléfilm unitaire, doublé par d’autres comédiens. On le verra par exemple sur RTL9, voire TV6 (ou M6), avant sa reprise récemment par Equidia.

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QUI SONT LES FRERES BEAUDINE ?

Kurt Russell (Morgan "Deux Personnes" Beaudine)

Enfant du comédien Bing Russell (acteur spécialisé dans le western et que l'on a vu notamment "Le Dernier Train de Gun Hill" de John Sturges ou la série "Bonanza"), Kurt est né le 17 mars 1951 à Springfield, dans le Massachussetts.

Propulsé dès l'âge de 9 ans sur la scène, il signe un contrat avec les studios Disney, et enchaîne films TV, séries et, à partir de 1966, plusieurs films Disney, comme "Demain des hommes" ou "Pas vu, pas pris". Autant de productions qui n'ont pas marqué les esprits mais qui ont permis à Kurt Russel d'apprendre le métier...

En parallèle, Kurt Russell apparaît dans une dizaine d'épisodes des séries "Le Fugitif", "Des Agents Très Spéciaux", ou encore "Daniel Boone" tout en étant la vedette de la série "Les Voyages de Jamie McPheeters", un programme produit par Robert Thompson, Robert Sparks et Don Ingalls qui fut diffusé sur le réseau ABC du 15 septembre 1963 au 15 mars 1964.

Après avoir tourné "The Strongest Man in the World", de Vincent McEveety, Russell abandonne les studios Disney, qui le cantonnent aux rôles de jeune homme sympathique, ouvert et athlétique.

Pourtant, les années à venir vont être dures. Ignoré par le cinéma, Kurt Russell se tourne vers la télévision en laquelle il trouve une précieuse alliée. Il y tournera de nombreux téléfilms, dont "La Recherche des Dieux" (1975), et "Le Miracle de la Mine" (1977), tous deux signés de Jud Taylor, ou encore "Amber Wave", de Joseph Sargent, en 1980.

N'oublions pas l'excellent série western "Sur la Piste des Cheyennes", une série de 17 épisodes conçue par David Gerber et diffusée du 22 septembre au 22 décembre 1976 aux USA sur le réseau NBC, où il était associé à Tim Matheson.

En 1979, l'acteur rencontre John Carpenter, qui lui propose le rôle du King Presley dans le téléfilm "Le Roman d'Elvis" (sorti dans les salles de cinéma en France).

Acclamé par les critiques, il est proposé, sans succès, à l'Emmy Award du meilleur acteur. Remarqué par Robert Zemeckis, il obtient un rôle dans "La Grosse Magouille".

Mais c'est surtout à Carpenter qu'il devra son succès : il tournera dans quatre films du cinéaste : "New York 1997", "The Thing", "Les Aventures de Jack Burton dans les Griffes du Mandarin" et "Los Angeles 2013".

Depuis, d'autres réalisateurs lui ont fait confiance : Ron Howard dans "Backdraft", Roland Emmerich dans "Stargate", George P. Cosmatos dans "Tombstone", etc.

Marié à Goldie Hawn (vue récemment dans "Le Club des Ex"), avec qui il a tourné "Swing Shift" et "Overboard", il a incarné Jeff dans "Breakdown" de Jonathan Mostow. On l'a retrouvé ensuite dans le film de Paul Anderson, "Soldier" ou aux côtés de Kevin Costner dans "Destination Graceland".

Avec "Dark Blue", le comédien avait opéré un retour spectaculaire sur le devant de la scène et de nombreux projets l'attendaient dont "Poséidon" qu'il a concrétisé en 2006, avec le cinéaste Wolfgang Peterson, puis "Boulevard de la Mort", sous la direction de Quentin Tarantino, film qui a été présenté en mai 2007 à Cannes.

Depuis, le comédien est demeuré très actif avec des films tels que "Fast & Furious 7", "Les Gardiens de la Galaxie 2", "Deepwater" et plus récemment "Once Upon A Time In Hollywood".


Tim Matheson (Quentin Beaudine)

Tim Matheson a débuté sa carrière à la télévision alors qu'il n'était encore un enfant en prêtant sa voix au personnage principal de la série animée "The Adventures of Johnny Quest" produite par William Hannah et Joseph Barbera pour le réseau ABC et diffusée au cours de la saison 1964/65). Puis, il a incarné Griff dans l'ultime saison de la série "Bonanza".

Au cinéma, on a pu apercevoir Tim Matheson aux côtés de David Soul et de Robert Urich affrontant Clint Eastwood dans "Magnum Force" mis en scène par Ted Post en 1973. Il a également tenu la vedette de "1941" réalisé par Steven Spielberg en 1979.

De nombreux téléfillms ont également jalonné son parcours dont "Etalage Public" (diffusé le 16 avril 1989 sur La Cinq). Un de ses derniers succès fut sa participation en tant que Vice-Président à la série "A La Maison Blanche", de 1999 à 2004, aux côtés de Martin Sheen, et plus récemment encore "Burn Notice "2008/2011) et "Hart of Dixie" (2011/2015).

A propos du tournage et de sa collaboration, Tim Matheson déclarait ceci : "J'ai beaucoup appris au contact de Kurt Russell. Il est demeuré un ami proche depuis l'époque du tournage de la série. Sa façon d'aborder le métier de comédien relevait presque d'une approche digne d'un sportif de haut niveau. Kurt est un modèle d'optimisme, de joie de vivre et de tranquillité.

J'avais pris l'habitude de considérer mon métier d'acteur avec beaucoup de sérieux voire trop peut être. Pendant le tournage du pilote de "Sur la Piste des Cheyennes", Kurt me reprochait de travailler trop dur au point de risquer de m'en rendre malade. Il me précisait alors que, si la série venait à être vendue, il faudrait que je puisse tenir la distance.

Au fond, tourner une série, c'est comme affronter une longue saison de matchs de basket-ball. Il faut donc adopter un rythme, calé sur un investissement professionnel qui sera de longue durée, à raison d'un épisode par semaine.

Autre chose qu'il me précisait à l'époque : pendant le tournage d'un film ou d'un épisode de série, il y a généralement 3 ou 4 scènes-clés qui méritent un intérêt particulier et un effort supplémentaire de préparation. Le reste du temps, il faut tout simplement gérer son influx.

Kurt Russell était déjà un acteur faisant preuve d'une grande sagesse en 1976 avec 20 années d'expérience acquises..."

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LA PRODUCTION : DAVID GERBER

David Gerber est indiscutablement un producteur qui a marqué de son empreinte l'univers des séries télévisées notamment au cours des années 70. Plus récemment, en 2003, il a été à l'origine de la production du téléfilm "Vol 93".

Après la Seconde Guerre Mondiale, David Gerber entreprend des études à l'Université de Stockton en Californie. Peu après, il intègre une agence artistique et entre en contact avec le monde de la production télévisuelle alors en plein essor à la fin des années 50.

Il participe ainsi aux activités du studio Twentieth Century Fox au moment de la production de la série "Voyage Au Fond des Mers" imaginée par Irwin Allen et diffusée de 1964 à 1968 avec Richard Basehart et David Heddison dans les rôles principaux.

D'autres séries profiteront alors de ses compétences dans les années 60 telles que "Room 222",  "Nanny and the Professor" et "Madame et son Fantôme" avec Hope Lange et Edward Mulhare qui constitueront ses premières sitcoms en tant que producteur à part entière.

En 1972, David Gerber est devenu suffisamment puissant pour s'imposer comme producteur indépendant et débute alors pour lui une prolifique décennie où les séries policières représenteront une priorité. Cette décennie est également marquée par la collaboration que David Gerber entame avec le romancier et scénariste de renom Joseph Wambaugh.

Ensemble, ils vont s'atteler au développement de séries policières marquées par une volonté de réalisme dans la description des enquêtes et de la vie quotidienne dans les commissariats des grandes mégapoles etatsuniennes.

Dans cette perspective, la série "Police Story" diffusée de 1973 à 1978 sur le réseau NBC constitue un indéniable succès. Centrée sur le quotidien de policiers en action dans le département de la police de Los Angeles, tout en évitant d'avoir recours à des personnages récurrents, "Police Story" va s'imposer comme un modèle qui permettra l'éclosion ultérieure de "Hill Street Blues" dans les années 80 voire de "New York Police Blues" dans les années 90 cette fois.

Récompensée par Deux Emmy Awards (l'équivalent des Oscars), "Police Story" permettra à de jeunes scénaristes de se faire la main. Parmi eux, citons notamment Michael Mann qui deviendra ensuite l'extraordinaire cinéaste que l'on sait et le producteur avise de séries dans les années 80 telles que "Deux Flics à Miami" et "Crime Story" dont le titre relève d'un hommage à sa consoeur des années 70.

"Police Story" servira également de plateforme de lancement de plusieurs séries dérivées. Citons "Sergent Anderson" avec Angie Dickinson et Earl Holliman (1974/1978), ou bien encore "Joe Forrester" avec Lloyd Bridges (1975/1976).

Au cours de ces fertiles années 70, David Gerber a également produit de nombreux téléfilms dont une variante du fameux "Vol 93".

En conclusion, quelques titres pour vous convaincre de l'importance de sa carrière :

- "Madame et son Fantôme" (1968/1970),
- "Police Story" (1973/1978),
- "Sergent Anderson" avec Angie Dickinson et Earl Holliman (1974/1978),
- "Vivre Libre" avec Gary Collins et Diana Muldaur (1974),
- "Joe Forrester" avec Lloyd Bridges (1975/1976),
- "Sur La Piste des Cheyennes" avec Tim Matheson et Kurt Russell (1976),
- "Today's F.B.I." avec Mike Connors (1982),
- "Lady Blue" avec Jaimie Rose et Danny Aiello (1985).

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FICHE TECHNIQUE

Créée par : Tracy Keenan Wynn
Producteur exécutif : David Gerber 
Produit par : James H. Brown, Mark Rodgers, Christopher Morgan (pilote)
Producteurs associés : Philip Fehrle, Marvin Miller (pilote)
Consultant aux scénarios : Jack Miller
Musique : Richard Shores
Directeurs de la photographie : Robert L. Morrison (pilote), Al Francis
Opérateur Caméra : Ronald Francis
Montage : Richard L. Van Enger, Ken Zemke, John Elias, Hugh Chaloupka
Assistants-réalisateurs : Jon C. Andersen, Henry J. Lange Jr., Stu Fleming
Casting : Al Onorato, Boland Wilson
Directeurs artistiques : Carl Anderson, Ross Bellah
Décors : Audrey Blasdel-Goddard, Robert Gould, John H. Anderson
Costumes : Grady Hunt
Maquillage : Ben Lane
Montage son : Bob J. Human, Sid Lubow
Montage musique : Sam E. Levin, Jerry McDonald
Casting : Renee Valente
Effets spéciaux : Robert Peterson
Coordinations des cascades : Gary Combs
Cascadeurs : Bill Catching, Al Wyatt, Mickey Gilbert, Chuck Tamburro, Dean Smith, Steve Chambers, Terry Leonard, Bennie Dobbins, Bill Burton, Henry Kingi, Read Morgan, Jim Halty
Une production Columbia Pictures Television & David Gerber Productions (1976)



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