Séries

The Undoing : Mais qui diable est le coupable ?

Par Clara Lefèvre-Manond

Inspirée du best-seller Les Premières Impressions (You Should Have Known) de Jean Hanff Korelitz, diffusée sur HBO et OCS depuis cinq semaines, la mini série ne risque pas de vous décevoir. "The Undoing" met en scène un casting que l’on retrouve presque exclusivement au cinéma : Nicole Kidman, Hugh Grant et Donald Suntherland. Entre suspens et rebondissements, vous vous demanderez constamment, mais qui diable a donc tué Elena Alves ?

C'est quoi cette série ?

Ne jamais se fier aux apparences. Grace Fraser (Nicole Kidman) va l’apprendre à ses dépens…. Thérapeute à succès sur le point de publier son premier livre, elle a un mari aimant, Jonathan Sachs (Hugh Grant) et un fils qui fréquente une école privée de prestige. Mais soudain, alors qu’un cadavre est retrouvé, son mari disparaît et de terribles révélations concernant celui qu'elle pensait connaître font surface. La vie de Grace bascule…

Une saison de 6 épisodes - Avec Nicole Kidman, Hugh Grant, Édgar Ramírez


Un thriller haletant et machiavélique

Une victime, un crime atroce et un mystère qui s’épaissit au fil de chaque épisode. Entre les révélations surprenantes distillées çà et là sur les protagonistes potentiellement impliqués, les théories de qui sera le coupable vont de bon train. On se pose des questions sur les personnages, qui sont-ils vraiment ? Quels secrets malsains cachent-ils ? "The Undoing", cette mini-série, est une affaire pénale passionnante, qui suscite le doute, qui est vraiment coupable ? Qui est vraiment innocent ? Qui doit-on croire ?

"The Undoing" réunit tous les ingrédients pour captiver notre attention et maintenir la tension et le suspens. C’est bien simple, à chaque fin d’épisode on en redemande, car ce que l’on prenait pour acquis dans l’épisode précédent est totalement remis en question et la vérité s’éloigne à mesure que l’on croyait la détenir…

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Nicole Kidman et Hugh Grant - Copyright FR_tmdb
Déconstruction totale d’une vie

"The Undoing" met en avant la chute, la ruine et la déconstruction totale d’une vie liée à un scandale. Et c’est ce qui arrive à Grace au cours de ce thriller machiavélique. La machine judiciaire et médiatique s’emballe en écrasant tout sur son passage sans se méfier des potentiels blessés, qu’elle laisse dans son sillage. On nous montre également comment dans ce monde de la haute société, on devient persona non grata en moins de deux. La vie de Grace bascule dans un cauchemar que l’on peut croire sans fin.

Lumière sur l’inégalité des chances

"The Undoing" met en avant l’inégalité entre les plus riches et les minorités plutôt pauvres. D’un côté, nous avons les riches new-yorkais, beaux, blancs, à succès et de l’autre, une famille banale, anonyme et de surcroit aux origines latines. Pour un homme comme Jonathan, il est facile de régler une caution s’élevant à plus d’un million et ainsi de sortir de prison...

« Il était très important qu’au sein de ce monde de privilèges blancs, nous reconnaissions ces mêmes privilèges, et leur oubli. Il est très surprenant de constater que les personnes privilégiées ne se rendent pas compte qu’elles le sont. Cet oubli collectif est très intéressant, car si vous êtes riche, vous pouvez sortir de prison en payant votre caution. C’est si injuste, et cela a des répercussions énormes sur le système judiciaire » explique la réalisatrice Susanne Bien ("Revenge", "Bird Box"). Mais pour une fois, ce sont bien les privilégiés qui sont à la barre…

Des acteurs grandioses

Si "The Undoing" connaît un aussi grand succès, c’est aussi grâce à son casting de haut vol. Nicole Kidman est comme une peinture aux couleurs étincelantes, à l’image de sa garde-robe, qui soulignons-le est splendide. Indéchiffrable, elle est émouvante dans son rôle de femme trompée et bafouée. Regards profonds, moues désespérées, on sent bien que Grace Fraser est au bord du précipice. Pourtant, elle ne vire pas dans le cliché de la riche mère de famille, elle nous transporte dans son rôle, si bien que l’on se retrouve profondément attaché à elle.

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Donald Sutherland et Noah Jupe - Copyright HBO

Hugh Grant, lui, excelle dans son rôle du cynique à la fois sympathique avec un humour typiquement British. Il joue à merveille le snob un peu grincheux, l’amant dévasté, le mari aux abois. Le rôle lui sied à la perfection, on ne verrait personne d’autre pour jouer ce rôle. Autour du couple, gravite le père de Grace, interprété par Donald Sutherland. À 85 ans, l’acteur parait en grande forme et joue avec brio. Mais ce n’est pas étonnant venant d’un si grand tel que lui. Et la surprise de la série, c’est Noah Jupe, le fils du couple, qui est totalement juste. La scène de la prison avec son père, sans mot, sans rien, juste ses yeux, le jeune acteur nous transmet bon nombre d’émotion.

Si les acteurs sont maîtres de leurs interprétations, il faut que le scénario en amont soit de qualité. Et là-dessus, pas de souci ! C’est le scénariste et showrunner David E. Kelley ("Big Little Lies", "Ally McBeal"), qui est derrière tout ça. À ceux qui comparent "The Undoing" à "Big Little Lies", je dirai que non, il ne s’agit pas de la même histoire. Certes, la bourgeoisie est au premier plan, mais en terme de suspens et de révélations, "The Undoing" est plusieurs crans au-dessus. La mini-série nous réserve encore un épisode, où nous saurons ENFIN qui est le coupable… Qui est-ce selon vous ? Personnellement, j’ai bien ma petite idée…

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