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La Loi de la jungle : Un road-trip de boxe

Par Alexa Bouhelier Ruelle


Jack O’Connell et Charlie Hunnam jouent deux frères, des hommes bourrus mais bons, qui, dans le business brutal de la boxe essaient de trouver une issue pour poursuivre leur version du rêve américain. "La loi de la jungle" est un film essentiellement nostalgique d’autres longs-métrages de l’âge d’or Hollywoodien tel que "Fat City" ou la saga des "Rocky".

Malheureusement peut-être un peu trop nostalgique, au point que le film ne présente aucune idée novatrice. Il occupe tellement le paysage esthétique des années 70 que, lorsque qu’un des personnages sort un téléphone portable, c’est presque étonnant. Cependant, "La loi de la jungle offre aussi un peu plus que cet univers à commencer par ses deux performances d’acteurs. Charlie Hunnam y délivre une de ses meilleures performances. Il est à la fois avide d’avancer dans la vie, tout en étant pourchassé par son passé. Il deviendrait n’importe qui du moment que cela rentre dans son rêve de devenir quelqu’un de meilleur. Stanley, son personnage, aime son frère plus que tout et en tomberait presque dans la possessivité, qui amène une touche dynamique au film.

De son côté Lion est en perpétuel combat avec lui-même. De solide composition, le jeune homme est redoutable sur le ring, mais cela le rend malade de savoir qu’il devra passer sa vie à boxer. Tout ce qu’il veut c’est créer sa propre entreprise de nettoyage à sec, et à travers cela peut être grappiller quelques années de bonheur qu’il n’aura pas gagnées avec ses poings dans la cave d’un restaurant chinois. Jack O’Connell a une présence authentique et discrète qui reflète la douleur aussi bien corporelle que mentale de son personnage.

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Jack O'Connell (à droite) et Charlie Hunnam
En face de lui Jessica Barden est tout aussi fascinante : Sky vit dans un monde froid et sombre, alors qu’elle est baladée tel un objet de droite à gauche. Barden arrive quand même à nous faire ressentir sa force et sa détermination, car elle aussi à un plan. La réelle tension du film apparait au travers des échanges entre ces trois personnages et les clichés que chacun essaie d'entretenir. Ce conflit interne, écrit dans la marge du scénario par Max Winkler, Theodore B. Bressman et David Branson Smith, est palpable. De plus, à un certain moment, ce conflit réoriente totalement le chemin de ces trois personnages. C’est à ce moment-là que la question du casting se pose : est-ce que choisir trois acteurs britanniques pour ces rôles était une stratégie afin d’accentuer à quel point Stanley, Lion et Sky sont en désaccord avec leurs propres identités ?

"La loi de la jungle" se transforme par la suite en road-trip. Toutefois, cela n’apparait pas clairement comme le principal atout du film. En effet, parler du scénario ne serait pas lui rendre service. C’est un road-movie, certes, dans le cadre duquel la route n’est faite que de détours. La destination change et dépend des circonstances, rien ne va comme prévu, les problèmes se multiplient, la voiture tombe en panne, l’argent manque et les deux frères commencent à se déchirer...

Ce film fait passer ses personnages et son esthétique en priorité, ce qui est un choix valide quand on sait que l’atmosphère est primordiale. Max Winkler, et son directeur de la photographie, Damian Garcia, ont su trouver l’irréel et la fantaisie dans chacune des scènes. Filmé habilement par Garcia, le film est élaboré avec soin. Malheureusement, "La loi de la jungle" peut être défini comme un succès, seulement si son but est de nous rappeler à quel point d’autres films avant lui ont été bien plus efficaces. En effet, il est étroitement lié à ses prédécesseurs autant dans le style que dans la construction de ses personnages.

20

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