23 janvier 2021
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L’Homme du Président : Les coulisses d’une trahison

Par François Bour


Les portes du pouvoir sud-coréen ne sont pas impénétrables. Grâce aux archives de la KCIA (Services secrets de Corée-du-Sud), l’Homme du Président permet aux spectateurs de découvrir de l’intérieur les évènements amenant l’assassinat d’un Président. Même en Corée-du-Sud, il y a de quoi faire un film.

Entre espionnage international, rivalité d’hommes de pouvoir et révolution naissante, les ingrédients cinématographiques ne manquaient pas en Octobre 1979. Min-ho Woo l’a bien compris et propose avec "L’Homme du Président", un récit centré sur Kim Gyu-Pyeong. Un commandant prometteur de la KCIA. Un homme qui va devoir faire face à la trahison de son prédécesseur mais aussi à l’influence sur le président du chef de la sécurité présidentielle.

Une réalisation austère
Servir le chef de la nation corps et âme, c’est la quasi-dévotion exigée par l’homme au pouvoir depuis 18 ans. Et c’est justement l’âme d’un homme au service de son pays qui est au centre du scénario. Un homme « torturé » qui aurait pu quitter son poste. Il a choisi de ne pas le faire. C’est sur ce choix que repose le film.

Au premier abord, "L’Homme du Président" n’a rien d’original dans son ensemble. Son histoire oscille entre des séquences d’espionnage sous fond de trahison et une opposition entre deux proches conseillers du Président. Kim favorisant la voix de la modération et son rival celle de la violence. Beaucoup de films américains ont déjà usés ces cordes scénaristiques. Le soupçon de moral incarné par le personnage principal est superficiel et n’apporte pas grand-chose au récit. La réalisation se veut froide et stricte avec peu de scènes joyeuses, chaleureuses. Le cadre est maitrisé mais austère.

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Lee Byung-Hun - Copyrights The Jokers

Le film de Min-ho Woo n’est pas un chef d’œuvre, c’est certain. Et il n’est pas question de parler d’originalité du scénario puisqu’il s’agit ici de mettre en scène des faits historiques. Des évènements qui requièrent peut-être une réalisation sobre mais qui n’interdit pas la créativité, la prise de risque avec la caméra. Ce n’est pas le choix fait par le réalisateur.

Un récit bien centré sur son sujet

Pour autant, il y a bien un choix décisif de la part du cinéaste. Un choix qu’il parvient à traiter avec justesse. Même avec les faits sur lesquels s’appuie le récit, même avec la portée des évènements, Min-ho Woo ne perd pas son sujet. "L’Homme du Président" porte bien son titre (français). Car le sujet principal choisi par le réalisateur, c’est bien de l’évolution d’un homme au milieu de tout ce qui se passe. Au cœur des coulisses du pouvoirs sud-coréens, l’homme du président au début du film n’est plus le même à la fin. Cela peut paraitre banal, mais faire évoluer à l’image la psychologie d’un personnage n’est pas chose aisée.

L’homme du président est bien l’atout majeur de "L’Homme de Président". S’il peut être aussi l’illustration d’un intérêt limité pour ce long métrage, il n’en demeure pas moins intéressant de constater qu’il ne faut pas forcément faire un grand film pour faire découvrir ces hommes de l’ombre au cœur du pouvoir.

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